Albert Korir a remporté le Marathon d’Ottawa, dimanche matin.

Fin de semaine des courses: un gobelet d’eau fait la différence

Albert Korir avait gagné le Marathon de Houston en janvier. Il avait célébré en enfilant un chapeau de cowboy.

Quatre mois plus tard, le coureur infatigable du Kenya a fait le coup à nouveau, étant le plus rapide, dimanche matin, au Marathon d’Ottawa Banque Scotia. Et il a fêté ça en croisant le fil d’arrivée en sautant!

Quelques secondes plus tard, le jeune homme âgé de 25 ans a eu droit à une longue accolade de son entraîneuse qui versait quelques larmes. 

Puis l’ambassadeur du Kenya s’est empressé de lui remettre le drapeau de leur pays natal.

« Je suis tellement heureux... C’est un grand exploit », a soutenu Korir, qui ne s’attendait pas à remporter l’épreuve ottavienne qui possède la distinction Or de l’IAAF.

Ce dernier a parcouru les 42 km en deux heures, huit minutes et trois secondes. C’est deux minutes de plus que le record de l’événement qui tient depuis 2014.


Korir a devancé de 11 secondes son plus proche poursuivant, l’Éthiopien Abera Kuma. Les deux rivaux africains se suivaient depuis le départ à 7h.

Un peloton de 10 hommes était dans le coup jusqu’à la mi-course. Un nombre qui a fondu rapidement par la suite.

Kuma était côte à côte avec Korir quand il a décidé d’effectuer un détour vers la station d’eau avec... moins de deux kilomètres à parcourir. Sa soif aura été coûteuse.

« Il n’avait pas pu prendre de l’eau au 35e kilomètre », a tenté d’expliquer son interprète.

Ce n’était pas la première décision douteuse de Kuma en carrière. Il s’était déjà battu avec un adversaire en fin de course des championnats du monde de cross-country en 2011. La vidéo était devenue virale. L’IAAF avait disqualifié les deux hommes.

Quant à Korir, il semble prendre de bonnes décisions. Quand il a vu son rival se diriger vers la station d’eau, il n’a pas hésité à augmenter la cadence.

« Kuma est un coureur redoutable. Je ne savais pas si je serais en mesure de le battre. Quand j’ai vu ça, j’ai décidé d’en profiter et m’échapper. »

Un choix important attend maintenant Albert Korir dans les prochains jours. Quoi faire avec le chèque de 30 000 $ remis au nouveau champion ?

« Je devrai y penser... Je ne m’attendais pas que je pouvais gagner... Peut-être effectuer des investissements dans mon pays. »

 La coureuse éthiopienne Tigist Girma a été la première femme à franchir la ligne d’arrivée.

Pendant qu’il jasait avec les médias, Tigist Girma, elle, franchissait le fil d’arrivée. La logique était respectée chez les femmes. Une coureuse éthiopienne était déclarée gagnante pour une dixième année de suite.

Girma, 25 ans, a complété le Marathon d’Ottawa en deux heures, 26 minutes et 34 secondes, doublant ses compatriotes Betelhem Moges et Etaferahu Temesgen. Sa victoire n’a rien de surprenant. Elle faisait partie des favorites.

Deux de ses partenaires d’entraînement s’avèrent Tirunesh Dibaba et Mare Dibaba, respectivement triple championne olympique et championne du monde en 2015.

Girma, elle, avait gagné le Marathon de Guangzhou en Chine en 2018. Deux ans auparavant, elle avait triomphé à Beyrouth.

À ses yeux, sa victoire à Ottawa s’avère la plus importante de sa jeune carrière. « Il y avait de meilleures coureuses ici », a-t-elle dit via un interprète.

Reid Coolsaet et Dayna Pidhoresky ont été les Canadiens les plus rapides dans leur catégorie respective.

Coolsaet, qui fêtera ses 40 ans en juillet, s’avère ce double Olympien qui espère participer aux Jeux une dernière fois en carrière l’an prochain à Tokyo. 

« C’est toujours plaisant d’être le premier Canadien, mais j’ai été plus lent que j’aurais aimé ici... Deux minutes de trop », a-t-il soutenu après avoir stoppé le chrono à deux heures, 17 minutes et 37 secondes.

Le Marathon d’Ottawa fêtait sa 45e édition. Il demeure l’épreuve reine de la Fin de semaine des courses Tamarack.