Julian De Guzman a salué les partisans du Fury d'Ottawa en faisant son entrée à la 58e minute. Le joueur le plus titularisé de l'histoire du soccer canadien a même obtenu une bonne chance de marquer en fin de match.

De Guzman a animé la foule

Pour la première fois en trois matches, le Fury d'Ottawa s'est incliné contre un club de la MLS à la Place TD mercredi soir.
Après avoir signé des victoires improbables contre les Whitecaps de Vancouver et le FC Toronto dans le cadre du championnat canadien, l'équipe ottavienne a subi un revers de 1-0 face à l'Impact de Montréal dans le premier match amical de l'histoire des deux clubs.
Callum Mallace a rapidement donné l'avance au club de la MLS sur un lancer franc bien exécuté dès la troisième minute de jeu, mais les 6601 partisans dans les gradins de la Place TD ont fait plus que célébrer le partenariat Montréal/Ottawa mercredi. Juste avant que la pluie se mêle de la partie, ils ont pu saluer Julian De Guzman, le joueur le plus titularisé de l'histoire du soccer canadien.
L'entraîneur et le directeur général adjoint du Fury est sorti de sa retraite l'instant d'un match pour évoluer une dernière fois devant ceux qui l'ont vu grandir dans les meilleures ligues européennes, avec l'équipe nationale canadienne et aussi avec le Fury. L'ancien capitaine du club a fait son entrée à la 58e minute. Portant le numéro 89 pour souligner ses 89 matches disputés avec l'équipe canadienne, il a aussitôt été acclamé par la foule.
«J'aime Ottawa. J'aime les partisans. Chaque année, la situation me surprend ici. L'équipe a vraiment adopté une attitude professionnelle. Ottawa a tellement à offrir pour la prochaine génération de joueurs canadiens. Je suis tellement reconnaissant d'être encore ici, à travailler avec des jeunes pour les faire progresser. J'ai pris ma retraite de joueur, mais je vis encore mon rêve. Je tiens à partager ma passion avec ceux qui veulent suivre mes traces.»
De Guzman aura joué les 32 dernières minutes de la partie. Pendant les arrêts de jeu, il a eu une glorieuse occasion de terminer sa carrière à la «Hollywood» en s'amenant dans la boîte avec la possibilité d'égaler la marque, mais son tir est passé juste un peu par-dessus le filet.
Sur le terrain, De Guzman a dit ressentir tout le poids de ses 36 ans pendant qu'il pourchassait une jeunesse de 18 ans comme Ballou Jean-Yves Tabla de l'Impact.
«J'ai eu la tête légère et j'ai vu des drôles de couleurs à certains moments. À un moment donné, j'aurais juré que le cadran comptait le temps à l'envers tellement ça ne passait pas assez vite! En 30 minutes, j'ai eu le temps de me rappeler toutes les mauvaises choses que j'ai faites à mon corps pendant ma carrière, mais je suis content d'avoir joué à un bon niveau.»
L'entraîneur-chef Paul Dalglish était émerveillé de voir son adjoint sur le terrain. «Ça se voit tout de suite qu'il pourrait jouer encore. C'est un joueur de classe mondiale. Ça serait bien de faire reculer l'horloge, mais je crois que Julian va se coucher ce soir avec le meilleur sentiment au monde. Dans son for intérieur, s'il le voulait, il sait qu'il pourrait encore nous aider.»
De Guzman a accepté les fleurs, mais il a clairement fait savoir qu'il était prêt à passer à autre chose. «Je sais que je pourrais jouer encore si je le voulais, mais mon objectif est de faire croître mon sport. Pour moi, le défi est maintenant de transmettre mes connaissances et mon éducation à la nouvelle culture canadienne du soccer.»
Pour le reste, les deux équipes ont offert un bon spectacle sur le terrain même si l'Impact n'avait pas amené ses meilleurs éléments à Ottawa. Le Fury s'est bien défendu contre une équipe plus talentueuse. Il a même dominé le match 9-6 dans les tirs au but, mais c'était 2-2 dans les tirs cadrés.
«Chez les professionnels, ce sont les habiletés individuelles qui font la différence. Les joueurs de la MLS en ont plus que les nôtres. Des fois, la différence est minime, mais les meilleurs professionnels vont saisir l'occasion pour marquer des buts quand les moments clés se présentent. Un peu comme sur leur premier but. Puis, nous avons eu des chances de compter aussi, mais nous avons manqué d'exécution. C'est la différence entre les deux clubs», a expliqué Paul Dalglish.
Les partisans de la région d'Ottawa/Gatineau n'ont pas vu les Piatti, Bernier, Jackson-Hamel et Ciment de l'Impact, mais ils ont au moins pu admirer plusieurs joueurs de la première équipe dont Dominic Oduro, Wandrille Lefèvre, Victor Cabrera, Chris Duvall et Callum Mallace.
Une tradition à maintenir
Le Fury était content d'offrir un duel contre l'Impact de Montréal à ses partisans. Le club montréalais tenait à donner du temps de jeu à ses joueurs moins expérimentés.
Chacun a trouvé son compte dans le premier match entre le club de la MLS et le club de la USL. Après tout, l'Impact et le Fury ont signé un partenariat afin de se partager des joueurs cette saison.
Mauro Biello, l'entraîneur-chef de l'Impact s'est dit impressionné par les installations du Fury après le match. « J'ai découvert un très beau stade et nous avons affronté une bonne équipe. En plus, j'ai pu féliciter Julian De Guzman pour sa brillante carrière en Europe ainsi qu'en Amérique du Nord et avec l'équipe canadienne. »
Biello a aussi pu offrir du temps de jeu à ses joueurs qui terminent une pause dans le calendrier de la MLS en ce moment. « Ce match nous a aidés à faire jouer nos réservistes et de travailler leur rythme et leur confiance. Ils ont été bien concentrés. Ils ont bien réagi », a ajouté celui qui dit toujours surveiller les joueurs prêtés au Fury pour la balance de la saison comme Jimmy Shammar-Sanon et Thomas Meilleur-Giguère.
L'entraîneur-chef du Fury, Paul Dalglish, était quant à lui tout sourire après le match. Son équipe n'a pas marqué, mais la foule a eu l'occasion d'applaudir un « faux nudiste » qui a sauté sur le terrain pour le traverser avant de sortir un ballon pour le botter dans le filet de l'Impact.
« Ça devait être un nudiste canadien. Il était encore habillé ! »
Sur une note plus sérieuse, il a aimé avoir le luxe de faire jouer tout son monde en santé. « Tout le monde a pu avoir des minutes et j'étais content de le faire. Montréal a compté sur un lancer franc bien placé. On ne pouvait pas faire grand-chose là-dessus. On aurait pu attaquer davantage en deuxième demie, mais on ne pouvait pas. L'Impact nous en aurait fait payer la note. On ne voulait pas tomber en arrière 2-0. »
Si Dalglish était content de l'opposition offerte par ses joueurs, il aurait presque souhaité obtenir un pénalty pour que la soirée soit parfaite. Même si Julian De Guzman n'a jamais été employé pour un tir de pénalité de sa carrière, il n'aurait pas eu le choix que d'envoyer le héros de la soirée pour tenter de marquer un dernier but.
« Je pense que Julian n'aurait pas su quoi faire, mais la foule ne m'aurait jamais pardonné de ne pas l'envoyer. J'aurais aimé lui offrir cette fin, mais quand je regardais à côté de moi sur le banc, il n'était pas là. Je préfère l'avoir à mes côtés. »