Maxim Tissot a ressenti de la fatigue, mais pas de douleur après son premier match en plus d’un an vendredi à New York. Il devrait jouer un peu plus à Halifax mercredi dans le premier match du championnat canadien.

Fury: un premier test rassurant pour Tissot

Cinquante-quatre semaines après avoir disputé son dernier match de soccer, Maxim Tissot pensait avoir tout prévu pour son retour au jeu vendredi dernier à New York.

Le Gatinois avait visualisé le tout en prenant le temps d’écrire les points à retenir sur une feuille. Il pensait aussi subir un premier test de 15 minutes de jeu, au maximum, mais ce plan a été chamboulé quand le Fury d’Ottawa s’est retrouvé à court d’un joueur dès la 24e minute de jeu en raison d’un carton rouge attribué à Jérémy Gagnon-Laparé.

« Je m’étais préparé à tant de choses, mais rien de ce que j’avais prévu n’est vraiment arrivé ! C’est ça le soccer. »

L’entraîneur-chef Nikola Popovic a inséré Tissot à la 73e minute de jeu. Remis d’une opération à un genou, il a donc disputé les 17 dernières minutes en plus de six minutes additionnelles pendant les arrêts de jeu. Alors oui, il était nerveux lorsqu’il a foulé le terrain pour la première fois depuis le 27 juin 2018.

« Le scénario idéal constituait 15 minutes de jeu, tout au plus, mais il a pris le bord avec le carton rouge. Comme c’est arrivé tôt dans le match, j’ai eu le temps de m’adapter. Je savais que mon travail consisterait à défendre, mais au début, le coach m’a fait venir à la 63e minute ! Je m’étais dit “oh, non”, mais finalement, il voulait seulement me donner des directives. Tout le monde est anxieux de me voir jouer à 100 % de mes capacités. Il faut cependant éviter de sauter des étapes comme l’an dernier. Nous disputons présentement une série de matches sans avoir la chance de nous entraîner. »

Lancé dans le feu de l’action d’un match nul de 1-1 contre le Red Bull-II, Tissot a été rassuré par son premier test.

« Je me suis bien senti. J’appréhendais un peu mes premiers challenges. Le deuxième s’est produit sur un coup aérien avec un joueur de 6’4’’. Ça s’est bien passé. Dès que c’est arrivé, je me suis senti mieux. Je suis surtout content que nous ayons obtenu un résultat à la fin de ce long match à court d’un joueur. Ça va me donner confiance pour le prochain match. »

Après ses 23 minutes de jeu, Tissot dit avoir ressenti de la fatigue.

« J’étais déjà à bout de souffle après cinq minutes, mais c’est normal. Je savais que ça arriverait. Tout va rentrer dans l’ordre avec le temps. Je n’ai éprouvé aucune douleur même si je sens bien évidemment une différence entre mes deux genoux. Revenir au jeu après un an d’absence, c’est une grosse épreuve mentale en sachant que ton corps n’est pas pareil. Je veux m’assurer de bien faire les choses pour pouvoir aider l’équipe à finir la saison et bien entreprendre les séries. Je veux faire la transition et arriver à me concentrer sur mes tâches plutôt que me concentrer sur ma blessure. »

Le prochain match du Fury sera à Halifax mercredi dans le cadre du championnat canadien. Cette fois, Tissot devrait faire son entrée vers la 65e minute. C’est le plan... pour l’instant.

« Ça va être sur un terrain au gazon naturel. Il y aura aussi une adaptation à faire. Je devrais toucher au ballon plus souvent. J’y ai touché à peine cinq fois à New York, dont trois fois sur des coups de pied arrêtés. Avec un joueur en moins, je savais que ça allait être comme ça. »

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LA TENSION MONTE AVANT LE CHOC CONTRE LA CPL

Quand il était joueur, Julian De Guzman avait des sueurs froides à l’idée d’affronter Zidane, Ronaldo, Messi ou Ronaldinho dans la Ligue des Champions.

Devenu directeur général du Fury d’Ottawa, « JDG » sera tout aussi nerveux mercredi quand son club se lancera dans l’inconnu contre les Wanderers de Halifax en quarts de finale du championnat canadien de soccer.

Pour la première fois, le Fury va se frotter à une équipe de la Canadian Premier League (CPL), nouvelle ligue de première division au pays. Cette ligue tenait mordicus à ce que le Fury laisse la USL afin d’adhérer à ses rangs pour sa saison inaugurale. Le Fury a plutôt choisi de laisser la CPL faire ses preuves. La tension est donc à son comble à la veille du premier choc. À Halifax, les 6000 billets ont déjà trouvé preneurs. Le match sera disputé à guichets fermés.

« Honnêtement, pour moi, il n’y a pas de différence entre ce match historique du championnat canadien et mes affrontements contre le Real Madrid, le Bayern Munich ou le FC Barcelone. Je serai tout aussi nerveux. C’est une sensation normale quand l’enjeu est aussi élevé. Nous avons investi tellement de travail dans notre programme. Un débat anime le pays. Est-ce que la CPL est meilleure que la USL ? Tout le monde cherche une réponse claire. Nous voulons offrir une réponse claire », a dit De Guzman après le dernier entraînement du Fury lundi matin.

Rappelons que le Fury s’était engagé dans un bras de fer avec la CONCACAF cet hiver quand l’organisme a refusé de sanctionner sa participation aux activités de la United Soccer League (USL) parce qu’elle jugeait que l’équipe ottavienne devait normalement joindre la CPL. Pendant quelques jours, l’avenir de la franchise avait été mis en suspens.

Le Fury a porté sa cause devant  les tribunaux et la CONCACAF a finalement accepté de lui permettre de disputer une autre saison dans la USL. Mercredi, à Halifax, le Fury voudra démontrer qu’il a pris la bonne décision pour assurer le succès de sa franchise.

« Il n’y a pas que les partisans qui sont intéressés par notre match. Les joueurs, les entraîneurs et les médias vont vouloir analyser ce match sous toutes ses coutures. Ce duel, c’est nous contre le reste du monde ! Nous sommes la seule équipe canadienne de la USL et nous allons affronter un club d’une nouvelle ligue canadienne. Deux autres clubs de la CPL vont goûter à du nouveau alors qu’elles vont se mesurer à des équipes de la MLS (York 9 contre Montréal et Calgary contre Vancouver). Ce sera une bonne unité de mesure pour tous », a ajouté De Guzman.

Ce dernier ne s’en cache pas. Cette série aller/retour contre Halifax sera la plus importante de la saison.

« Nous parlons de cette série-là depuis le début de la saison. Tous les yeux seront rivés vers ce match. Pas seulement pour les partisans des deux équipes, mais pour les amateurs de soccer du pays au complet. C’est une première dans une toute nouvelle formule du championnat. J’ai gagné le championnat trois fois avec le FC Toronto comme joueur, mais le format passe à 13 équipes pour la première fois. Enfant, je rêvais à un tel championnat. Ça devient réalité cette année. Tout ça est enivrant. »

Le deuxième duel de cette série se tiendra à Ottawa le 24 juillet.