Francis Charron, un zèbre gatinois dans la LNH

Deux jours plus tard, Francis Charron flottait toujours sur un nuage après avoir arbitré son premier match dans la Ligue nationale de hockey lundi à St. Louis.
Employé du circuit Bettman depuis l'été dernier, le Gatinois de 26 ans avait travaillé dans la Ligue américaine de hockey tout au long de la présente saison avant d'obtenir l'appel tant attendu.
 
«C'est le rêve d'une vie qui s'est réalisé, confiait-il hier à son retour à Gatineau. Quand ça se produit, tu réalises qu'il y a bien des kilomètres derrière ça, bien des tempêtes de neige traversées. Il y a eu bien des sacrifices pour arriver là, mais que ça en a valu la peine.»
Le match comme tel s'est bien déroulé, relatait-il. Les Blues l'ont emporté 2-1 en prolongation contre les Blue Jackets de Columbus, le but gagnant étant marqué alors que le défenseur Marc Méthot, d'Ottawa, était au cachot. Mais ce n'est pas Charron qui avait appelé la punition qui s'est avérée fatidique.
«Ça s'est bien passé, même si je n'ai pas eu beaucoup de 'calls' à effectuer. C'est surtout mon partenaire (Dan O'Halloran) qui a eu des infractions à appeler, dit-il. Mettons que j'étais bien entouré pour ce premier match, lui et les deux juges de lignes avaient travaillé lors des derniers Jeux olympiques. O'Halloran a même arbitré le match pour la médaille d'or, le summum pour un arbitre.»
Le hasard a voulu qu'il soit d'office pour un match impliquant un autre Gatinois, le centre des Jackets Derick Brassard, qui a marqué l'unique but des siens lors d'un jeu de puissance. Ce n'était pas la première fois qu'ils se croisaient sur une patinoire, eux qui ont un très petit lien de parenté (la mère de Charron est une cousine éloignée du père de Brassard, Pierre).
«Je suis Derick depuis longtemps, je l'ai arbitré dans le midget AAA, dans le junior majeur et dans la Ligue américaine. Il est un des nombreux joueurs qui ont suivi le même cheminement que moi, souligne-t-il. On s'est retrouvé face à face au début de la deuxième période et il m'a félicité pour ce premier match, tout comme plusieurs autres joueurs que je ne connaissais même pas, d'ailleurs. J'ai été impressionné par de telles marques de respect.»
 
À son premier match dans la LNH lundi, le Gatinois Francis Charron a été appelé à discuter avec le défenseur ottavien Grant Clitsome, appelé pour la deuxième fois par les Blue Jackets de Columbus.
Calibre relevé
Charron a été tout aussi impressionné par le calibre de jeu nettement plus relevé que dans la LAH ou la LHJMQ, où il avait travaillé auparavant pendant six ans. «Tout est plus gros, tout est plus vite, tout est amplifié, l'exécution, la foule. Mais une fois que ça commence, il faut que tu fasses ton travail en essayant d'oublier tout ce qui est autour. Pour ce premier match, ce n'était pas évident, je ne dirais pas que c'était un match comme les autres car j'étais pas mal excité», mentionnait-il.
Le fils de Guy Charron, l'ancien entraîneur adjoint des Olympiques et analyste des parties de ces derniers au canal Vox, pense que c'est parce qu'il a connu une bonne saison dans la LAH qu'il a obtenu cette récompense de fin de campagne. Ses parents ont fait le voyage au Missouri pour en être témoin.
Il ne sait pas quand aura lieu son deuxième départ «en haut», mais avec les vétérans Kerry Fraser et Dan Marouelli qui prendront leur retraite à la fin de la présente saison, Francis Charron a bon espoir d'être de retour dans la LNH plus régulièrement l'an prochain.