Hadji Barry (92) a été une menace constante pour le Fury en attaque, mais il n’a pas pu capitaliser au moment opportun et le Fury s’est incliné 2-1 après des tirs de barrage.

Le Fury éliminé

La magie de 2015 n’a pas été recréée à la Place TD.

Si le Fury d’Ottawa avait pu savourer le meilleur moment de son histoire en l’emportant 2-1 en prolongation grâce à deux buts de Tom Heinemann devant le Minnesota United et près de 9500 spectateurs, l’équipe locale a vécu la sensation inverse quatre ans plus tard en s’inclinant 2-1 après les tirs de barrage contre le Battery de Charleston.

À l’inverse du match de 2015 disputé par un samedi soir de novembre, le premier match des séries du Fury dans le championnat de la USL n’a attiré que 2427 spectateurs par un beau mercredi soir du mois d’octobre. Ceux qui étaient là ont toutefois crié comme s’ils étaient 9000.

Et pourquoi pas ? À part les 30 premières minutes du match contrôlées par le Battery, le Fury a formé la meilleure équipe sur le terrain. Il a notamment dominé la rencontre 17-8 au chapitre des tirs, mais le manque d’opportunisme de la saison régulière s’est transporté dans ce match le plus important de la saison.

Malgré la présence de tous ses canons offensifs et malgré son meilleur 11 de départ de l’année 2019, le Fury n’a marqué qu’un seul but, celui de Mour Samb à la 40e minute de jeu.

Ce but était une réplique à celui de Kataro Higashi marqué à la 27e minute. Mour Samb a bien failli faire un Tom Heinemann de lui-même en ajoutant un deuxième but dans les dernières secondes de la prolongation de 30 minutes, mais il lui a manqué une fraction de seconde pour décocher un lancer à pleine puissance. Plaqué par trois joueurs en même temps, son tir a ensuite pu être bloqué par le gardien Joe Kurzminsky.

Neuf des 10 tireurs ont compté dans les tirs de barrage. Mour Samb a été le seul à rater son lancer quand son ballon a touché la barre horizontale. La saison du Fury a ainsi pris fin dans la déception.

« Ce match, c’est l’histoire de notre saison. Nous avons obtenu un net avantage de 17-8 dans les tirs sans pouvoir marquer plus qu’un but. Les pénaltys, c’est 50/50. C’est une question de chance. Ce soir, le Battery en a eu plus que nous. C’est clair qu’ils poussaient pour se rendre aux tirs de pénalités. De la façon que le match se déroulait, nos chances de gagner étaient de 70/30. Ils ont tué le temps. Pour eux, le 50/50 des pénaltys, c’était mieux », a expliqué l’entraîneur-chef Nikola Popovic, tout de même fier de ses troupiers malgré cette élimination au premier tour des séries de la USL.

Les joueurs du Fury garderont un mauvais souvenir de ce match éliminatoire. Ils ont eu de multiples occasions de prendre l’avance dans le match en deuxième demie. Kevin Oliveira, Mour Samb, Hadji Barry et Christiano François ont tous cogné à la porte des buts sans pouvoir marquer le but décisif. Wal Fall a même touché la barre horizontale.

Une suce dans la bouche

Seul marqueur dans la défaite crève-cœur, Mour Samb aurait pu devenir le héros du match à plus d’une reprise, mais le hasard a voulu qu’il soit le seul à ne pas compter dans les tirs de barrage.

« C’est frustrant. Je voulais marquer en l’honneur de ma petite fille née en fin de semaine, a dit le nouveau père, qui avait sorti une suce pour la mettre dans sa bouche après son but en première demie. J’aurais toutefois mieux aimé compter dans des circonstances gagnantes. Nous avons tout donné, mais la chance n’était pas de notre côté. Dans les tirs de pénalité, c’est le Bon Dieu qui donne la victoire. Ce soir, il ne nous l’a pas donné. Peut-être que si nous avions mieux entrepris le match, nous aurions pu prévenir le premier but de l’autre équipe. »

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«NOUS SOMMES UN CLUB DES SÉRIES» — POPOVIC

 La première expérience éliminatoire du Fury d’Ottawa dans le championnat de la USL a été de courte durée. Un match décidé dans les tirs de barrage a mis fin à sa meilleure saison depuis 2015 mercredi soir, mais l’entraîneur-chef Nikola Popovic pense qu’il s’agit du début de quelque chose de mieux.

« Ça fait deux ans que je suis ici. Nous avions une équipe à reconstruire. Je pense que c’est fait. Dans mon esprit, il est bien clair que le Fury est maintenant établi comme un club des séries. À partir de maintenant, le Fury devrait toujours faire partie des huit à 10 meilleures équipes de la conférence de l’Est. Ce sont celles qui accèdent aux séries. La prochaine étape sera de remporter des trophées. »

En 2019, le Fury a maintenu une fiche positive de 14-10-10 pour prendre le huitième rang de la conférence à 18 équipes. Ils ont notamment marqué 50 buts en 34 matches. À titre comparatif, leurs adversaires du premier tour éliminatoire, le Battery de Charleston, ont marqué 44 buts pendant la saison 2019. Mercredi soir, c’est une pièce de monnaie lancée dans les airs (les pénaltys) qui lui a permis de poursuivre son chemin et d’empêcher le Fury de se rendre à Nashville samedi soir pour le deuxième tour éliminatoire. Le Battery n’avait gagné que trois matches sur 17 à l’étranger cette saison. Le Fury n’avait perdu que deux fois sur 17 devant ses partisans, mais un manque d’opportunisme flagrant a couru à sa perte.