Les joueurs de l’Atlético d’Ottawa ont conclu leur camp d’entraînement cette semaine.
Les joueurs de l’Atlético d’Ottawa ont conclu leur camp d’entraînement cette semaine.

Enfin, l’Atlético arrive!

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
Les BlackJacks d’Ottawa et la Ligue canadienne élite de basketball nous ont prouvé que ça se fait. Les équipes d’un circuit sportif mineur, au pays, peuvent se réunir sous une bulle et organiser un semblant de saison, en pleine pandémie.

C’est au tour de la Première ligue de soccer canadienne (PLC) de tenter sa chance, en organisant un tournoi estival sous une bulle.

Tout n’est clairement pas réglé.

On sait que la compétition prendra son envol le 13 août et que le premier match opposera les deux finalistes de l’an dernier, soit le Forge FC de Hamilton et le Cavalry FC de Calgary.

Le reste du calendrier n’est toujours pas connu.

L’ambiance était quand même joyeuse, plus tôt, cette semaine, quand les joueurs de l’Atlético d’Ottawa ont conclu leur interminable camp d’entraînement. Ils étaient malgré tout heureux de s’envoler vers l’Île-du-Prince-Édouard, où ils pourront enfin passer aux choses sérieuses.

«Je n’ai jamais douté», déclare le joueur le plus connu de la jeune équipe, Ben Fisk.

L’ailier de 27 ans, qui est originaire de Vancouver, connaît un peu la PLC. Il a participé à sa saison inaugurale, en 2019, portant les couleurs du club de sa province natale.

«Je sais que notre ligue est dirigée par des gens très compétents. Nous misons aussi, à Ottawa, sur des gens qui ont travaillé très fort pour nous permettre obtenir des résultats. J’étais convaincu qu’on finirait par jouer de vrais matches, cet été, même si je ne savais pas exactement à quoi ressemblerait notre saison.»

Le jeune joueur de 16 ans originaire de Chelsea, Antoine Coupland

Ses coéquipiers ne partageaient pas tous son optimisme. Antoine Coupland, le jeune prodige qui est originaire de Chelsea, reconnaît que «la longue présaison» a été faite de «hauts et de bas».

«Il faut maintenant se montrer très reconnaissants envers les dirigeants de la PLC et ceux de l’Atlético, qui ont réussi à nous organiser une saison, durant laquelle tout le monde pourra jouer et rester en santé.»

«Je pense que les gars sont vraiment focus. Ils sont excités. Tout le monde a travaillé très fort, dans un seul but. Et ce but, c’est de prendre part à une saison 2020. Maintenant, notre but, c’est de remporter la coupe et de la rapporter à la maison.»

À 16 ans, Coupland ne connaît pas vraiment la PLC. Son expérience en tant que joueur de soccer professionnel se limite à ce qu’il a vécu à la Place TD, l’été dernier. Le Fury, locataire des lieux, l’avait invité à s’entraîner pendant quelques semaines. L’expérience fut tellement positive qu’on lui a finalement accordé un contrat de joueur amateur. On lui a donné un maillot. On lui a permis de passer quelques minutes sur le terrain, en situation de match.

Fisk, lui, connaît bien le calibre des différents circuits professionnels nord-américains. Avant de faire ses débuts en PLC, l’an dernier, il a passé deux étés avec le FC Edmonton de la défunte North American Soccer League (NASL).

Il prévient tout de suite les fans de soccer de la capitale. «Il s’agit de deux circuits fort différents.»

«Dans la NASL, il y avait beaucoup d’argent, dit-il. Certaines équipes appartenaient à des gens d’affaires qui avaient beaucoup de moyens. Ça leur a permis d’attirer de gros noms. Ça donnait lieu à un gros spectacle», dit-il.

Sauf que la ligue a été dissoute. Elle n’a pas été à la hauteur de ses propres ambitions.

«La PLC est un circuit plus compétitif. Elle regroupe des jeunes joueurs canadiens qui sont affamés et qui veulent faire leurs preuves. Chaque match compte.»

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L’entraîneur-chef de l'Atlético d'Ottawa, Mista

MISTA VEUT S'INSPIRER DES GRANDS FRÈRES DE MADRID

On ne sait pas exactement à quoi ressemblera l’Atlético, quand il sera opposé aux autres clubs de la Première ligue canadienne.

Certains observateurs ne semblent pas croire aux chances du club d’expansion.

L’entraîneur-chef, Mista, ne fait pas de promesses. Il nous rappelle toutefois que son équipe a la chance d’être parrainée par un des plus prestigieux clubs espagnols.

Ça peut aider.

«On va emprunter quelques caractéristiques à notre équipe mère», nous a-t-il confié, à l’aide d’un interprète, quelques heures avant son départ pour Charlottetown.

«On va s’inspirer de l’Atlético de Madrid pour développer de bonnes habitudes de travail et le sens de l’engagement. Nous allons tout laisser sur le terrain. Nous allons aussi développer notre propre identité. Nous voulons par exemple nous montrer très agressifs, avec ou sans le ballon. Puisque la majorité de notre staff technique vient de l’Espagne, nous allons emmener un style plus européen. Vous allez voir un club plus confortable, avec le ballon, avec ou sans pression.»

Comme tous les entraîneurs du monde du soccer, Mista a travaillé dans un monde inconnu, ce printemps. Personne ne savait vraiment comment diriger un club de soccer professionnel en temps de pandémie.

Il n’était pas simple de travailler avec des joueurs qui n’avaient encore jamais disputé un seul match ensemble. Surtout que ces joueurs étaient éparpillés un peu partout, dans le monde.

Il a essayé de faire pour le mieux.

«Ça pourrait même nous avoir donné un petit avantage du côté humain, explique-t-il. Nous avons quand même passé beaucoup de temps, ensemble. Nous avons utilisé Zoom pour multiplier les échanges, les conversations. Cette plate-forme nous a même permis d’organiser quelques entraînements, en groupe.»

Le contexte n’était quand même idéal.

«Ça fait environ trois semaines que tous nos joueurs sont réunis, sur le même terrain, pour l’entraînement. Zoom nous a quand même permis mieux nous connaître, d’un point de vue humain. Nous avons pu développer de meilleures relations.