Tony Taylor et Carl Haworth célèbrent leur premier but de la soirée.

L’attaque renaît, le Fury gagne 4-3

Pour la première fois en cinq matches, l’attaque du Fury d’Ottawa a touché le fond filet.

Elle a fait mieux que cela à Toronto jeudi soir. En plus de mettre fin à une séquence de 370 minutes sans but quand Tony Taylor a ouvert la marque dès la quatrième minute de jeu, le Fury a marqué quatre fois pour vaincre le FC Toronto II 4-3 dans un véritable match en montagnes russes.

Cette première victoire en cinq matches a aussi permis au Fury de se hisser au huitième rang de la conférence de l’Est de la USL, ce qui le placerait dans les séries éliminatoires si la saison prenait fin aujourd’hui.

Privé de son gardien titulaire Maxime Crépeau qui prête main-forte à l’équipe nationale canadienne aux États-Unis, le Fury a aussi accordé trois buts, dont deux à l’intérieur de la 47e minute pour ramener le pointage à 2-2.

C’est David Monsalve qui a été appelé à remplacer Crépeau au Lamport Stadium. Oui, il a cédé trois fois, mais le FC Toronto II a eu l’avantage 8-5 au chapitre des tirs cadrés tout en ayant possession du ballon pendant 73 % du match.

Le FC Toronto II (3-20-3) a aussi eu l’avantage 17-12 dans les tirs tentés alors qu’il exerçait beaucoup de pression sur la défensive ottavienne.

Monsalve n’a pas pu faire grand-chose sur le troisième but des locaux inscrit par Jordan Hamilton sur un pénalty. Hamilton a passé la majorité de sa saison dans la MLS avec le FC Toronto.

Entrée en scène à la 66e minute, le jeune Adonijah Reid a récolté le but de la victoire en plaçant une tête sur une passe de Carl Haworth à la 78e minute.

Après avoir vu son équipe gaspiller un coussin de deux buts en un claquement de doigts, le défenseur Thomas Meilleur-Giguère avait marqué le troisième but sur un jeu arrêté.

L’autre but des vainqueurs a été marqué par Cristian Portilla directement à partir d’un corner.

Le Fury (11-13-5) était rentré au vestiaire à la mi-temps avec une avance de 2-0, mais Jon Bakero et Tsubasa Endoh ont rapidement ramené les deux clubs à la case départ dès le début de la deuxième demie.

«Ce soir, j’ai vu l’équipe qui avait bien joué depuis quatre matches sans être récompensée, a dit l’entraîneur-chef Nikola Popovic. La différence, c’est que nous avons été en mesure de profiter de nos occasions pour marquer quatre buts. Cependant, nous commettons encore des erreurs bêtes. Ce n’est pas bon d’avoir à marquer quatre buts pour empocher trois points. Il faut arrêter de faire ces erreurs.»

Le coach a aussi noté que son équipe n’avait pas paniqué quand elle a vu son avance fondre comme neige au soleil en deuxième demie ou encore même après le but égalisateur de Hamilton après son pénalty qui a ramené la marque à 3-3 en fin de match.

«Nous avions le bon état d’esprit. Nous voulions ce match à tout prix. C’est la culture que nous voulons instaurer. Nous voulons voir notre club se battre, peu importe les épreuves.»

L’Impact de Montréal en ville vendredi: une coupe mal placée

L’idée d’attirer l’Impact de Montréal pour un match amical à Ottawa est louable, voire excellente. Pour le synchronisme de la première Coupe CapCity de l’histoire entre le club de la MLS et le Fury, il faudra repasser.

En pleine lutte pour accéder aux séries éliminatoires de la USL, le Fury accueillera l’Impact à la Place TD vendredi soir, à peine quelques heures après avoir disputé un match crucial à Toronto jeudi soir. En considérant l’état de santé précaire de quelques joueurs du Fury dans la portion la plus importante de son calendrier, il faut admettre que ce match amical arrive au pire moment.

«C’est unique comme situation. Habituellement, il faut 72 heures de récupération après avoir donné un effort de 90 minutes sur le terrain. Ça va être impossible cette fois. Le match à Toronto est très important pour nous. Il faudra se taper cinq heures d’autobus et disputer un autre match important 15 heures plus tard. La FIFA n’autorise pas deux matches en deux jours, mais nos mains sont liées. Nous voulons instaurer une culture gagnante ici et nos partisans doivent savoir que nous ferons tout ce qui est possible pour gagner les deux matches. Après tout, il y a une coupe en jeu», a lancé l’entraîneur-chef Nikola Popovic sans trop savoir où mettre la tête avant le départ de son équipe  vers la Ville-Reine mercredi.

Parce que le Fury a un urgent besoin de victoires dans la USL pour se faufiler dans le tableau des séries, Popovic a envoyé son équipe A sur le terrain à Toronto. Son équipe B affrontera l’Impact, qui devrait aussi offrir du temps de jeu à ses réservistes.

«Il faut se qualifier pour les séries, mais il faut demeurer prudent et prévenir les blessures. Ça ne donnerait rien de rater les séries parce que nous avons eu des blessés dans un match amical dans un deuxième match en deux soirs», a ajouté le coach, déjà privé d’Eddie Edward (suspendu un match), Maxime Crépeau (Équipe Canada), Maxime Tissot (blessé pour la saison), Jamar Dixon (pied), Onua Obasi (aine) et Daniel Kinumbe (cheville) à Toronto jeudi.

La chance des jeunes

La «Cap-City Cup» pourrait donc représenter un fardeau pour les habitués de l’alignement du Fury, mais ce match ne sera pas de refus pour les plus jeunes joueurs de l’équipe qui piaffent d’impatience à l’idée d’obtenir des minutes de jeu.

C’est notamment le cas du Lavallois Jimmy-Shammar Sanon qui n’a pas encore disputé un match complet cette saison. Utilisé dans 12 matches, il ne totalise que 180 minutes de jeu.

«Pour les joueurs qui n’ont pas joué beaucoup cette saison, c’est une bonne occasion de montrer ce que nous pouvons faire. Comme club, nous avions l’objectif de gagner une coupe cette année. Nous pouvons en gagner une de plus avec la Cap-City. C’est sûr qu’en enchaînant deux matches de suite, ce n’est pas évident, mais il y a un astérisque sur le calendrier à côté du match contre Montréal, car il y aura une cerise sur le gâteau à la fin du match. Nous voulons ce trophée», raconte l’espoir de l’Impact âgé de 21 ans.

Prêté par l’Impact il y a quelques semaines, Clément Bayiha veut utiliser la Coupe Cap-City pour montrer qu’il peut avoir la confiance de l’entraîneur Popovic.

L’ailier et latéral droit de Ste-Thérèse a été utilisé à deux reprises depuis son prêt de l’Impact.

«Je vais prendre toutes les minutes qui me seront données et m’assurer qu’elles veulent dire quelque chose. Si nous parvenons à gagner cette coupe avec nos réservistes, ça va prouver au coach que nous sommes là, bien présents.»