Chris Manella prend le capitaine Carl Haworth dans ses bras après l’un de ses 10 buts cette saison. À droite, Christiano François, auteur de huit buts, est également de retour dans la capitale après avoir éprouvé des problèmes de visa.

Le Fury à puissance maximale

Il y a quatre ans que le Fury d’Ottawa a joué un match aussi important. Mercredi soir, à la Place TD, il va disputer un premier match éliminatoire depuis 2015 et son duel contre le Battery de Charleston arrive à point.

Pour la première fois en 2019, l’entraîneur-chef Nikola Popovic pourra miser sur tous ses effectifs, incluant Christiano François qui a enfin réglé ses problèmes de visa.

L’attaquant aux huit buts en 28 matches a peu joué depuis son passage avec l’équipe nationale de l’Haïti au début du mois de septembre. François pouvait disputer des matches aux États-Unis, mais il ne pouvait pas rentrer au Canada pour s’entraîner avec ses coéquipiers ni jouer des matches à Ottawa. Il est rentré en ville lundi.

Avec Mour Samb et Kevin Oliveira, il a complété la meilleure ligne d’attaque de l’histoire du Fury en début de saison. Puis, Samb a été blessé longtemps et il a été limité à 17 matches (sept buts). Oliveira a touché la cible six fois alors que Hadji Barry, débarqué à Ottawa en juillet, a fait secouer les cordages six fois en seulement 14 matches.

Nikola Popovic ne pouvait demander meilleur cadeau à la veille du premier match des séries de la USL.

« C’est incroyable. Nous avons attendu toute l’année afin d’avoir tous nos attaquants. Mieux vaut tard que jamais. Nous avons enfin tout le monde. Ça va nous permettre d’être plus agressifs. Nous avons créé en moyenne 15 à 20 chances de marquer par match cette saison, mais nous n’avons pas toujours réussi à les concrétiser. Avec tous nos attaquants disponibles, ça change le visage de notre attaque. »

Le Fury a quand même marqué 50 buts en 34 matches de la saison régulière. En comptant le Championnat canadien, ils ont marqué 55 buts, un record de franchise. Wal Fall a inscrit 10 buts même s’il évolue au milieu du terrain. Le défenseur Carl Haworth a aussi marqué 10 buts en agissant plutôt comme un faux ailier.

Huitièmes dans la conférence de l’Est de la USL, les Ottaviens (14-10-10) ont été à l’aise devant leurs partisans où ils ont marqué en moyenne 1,68 but par match en plus de maintenir une fiche de 10-2-5 à la Place TD. Au neuvième rang, le Battery (11-10-13) a amassé six points de moins en plus d’éprouver des difficultés à remporter des matches sur la route. Il n’a goûté qu’à trois victoires à l’étranger cette saison (3-7-7) et il a notamment perdu 3-2 à son seul passage dans la capitale nationale. Les deux clubs ont fait match nul dans leur autre duel à Charleston.

Dernier match à Ottawa

Gagne ou perds, il s’agira du seul match éliminatoire du Fury à Ottawa cet automne. Dans la USL, les séries sont l’affaire d’un seul match et comme le Fury occupera le septième ou huitième échelon dans le tableau des séries, il devra disputer le reste de ses matches éliminatoires sur la route contre des clubs mieux classés.

« C’est très simple. On gagne et on continue. On perd et on fait nos valises, a indiqué le milieu de terrain étoile Charlie Ward après le dernier entraînement du Fury mardi. Mentalement, nous sommes prêts à tout gagner. Nous n’allons pas nous contenter d’une participation aux séries. Nous voulons écrire une page d’histoire. »

Son entraîneur était sur la même page. Les séries, c’est bien, mais des victoires dans la portion la plus importante de la saison, c’est mieux.

« Notre premier objectif a été atteint. Nous sommes qualifiés pour les séries, mais il faut être plus ambitieux. Nous voulons devenir un club des séries comme le Battery (neuvième présence consécutive en séries). Ensuite, il faut aller chercher des titres. Un championnat de conférence. Un championnat de ligue. Pour le moment, c’est un match à la fois. En séries, la moindre erreur peut mettre toute une saison en péril. »

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CARL HAWORTH, SEUL SURVIVANT DES SÉRIES DE 2015

Il y avait de la fébrilité sur le terrain à la veille du premier match éliminatoire du Fury dans la United Soccer League (USL).

Si les Wal Fall, Charlie Ward et Christiano François ont l’habitude des séries, le capitaine Carl Haworth a dû faire preuve de patience avant de replonger dans l’ambiance grisante d’un match menant à un championnat. Dans son cas, ses souvenirs des séries remontent à l’époque où le Fury évoluait dans la NASL.

C’était en 2015. Le 8 novembre pour être plus précis. Devant 9346 spectateurs à la Place TD, le Fury avait signé une spectaculaire victoire de 2-1 en prolongation contre le Minnesota United pour se propulser en finale contre le Cosmos de New York.

«Le buzz était encore plus fort en 2015 parce que nous étions en demi-finale. Nous venions de disputer 11 matches sans défaite et nous avions aussi gagné le championnat de la saison d’automne, le premier trophée de notre histoire. Les gens tenaient à venir nous voir. Nous avons besoin d’autres succès comme ça pour améliorer nos foules», a dit le seul survivant de la formation initiale du Fury de 2014.

Haworth vient de connaître sa meilleure saison chez les professionnels avec une récolte de 10 buts, dont cinq sur les coups francs. Il espère justement avoir la chance d’exécuter un tir parfait près de la surface de réparation mercredi soir. C’est devenu sa marque de commerce.

«Je plaisante souvent avec les gars en leur disant de se laisser choir sur le terrain après un contact près du filet adverse ! Je vais m’occuper du reste», a lancé celui qui a aussi amassé six passes à sa première saison comme défenseur latéral droit.