Le directeur général Julian De Guzman, l’entraîneur-chef Nikola Popovic et le capitaine Carl Haworth, ont tracé le bilan de leur saison, mercredi à la Place TD.

Franc-tireur recherché chez le Fury

Un club qui a mené la USL en blanchissant ses adversaires 15 fois sur 34 matches devrait participer aux séries éliminatoires.

Il ne faut pas chercher de midi à 14 heures pour comprendre pourquoi le Fury d’Ottawa a été exclu des séries de l’automne 2018. Il n’était pas capable d’acheter un but.

Steeven Dos Santos et Tony Taylor ont partagé la tête des marqueurs du Fury avec cinq buts chacun. Ça les place à égalité au 74e rang du classement des compteurs. Le club ottavien a terminé la saison au 32e rang des 33 équipes de la USL avec 31 buts. Au moment où il avait le plus besoin de victoires, il a été blanchi à ses quatre derniers matches à domicile.

Déterminé à construire une équipe à forte majorité canadienne à Ottawa, le directeur général Julian De Guzman sait qu’il aura des devoirs à faire pendant la saison morte.

« Mon objectif, c’est d’offrir la chance au plus grand nombre de joueurs canadiens de se faire valoir chez nous, mais en même temps, les véritables marqueurs canadiens ne courent pas les rues. Nos meilleurs attaquants évoluent à l’extérieur de l’Amérique du Nord. Nous avons besoin d’au moins un compteur capable de marquer plus de 10 buts et il faudra regarder du côté international de ce côté », a lancé De Guzman dans son point de presse de fin de saison à la Place TD mercredi.

Joueur le plus titularisé de l’histoire du soccer canadien, De Guzman veut s’assurer de choisir son prochain striker minutieusement.

« Aucun joueur n’est plus important que le logo sur notre chandail. Ç’a l’air facile de l’extérieur d’ajouter un bon compteur, mais il faudra s’assurer que ce gars-là pourra se mouler à notre modèle, à notre culture. Ce sera mon défi. »

Malgré un budget dans la moyenne des équipes de la USL, le Fury a eu de la difficulté contre les meilleures équipes du plateau cette saison. Dixième dans la conférence de l’Est, il a compilé un dossier de 0-7-1 contre les quatre meilleurs clubs de sa section. Il n’a pas marqué un seul but dans ces huit duels.

Faire la différence

« Nous avons créé autant de chances de marquer que le Battery de Charleston cette saison (4e place), mais ils ont marqué 47 buts contre 31 pour nous. C’est la différence. Ils ont profité de leurs chances plus que nous. En ajoutant la bonne pièce offensive internationale, nous allons transformer des matches nuls en victoires. Nous avons besoin d’un joueur qui va faire la différence pour accéder aux séries », a expliqué De Guzman.

Ce dernier s’est dit rassuré par le sentiment de dévastation de ses joueurs après le revers de samedi contre Charleston.

« Je n’avais jamais vu ce genre de déception chez nos joueurs et entraîneurs avant. Ils voulaient vraiment gagner. Il faut apprendre de 2018 et amener ça en 2019. Sans notre début de saison où nous avons récolté seulement un point en cinq matches, nous avons performé comme une équipe des séries. »

À sa première année à Ottawa, l’entraîneur-chef Nikola Popovic dit avoir mis l’accent sur l’implantation d’une culture gagnante et d’un modèle de jeu.

« Cette partie a été complétée. Maintenant, nous avons besoin de marquer plus de buts et devenir une équipe plus excitante. Pour ça, il faut trouver les joueurs qui cadrent avec notre identité. Il y a eu beaucoup de nouveautés pour moi cette année. J’ai dû adapter mon modèle de jeu aux joueurs que nous avions sous la main. »

Recrutement facilité

Julian De Guzman dit avoir remarqué une hausse importante dans la qualité du jeu de la USL en 2018 avec la fermeture de la NASL. Il réalise que la barre sera à nouveau relevée en 2019, mais il sait maintenant que son « projet » a créé un engouement chez les joueurs canadiens un peu partout dans le monde. En ce sens, il s’attend à ce que son recrutement soit plus facile à faire cet hiver.

« Notre équipe majoritairement composée de joueurs canadiens génère de l’excitation chez nos joueurs ailleurs dans le monde. J’ai bon espoir de mettre la main sur des joueurs canadiens mieux connus du public la saison prochaine », a conclu De Guzman.

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LA SANTÉ AVANT TOUT POUR TISSOT

Il a manqué quatre points au Fury d’Ottawa pour accéder aux séries de la USL.

Le sort du club aurait pu être différent si le Gatinois Maxim Tissot n’avait pas raté presque toute la saison en raison de blessures. Celui qui a participé à 44 matches avec l’Impact de Montréal entre 2013 et 2016 n’a pas été en mesure d’amorcer un seul des 34 matches de la saison régulière du Fury.

Principale prise du directeur général Julian De Guzman pendant l’hiver, Tissot n’a fait que deux apparitions en relève avant de voir sa saison prendre fin en raison d’une blessure à un genou. Opéré il y a huit semaines, Tissot espère qu’il aura recouvré la santé pour le début de la saison 2019.

« J’ai des semaines plus difficiles que d’autres, mais ma réadaptation va plutôt bien. Je réalise que l’échéance est courte, mais mon objectif est d’être rétabli à 100 % au camp d’entraînement, sinon pour le début de la saison. Il fera froid au début et nous jouons sur du gazon synthétique. Je devrai faire attention. Je ne veux pas traîner une blessure toute la saison non plus. »

Âgé de 26 ans, Tissot est encore sous contrat avec le Fury pour la saison 2019 et ne demanderait pas mieux que de faire partie d’une équipe qui participera aux séries.

« Cette blessure me motive encore plus pour la prochaine saison. J’ai vu la déception chez nos joueurs quand nous avons perdu le dernier match. Les partisans méritent un club des séries. L’organisation le mérite aussi. Ça me fait mal de voir tout le monde souffrir. Nous avons eu plusieurs nouveaux joueurs cette année. Il y a eu un nouveau coach. De nouvelles tactiques. Nous avons commencé lentement, mais je crois qu’avec un autre mois au calendrier, nous aurions pu nous classer pour les séries. Il faudra poursuivre sur cette lancée l’an prochain. »