Le Fury d'Ottawa a joint la United Soccer League (USL) en 2017.

Cinq années mouvementées pour le Fury

Cinq années complètes se sont écoulées depuis que l’OSEG s’est lancée dans l’aventure du Fury d’Ottawa pour offrir du soccer professionnel aux amateurs de la région d’Ottawa-Gatineau.

Né à partir de la Premier Developpement League (PDL) en 2005, le club a fait ses débuts professionnels en 2014 en accédant à la North American Soccer League (NASL), une ligue qui n’avait pas les moyens de ses ambitions et qui a fermé boutique en 2018. Flairant le désastre, le Fury a devancé cette fermeture en joignant la United Soccer League (USL) en 2017.

Cette intuition lui aura bien servi. Au moment de prendre sa décision, la USL avait la sanction de troisième division nord-américaine, mais le circuit était en pleine expansion et il a été promu en deuxième division avant même que le Fury y dispute son premier match.

Le soccer étant en éclosion au Canada ainsi qu’aux États-Unis, le paysage est encore appelé à changer avec le lancement de la Canadian Premier League (CPL) le mois prochain. Cette ligue souhaitait mordicus à ce que le Fury devienne l’équipe phare de sa saison inaugurale, mais l’OSEG n’était pas prête à quitter un produit sûr pour sauter dans le bain d’un circuit en démarrage.

Entre la PDL, la NASL, la USL et le spectre de la CPL, les cinq premières années d’existence du Fury ont été mouvementées. Il y a eu des hauts, comme le match d’ouverture contre le mythique Cosmos de New York en juillet 2014 qui a attiré une foule record de 14 593 spectateurs à la Place TD. Trois jours plus tard, 8643 personnes ont assisté à un match amical contre les Rangers de Glasgow.

« C’était la première fois en 20 ans que le légendaire club écossais faisait une tournée en Amérique du Nord. Ils avaient des groupes de supporteurs qui les avaient suivis partout. C’était un moment très fort », a insisté le président du Fury, John Pugh.

Ce dernier se souvient aussi de la victoire en demi-finale du Soccer Bowl de 2015 contre le Minnesota United. « Il y avait près de 10 000 personnes pour ce match. Ce fut une soirée de soccer très excitante. Si nous avions joué la finale à la maison contre New York, nous aurions sûrement rempli le stade ! », ajoute Pugh.

La victoire contre les Whitecaps de Vancouver, un club de la MLS, pendant le championnat canadien de 2016, s’inscrit aussi parmi les moments historiques des cinq premières saisons.

Mais les déceptions ont aussi été nombreuses. En cinq ans, le Fury n’a participé qu’une seule fois aux séries éliminatoires. Le club veut corriger cette situation en se dotant d’une identité qui lui est propre. Le Fury veut être perçu comme un club majoritairement composé de joueurs canadiens aux talents supérieurs à la moyenne, compléter par des joueurs d’exception qui feront la différence entre la victoire et la défaite.

« C’est difficile de savoir où nous serons dans 5-10 ans. Regardez ce qui s’est passé avec Montréal et Vancouver. Ils étaient dans la USL il n’y a pas si longtemps. L’important, c’est que nous existons, souligne le directeur général Julian De Guzman. Nous avons un club professionnel et ça nous permet de rêver. Dans l’évolution de la USL, nous sommes devenus le seul club canadien et nous avons des minutes de jeu à offrir à nos meilleurs talents nationaux. »

Julian De Guzman

Pour l’instant, le Fury se dit à l’aise dans le modèle de la USL et la CPL demeure un sujet quelque peu nébuleux auprès de l’OSEG.

« Nous avons toujours supporté la création de la CPL. Le Canada a besoin de son propre circuit national. Ça serait très excitant de voir ce circuit fleurir. Le chemin que nous emprunterons à l’avenir n’est pas encore clair, mais 2019 sera une année déterminante pour nous. Nous sommes dans la USL. Nous avons ajouté de très bons joueurs. Notre objectif est de faire d’Ottawa une ville de soccer. Pour y arriver, nous aurons besoin d’une série de succès », a conclu John Pugh.

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Le président du Fury d'Ottawa, John Pugh

S'INSPIRER DES 67'S POUR GONFLER LE CHIFFRE DE SES ASSISTANCES

Après avoir atteint un sommet dans la saison qui a suivi son championnat de la saison d’automne de la NASL en 2015, les assistances aux matches du Fury d’Ottawa ont stagné et même baissé depuis 2017.

Pour le président du club, John Pugh, il n’y a pas de remède miracle pour générer de l’activité aux guichets. Les victoires vont toujours attirer les spectateurs comme elles l’ont fait en 2015 quand le Fury s’est rendu jusqu’en finale du Soccer Bowl.

« Les 67’s d’Ottawa nous offrent un exemple magique cette saison. Plus ça avance, plus ils gagnent, plus les gradins se remplissent. Ils ont connu beaucoup de succès. Ils ont une équipe excitante sur la glace. Toute la ville semble se rallier au club. Il faudrait répéter ça au soccer », a dit celui qui a mis l’organisation du Fury au monde en amenant une équipe de la USL W-League à Ottawa en 2002.

Jusqu’à maintenant, le Fury dispute ses matches devant des partisans des gradins sud, qui peuvent accueillir jusqu’à 7000 spectateurs.

« D’ici cinq ans, il serait intéressant de pouvoir ouvrir les estrades du côté nord. À court terme, nous aimerions maintenir des assistances autour de 6000 spectateurs. Ça permettrait d’équilibrer les livres. Nous avons un bon noyau dur de partisans. Nous devons bâtir à partir de cette fondation », a dit Pugh, qui rêve au jour où le soccer sera si imprégné dans la communauté qu’il y aura régulièrement 10 000 spectateurs par match.

L’organisation mise beaucoup sur l’implication communautaire de ses joueurs pour mousser son produit.

« Les joueurs sont fantastiques. Ils sont partout. Ils vont rencontrer les jeunes. Ils donnent des cliniques. Ils sont très actifs. C’est un placement à long terme tout comme notre programme Fury Fanatic, qui attire les jeunes au stade à très peu de frais. »

John Pugh signale que Vancouver, Montréal et Toronto jouaient devant des foules moyennes de 6000 spectateurs avant d’accéder à la MLS et que cette cible est dans la mire de son club à Ottawa.

« Tous ces clubs ont vu le chiffre de leurs assistances bondir quand ils ont accédé à un niveau supérieur, mais la MLS n’est pas dans nos plans des cinq prochaines années. L’objectif de la USL est d’être une des meilleures ligues de deuxième division au monde et je pense qu’on peut se comparer avantageusement à d’autres ligues de deuxième division en Europe comme aux Pays-Bas ou en Espagne. Nous sommes bien où nous sommes pour l’instant. Nos assistances ressemblent à celles de ces ligues européennes. »

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