«Un match difficile nous attend», a tenu à préciser l’entraîneur du Fury, Nikola Popovic.

Le Fury condamné à gagner

Deux équipes, deux réalités bien différentes. Sur papier, la deuxième ronde des championnats canadiens de soccer qui commence mercredi soir à Laval s’annonce à sens unique.

D’un bord, il y aura le Fury d’Ottawa. Une formation de la United Soccer League (USL) formée de plusieurs anciens joueurs de la MLS qui sont payés à s’entraîner sur une base quotidienne et jouer une trentaine de parties un peu partout en Amérique du Nord.

En face d’elle sur le terrain, on retrouvera une bande d’étudiants et jeunes travailleurs qui forment l’AS Blainville, les champions de la Première Ligue de soccer du Québec (PLSQ), un circuit semi-pro. Leur capitaine, le défenseur gatinois Nafi Dicko-Raynauld, est notamment un ingénieur chez Bell Helicopter depuis un an.

« C’est une opportunité incroyable pour nous. La majorité de nos joueurs avait fait une croix sur le parcours professionnel. Nous nous sommes concentrés plutôt sur nos études et carrières, a souligné Dicko-Raynauld, qui touche uniquement des primes lors de victoires de son équipe.

«Nous sommes fébriles. Nous ne voulons pas passer à côté de ça, même si c’est un peu l’inconnu qui nous attend», a-t-il ajouté.

Un seul de ses coéquipiers possède de l’expérience chez les pros. Et il s’agit de l’un des joueurs les plus âgés de l’AS Blainville.

Pierre-Rudolph Mayard est le meilleur buteur de l’équipe. Il s’avère aussi un ancien de l’Impact de Montréal et du... Fury. Celui qui est surnommé «Papouche» a déjà disputé le championnat canadien avec ces deux formations.

Son ancien club compte l’avoir à l’œil lors des deux parties de cette série aller-retour. Les deux clubs s’affronteront à nouveau la semaine prochaine à la Place TD.

L’entraîneur du Fury, Nikola Popovic, a d’ailleurs mentionné le nom de Mayard en analysant le prochain adversaire de son club. Il a visionné la vidéo des deux matches de l’AS Blainville contre les Blue Devils d’Oakville en première ronde du championnat.

«Il y a de bons joueurs dans cette équipe. Certains n’ont simplement jamais obtenu la tribune pour se faire voir, a soutenu Popovic, qui a aussi pris note du travail de Mayard.

«Je vous le dis. Un match difficile nous attend.»

La pression sera uniquement sur les épaules du Fury, favori pour accéder au prochain tour contre le Toronto FC. Le coach le sait. Ça ne le dérange pas. Au contraire.

«Les joueurs le savent. Cette compétition (championnat canadien) s’avère plus importante que la saison de l’USL pour nous. Et il n’y aura aucune excuse.»

Ses vétérans tenaient un discours similaire.

«Nous ne voulons pas uniquement nous contenter de passer à la ronde suivante contre un club de la MLS. Nous voulons aller jusqu’au bout et gagner le trophée, a soutenu le capitaine Carl Haworth.

«Puis ça serait bien de réussir cet exploit avec tous les joueurs canadiens que nous avons dans notre alignement. Nous sommes régulièrement six à huit Canadiens à entamer les matches.»

Match de leur vie
Un peu plus loin, le milieu de terrain Maxim Tissot insistait pour dire que le Fury en aurait plein les bras, mercredi, lors de ses premiers pas contre l’AS Blainville. «Ces joueurs-là vont tout donner. C’est le match de leur vie qui les attend, a-t-il lancé.

«Ils vont jouer contre des pros. Ils ont tous quelque chose à gagner de cet affrontement. Tu ne peux pas les prendre à la légère. Tu le vois à la Coupe du monde en ce moment. Il y a des surprises à gauche et à droite.»

C’est sans compter que le Fury s’attend aussi à négocier avec une foule très partisane. Ça fêtait dans les estrades du centre sportif Bois-de-Boulogne lorsque l’AS Blainville a gagné son premier match contre Oakville, il y a deux semaines, à Laval.

«Il y avait quelques ultras de l’Impact qui sont venus mettre de l’ambiance. Il avait des fumigènes. Ce fut une des plus belles ambiances que j’ai vues dans un stade au Québec. Je m’attends à une autre belle soirée mercredi», a précisé Nafi Dicko-Raynauld, qui retrouvera un de ses amis en face de lui chez le Fury.

Maxim Tissot et lui ont évolué quelques années ensemble au sein des sélections régionales et du défunt FC Outaouais.

«Nous avons aussi joué dans un tournoi de futsal cet hiver au collège Nouvelles Frontières», a souligné Dicko-Raynauld.