Native de Montréal, Françoise Abanda possède tous les outils pour se joindre à l'élite mondiale.

Françoise Abanda sur les traces d'Eugenie Bouchard

Milos Raonic, Vasek Pospisil, Eugenie Bouchard. La santé du tennis canadien n'a jamais été aussi vigoureuse.
À cette liste, il faudra ajouter le nom de Françoise Abanda. Et pas à partir de l'année prochaine. Tout de suite. Native de Montréal, la joueuse de 17 ans possède tous les outils pour se joindre à l'élite mondiale.
À 12 ans, elle a été sacrée championne canadienne dans la catégorie des moins de 16 ans. À 15 ans, elle s'était inclinée contre une certaine Eugenie Bouchard de 18 ans en finale du prestigieux tournoi international junior de Repentigny. À âge égal, ses résultats surpassent ceux de la nouvelle coqueluche du tennis féminin.
Françoise Abanda n'a que 17 ans, mais elle a déjà participé à deux demi-finales des tournois du Grand Chelem chez les juniors. Cette semaine, elle est à Gatineau pour gagner des points ITF pendant le Challenger Banque Nationale. Classée 241e au monde malgré une blessure à l'épaule qui a ralenti son développement d'une année, Abanda a été incisive à son premier match contre l'Ottavienne Élisabeth Fournier, hier.
Elle s'est imposée en deux manches de 7-5 et 6-1. Fournier, 23 ans, n'y a vu que du feu pendant que sa jeune adversaire lui lançait des bombes. Il fallait la voir se débattre pour chaque point en se déplaçant de gauche à droite du terrain simplement pour se défendre.
«C'est difficile de jouer contre une joueuse comme elle. À l'entraînement, je ne frappe pas de balles avec des joueuses qui cognent comme elle. J'ai quand même gagné six jeux. Je les comptais! J'ai adoré l'expérience. J'ai moi-même frappé plus fort en prenant plus de risques aujourd'hui. Je n'avais pas le choix. Ce match va me rendre meilleure, j'en suis sûre. Elle attaque tellement. Je devais profiter de ses erreurs pour marquer des points», a expliqué la 744e raquette mondiale.
Françoise Abanda affrontera l'Américaine Alexandra Mueller (416e) au prochain tour. Elle cogne aussi la balle avec aplomb, mais Abanda a remporté le dernier duel entre les deux joueuses au Saguenay l'an dernier.
Dans sa tête, Françoise Abanda s'est toujours imaginée parmi les meilleures au monde. À l'âge de 7 ans, Jean-Claude Lemire, un ami de la famille, l'initie au tennis. Françoise a la piqûre. Rapidement, elle et sa soeur Élisabeth gagnent des petits tournois. À 13 ans, elle est recrutée par la Fédération canadienne de tennis.
«Les choses sérieuses ont commencé là. Je me suis retrouvée au centre national d'entraînement ou tout était financé. J'ai commencé à voyager pour jouer à des tournois. J'ai fait Roland-Garros et Wimbledon.»
Il y a deux ans, Eugenie Bouchard a commencé à se faire un nom dans des tournois de type Challenger comme celui de cette semaine à Gatineau. Françoise Abanda compte emprunter le parcours de la septième raquette mondiale bientôt.
«Les succès d'Eugenie vont aider tout le monde dans le tennis canadien. Je l'ai côtoyée. J'ai joué avec et contre elle. Elle sert de source de motivation. Son succès nous donne l'impression que nous sommes capables d'en avoir aussi.»
La grande droitière de 5'11'' représente un diamant qui reste à polir.
Son entraîneur, l'ancien professionnel Simon Larose, l'encadre pour qu'elle travaille plusieurs aspects de son jeu.
Cependant, il admet que sa protégée a des qualités qui ne s'enseignent pas.
«Elle a un physique comparable aux meilleures joueuses du circuit féminin. Elle a une grande confiance en ses moyens. Son synchronisme et sa fluidité pour frapper la balle lourdement, c'est inné.»
Françoise Abanda n'est pas la seule jeune Canadienne à avoir épaté la galerie hier. Âgée de 15 ans, l'Ontarienne Katherine Sebov est la cadette du tournoi, ce qui ne l'a pas empêchée de surprendre la Britannique Emily Webley-Smith, 29 ans, au premier tour.
jfplante@ledroit.com