Rendu à 25 ans, Christiano François s’est senti atterrir à la bonne place, au bon moment à Ottawa cette saison.

François, le bâton de dynamite du Fury

Sa vitesse est déconcertante. Son jeu de pieds est déstabilisant.

Rendu à 25 ans, Christiano François s’est senti atterrir à la bonne place, au bon moment à Ottawa cette saison. Dès le premier match à la Place TD, il était évident que l’attaquant haïtien allait s’avérer une acquisition importante pour le Fury. Étonnamment, malgré ses prouesses sur le terrain, il a mis six matches avant de toucher le fond du filet. À son neuvième match, samedi dernier à Bethlehem, il a ajouté son deuxième but, mais sa contribution offensive ne s’est pas arrêtée là.

Il a aussi préparé les buts de Mour Samb et de Wal Fall dans une victoire de 3-0. Son deuxième match de trois points en carrière dans la USL lui a justement valu une place dans l’équipe d’étoiles de la semaine. La glace a été brisée. Christiano François semble lancé. En pleine confiance, il pense que tous les éléments sont réunis pour connaître la meilleure saison de sa carrière en 2019.

« Je n’ai jamais atteint le plateau des 10 buts dans cette ligue. C’est sûr que je voudrais franchir cette étape cette année. Le système de jeu établi par l’entraîneur (Nikola Popovic) convient parfaitement à mon style. J’aime quand mon équipe est en possession du ballon et qu’elle choisit les bons moments pour le passer. C’est ce qui se produit cette année. On m’a placé dans un rôle plus offensif que l’an dernier quand j’étais à Pittsburgh où j’agissais plus comme un milieu de terrain », a raconté François avant son départ pour Hartford, le prochain arrêt du Fury samedi.

À Pittsburgh, en 2018, François a participé aux 32 matches de l’équipe, mais il n’a inscrit que quatre buts -- il a ajouté cinq passes --. Là-bas, l’attaque n’était pas orientée autour de lui. À Ottawa, c’est différent. Il est devenu la cible préférée de ses coéquipiers.

« Le système de jeu ne me convenait pas à Pittsburgh. Là-bas, on envoyait de longs ballons et on allait les chercher. Ici, nous gardons le ballon et l’entraîneur m’offre plus de liberté pour être créatif. À Pittsburgh, l’entraîneur me mettait beaucoup de pression. Il était très strict. On ne pouvait jamais dévier du système. Ici, je suis moi-même. J’ai mis du temps à marquer mon premier but, mais j’avais des tonnes de chances. Je savais que ça s’en venait. »

Débarqué dans la MLS en 2014 après avoir été réclamé par le DC United, François n’a jamais eu la chance de percer son alignement.

« Je sortais de l’Université Maryland. Je ne dirais pas que j’étais trop jeune, mais je manquais d’expérience. J’en ai acquis beaucoup depuis trois ans et même si je veux éviter de penser aux distractions extérieures en ce moment, c’est évident que je veux retourner dans la MLS. J’espère que ce tremplin que m’offre le Fury va me permettre d’y accéder l’an prochain », a dit celui qui a quitté son pays après le tremblement de terre de 2010 pour accepter une bourse d’études aux États-Unis.

Samedi, Christiano François et le Fury (5-2-2) vont tenter d’ajouter un autre gain au meilleur début de saison de leur histoire. Les Ottaviens seront à Hartford pour y affronter l’Athletic (1-9-1), un club d’expansion qui occupe le dernier rang de la conférence.

« Sur papier, il n’y a aucune façon qu’ils peuvent nous battre, mais au soccer on ne sait jamais. C’est un match dangereux pour nous, mais nous avons beaucoup amélioré notre constance depuis le début de la saison. »

Après neuf matches, le Fury a amassé 17 points. C’est cinq points de plus qu’à son meilleur début de saison en 2017 alors que le club dirigé par Paul Dalglish montrait un dossier de 3-3-3 après neuf parties.