Le skieur alpin de Hull, Simon Fournier, a gagné un slalom jeudi à Camp Fortune. C’était la première de cinq courses Nor-Am, un circuit de développement qui mène vers la Coupe du monde, à se dérouler jusqu’à lundi en Outaouais. Des épreuves seront notamment présentées ce week-end à Mont Sainte-Marie.

Fournier gagne à la maison

Ses parents l’attendaient au bas de la piste à Camp Fortune. Même chose pour sa petite sœur, sa belle-mère, ses grands-parents et Manuk, le gros chien poilu de la famille qui se roulait dans la neige.

Simon Fournier était heureux de les voir à une de ses courses. Il était encore plus souriant en voyant son chrono.

Le skieur alpin de Hull a été le plus rapide en piste lors de la première des cinq épreuves du circuit Nor-Am à se dérouler en Outaouais jusqu’à lundi. Il a remporté le slalom devant 107 autres participants.

Un de ses adversaires a déjà participé aux Jeux olympiques, d’autres ont déjà goûté à la Coupe du monde tout comme lui.

Fournier était des slaloms de Saalbach-Hinterglemm et Madonna di Campiglio avant la période des Fêtes, ses deuxième et troisième sorties en carrière dans le cirque blanc. Il était notamment le deuxième skieur le plus rapide en piste en Italie après le premier intervalle avant qu’une chute l’empêche de rallier le fil d’arrivée.

« Ça fait du bien de gagner ma première course de 2019. Ça fait du bien gagner ici en Outaouais où j’ai grandi. Je me sens à la maison », a soutenu Fournier, qui a terminé 0,94 seconde devant l’Américain Luke Winters.

Garret Driller, également des États-Unis, a complété ce podium par une journée enneigée dans le parc de la Gatineau. Raphaël Quenneville, d’Aylmer, a notamment pris le 25e rang.

« C’est plaisant de voir que les efforts des dernières années paient, que j’obtiens de bons résultats et que je suis enfin constant », a commenté Fournier, qui fait partie de l’équipe nationale.

L’athlète âgé de 21 ans partage son temps cet hiver entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Il avait remporté deux courses Nor-Am, un circuit de développement, à la mi-décembre à Panorama, en Colombie-Britannique, dont un slalom.

Fournier prendra la route du Colorado la semaine prochaine pour effectuer ses débuts au sein de l’équipe de l’Université du Colorado sur le circuit de la NCAA. Il espère terminer janvier sur le Vieux-Continent en Coupe du monde à Kitzbuehel puis Schladming tout en étudiant à distance.

Mais pour l’instant, son attention est tournée vers les quatre courses qui l’attendent lors des quatre prochains jours.

Un autre slalom se trouve au menu vendredi à Camp Fortune, qui accueille pour la première fois des épreuves Nor-Am.

Tous les skieurs se déplaceront ensuite à Mont Sainte-Marie qui sera hôte de trois autres courses.

Un slalom en parallèle aura lieu notamment samedi. Il s’agit d’une nouvelle épreuve au menu des prochains Jeux olympiques d’hiver en 2022, à Pékin.

Simon Fournier aimerait bien se retrouver à nouveau sur la première marche du podium en Outaouais. Mais il se montrait réaliste.

« J’aimerais que toutes les autres courses prennent la même direction que celle-ci. Mais tu ne sais jamais en ski alpin. Les conditions changent tellement rapidement en piste. Puis il y a les possibilités d’erreurs. On va espérer pour le mieux ! »

En plus de Fournier et Quenneville, cinq autres produits locaux participent à ces épreuves Nor-Am. Hunter Watson et Britton Quirk représentent l’équipe ontarienne tandis que Kobe Villeneuve, Félix Boivin et Aidan Marler défendent les couleurs de l’équipe de ski alpin de la Capitale nationale et de l’Outaouais.

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De skieur olympique à coach et... peintre

Ça fera bientôt sept ans que Patrick Biggs a disputé sa dernière course en Coupe du monde, le 24 janvier 2012, en Autriche.

Le double Olympien se trouvait à Camp Fortune jeudi lors du passage du circuit Nor-Am en Outaouais. À un moment, il se promenait en ski. Un autre ? Il avait une perceuse en main pour installer des poteaux pour délimiter le parcours.

Biggs, 36 ans, est maintenant directeur des programmes de courses à ce club de ski alpin situé à Chelsea. Le même endroit où il avait effectué ses débuts quand il était ti-cul au début des années 1990.

C’était avant qu’il se tape huit saisons en Coupe du monde, deux participations aux Jeux olympiques et deux neuvièmes places aux championnats du monde à Bormio en 2005 et Are, en Suède, en 2007.

« Ça fait six ans que je suis ici. J’ai commencé dans le coaching après avoir pris ma retraite et terminé l’école », a relaté le diplômé en arts et design de l’Université de Darmouth.

« La compétition me manque un peu. C’est spécial de faire partie d’une équipe, de voyager ensemble un peu partout dans le monde avec tes coéquipiers. Quand tu arrêtes, c’est difficile. C’est un mode de vie différent.... Mais j’aime mon nouveau mode de vie familiale. »

Biggs habite à Hull avec sa conjointe et leurs deux jeunes garçons âgés de trois ans et quatre ans. Les deux frères skient déjà.

L’hiver, leur papa travaille à Camp Fortune. Et l’été ? Son côté artistique est sollicité, lui qui est peintre.

« Je viens de produire deux peintures pour la Coupe du monde de Lake Louise. Les organisateurs s’en sont servis dans leur campagne de publicité », a indiqué Patrick Biggs.

« Je peux faire entre dix à 15 peintures par année... C’est quand même beaucoup. Mais j’aime ça ! »

Son sourire en lançant cette phrase confirmait le tout.