«À peine quatre semaines avant le début du camp d’entraînement, le Fury n’est pas en mesure de recruter des joueurs ni de vendre des billets en raison de l’incertitude entourant l’avenir de l’équipe», a déclaré le président et chef de la direction d’OSEG, Mark Goudie.

Le Fury lance un appel à l’aide

Aux grands maux, les grands moyens. À un mois du début de son camp d’entraînement, le Fury d’Ottawa a demandé l’intervention du Tribunal arbitral du sport (TAS) dans le but de régler un litige qui met sa saison 2019 en péril au sein du Championnat de la USL.

La semaine dernière, contre toutes attentes, la CONCACAF, l’organisme directeur du soccer en Amérique du Nord, a refusé de sanctionner la participation du Fury dans le championnat de la USL sous prétexte qu’une nouvelle ligue professionnelle venait de naître au Canada.

La Canadian Premier League (CPL) sera lancée en 2019 avec sept clubs d’un océan à l’autre. Aux yeux de la CONCACAF, la CPL est considérée comme une ligue du même niveau que la USL. Pour elle, l’équipe d’Ottawa devrait donc adhérer à ses rangs même si Soccer Canada et la Fédération de soccer des États-Unis ont déjà sanctionné le retour du Fury dans la USL, la deuxième ligue de soccer en importance aux États-Unis après la Major League Soccer.

Le Fury n’est pas contre l’idée de se joindre à la CPL lorsque celle-ci sera bien implantée, mais pour l’instant, son plan d’affaires a été établi en fonction d’une saison dans la USL, là où les salaires des joueurs sont supérieurs à ceux de la CPL. Le prix des billets, le marketing, les commandites et les contrats accordés aux joueurs ont tous été organisés en fonction d’une saison dans la USL. La position de la CONCACAF par rapport au Fury a placé l’équipe en position vulnérable et le temps presse.

« Nous travaillons contre l’horloge, a déclaré Mark Goudie, président et chef de la direction de la société mère du Fury, l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG). Dans la situation actuelle, à peine quatre semaines avant le début du camp d’entraînement, le Fury n’est pas en mesure de recruter des joueurs ni de vendre des billets en raison de l’incertitude entourant l’avenir de l’équipe. Nous avons besoin d’un règlement urgent du différend. Le TAS a justement été mis en place pour cela. »

Le TAS, dont le siège social est en Suisse, a été créé par le Comité international olympique (CIO) à titre d’autorité indépendante chargée de prendre des décisions contraignantes pour les organisations sportives en vue du règlement des litiges.

La FIFA, qui chapeaute la CONCACAF, reconnaît les décisions prises par le TAS. Une décision favorable permettrait au moins au Fury d’obtenir une injonction afin d’évoluer dans la USL en 2019 comme prévu.

Le club n’a que 10 joueurs sous contrat pour la prochaine saison. L’objectif est d’en avoir 25, mais les agents et leurs joueurs sont maintenant réticents à venir jouer dans un club qui ne sait pas s’il pourra être en activité en 2019.

Le Fury conteste la bonne foi de la CONCACAF et le moment de son intervention. À ce moment-ci, il est trop tard pour le Fury d’intégrer la CPL en 2019. Le calendrier de la USL a été publié cette semaine et des matches du Fury y sont à l’horaire. L’intervention de la CONCACAF ne brise pas les règles de la FIFA, mais elle n’offre aucune marge de manœuvre à l’équipe dont la survie sera menacée en l’absence d’un règlement.