Le capitaine du Fury, Carl Haworth (à droite) connaît la meilleure saison de sa carrière, lui qui vient de disputer son 150e match avec l’équipe. Son coéquipier, l’allemand Wall Fall (à gauche), affrontera son ancienne équipe le FC Saint-Louis, samedi à la Place TD.

Changement payant pour Haworth et le Fury

L’exploit est passé sous silence ou presque la semaine dernière lorsque le Fury a joué la semaine dernière contre le Toronto FC.

Le capitaine Carl Haworth a disputé son 150e match en carrière dans l’uniforme rouge et noir. Il ne dirait pas à un gros gâteau de la part de ses patrons ou ses coéquipiers pour souligner cette étape importante.

« On travaille tellement fort. On s’impose des sacrifices. Des fois, j’aime ça me gâter avec du dessert », a-t-il lancé, sourire en coin.

Sur un ton plus sérieux, Haworth ne cache pas sa fierté au sujet de sa longévité à Ottawa.

« Parce que c’est rare de voir un joueur évoluer au même endroit si longtemps en Amérique du Nord. Ici, les contrats sont d’une durée d’un an ou deux. C’est pourquoi tu vois les gars se balader d’une organisation à l’autre », a rappelé l’Ontarien âgé de 30 ans, qui s’est pointé dans la capitale en 2013.

Le Fury évoluait alors dans la PDL. Haworth, lui, avait obtenu des essais non concluants l’année précédente chez l’Impact de Montréal dans la MLS et Harrisburg dans la USL.

Le numéro 9 connaît en ce moment la meilleure saison de sa carrière chez les pros.

En 22 matches, Haworth a déjà égalé son sommet de sept buts inscrits en 2016 lorsque le Fury était membre de la NASL. Encore plus remarquable ? Il a réussi le tour de force en évoluant à une nouvelle position.

En raison de plusieurs blessures en début de calendrier, l’entraîneur-chef Nikola Popovic a muté l’attaquant en défenseur latéral lors du quatrième match, le 13 avril, contre le Loundoun United FC. « Carl a été malchanceux que personne n’avait tenté l’expérience avant moi », a-t-il dit.

« Parce qu’on se retrouve maintenant avec un défenseur latéral de classe international. Il jouerait en ce moment en Premier League s’il avait évolué à cette position dès ses débuts, s’il n’avait pas gaspillé toutes ces années. »

À ce point ?

« Tu peux me croire », a répondu Popovic.

« J’ai dirigé à un haut niveau. Je sais ce dont je parle. On a ici un joueur avec plusieurs belles qualités. Je ne crois pas qu’il soit trop tard pour lui. S’il maintient le même niveau de jeu, on le verra jouer dans un circuit supérieur ou même sur la scène internationale. »

Parlons justement de l’équipe nationale.

La dernière fois que Haworth a disputé un match pour le Canada, c’était en 2016. Il avait participé l’année suivante à un camp d’entraînement, mais une blessure lui avait coûté possiblement une place.

Depuis ce temps, Canada Soccer ne lui a pas fait signe.

Une campagne sur les médias sociaux a été lancée par des amateurs du Fury afin de convaincre l’équipe nationale de faire appel à leur joueur favori dans un avenir rapproché. Le mot-clé ? #CallUpCarl

« Malheureusement, personne de l’équipe nationale ne m’a appelé jusqu’ici... Je ne sais pas ce qu’ils pensent », a soutenu Nikola Popovic.

« C’est un peu comme ce qui s’est passé avec Maxime Crépeau. Si vous vous souvenez de l’an passé, je vous avais dit qu’il avait le potentiel d’être le futur gardien partant de l’équipe nationale. Un an plus tard, c’est le cas. »

Haworth, lui, ne s’en fait pas.

« C’est touchant d’être reconnu de la sorte par nos partisans. Je suis convaincu que les dirigeants de l’équipe nationale regardent nos parties, surtout avec les nombreux joueurs canadiens qui font partie de notre alignement, qui excellent. »

Le mot de la fin revient à son coach.

« Carl, c’est surtout un être humain fantastique. Il est non seulement très professionnel, mais une personne très fière », a lancé Popovic.

À preuve, on a recroisé le capitaine du Fury en sortant du garage de la Place TD plus tard dans la journée. Bien assis sur son vélo en route vers la maison, il a pris le temps de ralentir et saluer le journaliste du Droit.

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DE GUZMAN TENAIT À FALL

Wal Fall affrontera son ancienne équipe, samedi après-midi, à la Place TD. Mais le milieu de terrain allemand préfère parler de sa formation actuelle.

Ce dernier répète qu’il se plaît chez le Fury. Qu’il ne regrette pas d’avoir délaissé le Saint-Louis FC durant l’hiver en faveur d’Ottawa.

Puis Fall, qui a déjà inscrit sept buts depuis son arrivée, y va d’une confidence. Ce n’était qu’une question de temps avant que sa carrière l’amène au nord de la frontière.

« Je connais le directeur général Julian De Guzman depuis quelques années. Il avait tenté de m’attirer à Ottawa lors des deux saisons précédentes quand j’étais à Rochester puis Saint-Louis », a relaté l’athlète âgé de 26 ans.

« À l’époque, ça n’avait pas fonctionné. Je suis heureux qu’il m’ait relancé une fois de plus durant la saison morte. »

Sa venue était considérée comme un coup de maître de De Guzman. Fall a toujours fait partie d’alignements gagnants dans la USL.

La tendance se maintient jusqu’ici.

Le Fury montre une fiche de 9-9-4 et occupe le huitième rang de la conférence Est. Il lui reste 12 parties à disputer avant les éliminatoires prévues dès la mi-octobre.

« Je me plais ici notamment, car on pratique un style de jeu offensif où l’on contrôle beaucoup le ballon. Ça cadre parfaitement avec le genre de joueur que je suis. Tu peux le voir durant chaque week-end sur le terrain comment j’aime ça ! »

Fall et ses coéquipiers reverront le Saint-Louis FC assez rapidement. 

Après l’avoir accueilli ce samedi à Ottawa, ils se rendront au World Wide Technology Soccer Park le 4 septembre pour un match revanche.