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L’Atlético privé d’un record de vente

Le virus de la COVID-19 fait des ravages partout dans le monde. Le domaine du sport n’y échappe pas.

Plus près de chez nous, la pandémie a coupé l’herbe sous le pied de la nouvelle équipe de la Première ligue canadienne de soccer (CPL).

Propulsée par son acquisition de l’Atlético de Madrid, l’équipe ottavienne se dirigeait tout droit vers un record d’abonnements saisonniers. Mais depuis un mois, le monde a été mis sur pause. L’Atlético d’Ottawa, rentré d’urgence de son camp d’entraînement en Espagne le 13 mars dernier, ne fait pas exception à la règle.

«La réponse des partisans de soccer a été formidable à Ottawa. La campagne d’abonnements de saison était sur le point de fracasser aisément tous les records de vente établis par le Fury [dans la NASL et USL], avance Jeff Hunt, partenaire stratégique de l’Atlético à Ottawa. Nous allions avoir une solide base d’abonnements saisonniers, ce qui est un baromètre important pour toute équipe sportive.»

Pour Jeff Hunt, il est clair que l’image de marque de l’Atlético a créé un engouement parmi les amateurs du ballon rond dans la région.

«L’Atlético, c’est gros dans le paysage du soccer mondial. Son image a eu un impact majeur dans la promotion du nouveau club. L’intérêt des partisans s’est manifesté en très peu de temps. Il faudra reprendre nos efforts dès que nous aurons le feu vert pour recommencer.»

Le moment où le feu vert sera donné représente un mystère pour tous. Pour l’instant, l’alignement de l’Atlético d’Ottawa est «gelé» à 14 joueurs, dont cinq qui sont toujours dans la capitale fédérale selon Hunt. Le Britanno-Colombien Ben Fisk a choisi de rester ici. Quatre joueurs espagnols et un d’origine mexicaine sont également à Ottawa. Les autres sont rentrés chez eux.

Le joueur de l'Atlético d'Ottawa, Ben Fisk

«Tout a été placé sur pause, mais si on nous autorisait à recommencer demain, nous aurions du travail à faire pour compléter notre alignement. Nous avons une liste de joueurs, mais la situation mondiale complique notre tâche. Nous avions commencé à exploiter la possibilité d’établir un système d’affiliations avec des clubs de la MLS. Nous avions établi des partenariats potentiels, mais ça aussi, c’est sur pause», a ajouté Hunt.

Ce dernier ajoute que les joueurs et les membres de l’équipe d’entraîneurs n’ont pas été affectés par des symptômes liés au coronavirus à leur retour précipité de Madrid, un des foyers du virus en Espagne.

«Tout le monde a respecté la quarantaine à notre retour. Il n’y a pas eu de complications. Les joueurs continuent de s’entraîner avec les programmes qui leur ont été acheminés. Ils se tiennent en forme. Ils veulent être prêts à recommencer dès qu’ils auront le signal. Chaque matin, on se lève en espérant qu’il y aura une évolution vers un monde normal.»

L’Atlético devait jouer son premier match de la saison à Hamilton le week-end dernier. Ses quatre premiers matches devaient avoir lieu sur la route. Le premier match local était prévu pour le 16 mai. Pour l’instant, tous ces matches ont été remis.

«La bonne nouvelle, c’est que nous sommes encore invaincus à la maison! Mais plus sérieusement, nous devons profiter de ce temps additionnel pour nous préparer à notre début de saison. Notre adhésion à la ligue s’est faite sur le tard. Nous étions engagés dans un sprint pour commencer notre saison à temps. Nous n’avions pas encore engagé tout notre personnel. En ce sens, nous avons moins de frais généraux que d’autres clubs, mais nous avons des employés qui travaillent avec ceux qui ont fait des dépôts pour des abonnements de saison. D’autres travaillent à établir des partenariats avec les associations de soccer et nos groupes communautaires.»

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La CPL peut-elle survivre à la COVID-19?

La Première ligue de soccer canadienne (CPL) a fait ses débuts en 2019 avec sept clubs répartis d’un océan à l’autre.

En 2020, l’Atlético d’Ottawa avait l’avantage de lui permettre de jouer avec un nombre pair et réduire la distance de certains voyages. Selon les informations qui circulent, tous les clubs ont bouclé leurs budgets à l’encre rouge lors de la première année d’opération du nouveau circuit. La ligue et ses huit clubs auront-ils les reins assez solides pour passer au travers de la pandémie mondiale?

Jeff Hunt pense que oui.

«C’est une jeune ligue avec de jeunes clubs. Cependant, tous les clubs sont appuyés par des propriétaires bien ancrés. Cette force devrait permettre à la ligue de survivre et d’assurer sa permanence», indique le partenaire stratégique de l’Atlélico d’Ottawa.

En l’absence de matches, la CPL a signalé cette semaine que 25 % des salaires de ses joueurs allaient être différés. De leur côté, entraîneurs, administrateurs et employés de la ligue ont tous essuyé une baisse de salaire immédiate.

«Pour l’instant, les joueurs ne perdent rien. On espère pouvoir verser leurs pleins salaires. C’est toujours ça. Ailleurs dans les autres ligues mondiales, certaines ligues ont déjà amputé les salaires. Ça va dépendre du temps que l’impasse va durer. C’est difficile d’en dire plus en ce moment.»

S’il est impossible de prédire une date pour la reprise des activités pour l’instant, Jeff Hunt pense qu’il faut commencer à étudier le scénario des matches dans des stades vides.

«La notion des stades vides n’est pas très attirante, mais si nous pouvons jouer devant des caméras de télévision, il faudra explorer l’idée. En Allemagne, des équipes ont commencé à revenir à l’entraînement avec des restrictions. Même dans la Liga, en Espagne, certaines régions moins affectées ont permis le retour à l’entraînement avec des limites de joueurs.»

Plus que jamais, Jeff Hunt dit être branché sur le monde à la recherche de pistes de solution.

«Nous sommes à la recherche de la solution idéale. À mon avis, quelqu’un quelque part va trouver une idée pour inspirer toutes les autres ligues en présentant des matches d’une façon que personne n’a jamais anticipé. Pourquoi pas nous? Celui qui trouvera l’idée géniale touchera le gros lot.»

En ce qui concerne la CPL, Jeff Hunt pense qu’il y a moyen de disputer les 28 matches de la saison régulière en ce moment. Il reste à savoir jusqu’où la saison peut être repoussée.

«Présentement, nous avons une saison qui se termine en octobre. Nous avons une marge de manoeuvre pour le mois de novembre, mais je ne pense pas que nous pouvons réellement penser à jouer au soccer en décembre au Canada. Il s’agirait d’une carte de vente difficile. D’ailleurs, il ne faut pas penser que nous allons remplir nos stades dès la réouverture. Je m’attends à une certaine réticence des partisans devant les regroupements de masse. À mon avis, le retour des partisans va se faire sur une base graduelle jusqu’à l’arrivée d’un vaccin ou d’un remède.»

Nous ne sommes qu’à la mi-avril. La CPL peut toujours espérer sauver l’essentiel de sa saison, mais si les mesures de distanciation sociale devaient perdurer, il y aura éventuellement un point de non-retour.

«Il faudra établir combien de matches seront requis pour qu’une saison soit valable. D’après moi, si nous jouons moins qu’une demi-saison, ça ne marchera pas.»