L'Intrépide bantam AAA relève présentait une fiche de 21-2-1 après 24 rencontres.
L'Intrépide bantam AAA relève présentait une fiche de 21-2-1 après 24 rencontres.

Fin de la saison du hockey mineur: déception chez les bantams

Yves Dagenais a passé l’hiver à diriger l’Intrépide de l’Outaouais bantam AAA. Dimanche dernier, durant l’après-midi, son capitaine, Émile Perron, lui a envoyé un texto.

«Il voulait me dire qu’on aurait normalement dû se retrouver au tournoi de la Coupe Dodge. Il m’a envoyé ce message à l’heure où la grande finale aurait été disputée.»

Le jeune Perron n’était pas le seul à y avoir pensé.

Au même moment, les joueurs et les entraîneurs de l’Intrépide bantam AAA relève s’échangeaient allégrement des messages.

«Un de nos joueurs célébrait justement son anniversaire de naissance, le 19 avril. Les gars ont commencé à lui écrire pour lui souhaiter bonne fête. Ça n’a pas été long que certains ont commencé à dire qu’on aurait dû fêter ça, ensemble, à la Coupe Dodge. D’autres ont dit qu’on aurait pu fêter ça en finale de la Coupe Dodge», raconte l’entraîneur-chef de cette formation, Stéphane Bertrand.

La Coupe Dodge, pour les non-initiés, c’est le trophée qu’on remet aux champions provinciaux de hockey mineur.

Le printemps 2020 aurait pu être spécial, pur l’Outaouais, à cette compétition.

Les meilleurs joueurs nés en 2005 évoluent cette année au niveau bantam AAA. Les représentants de l’Outaouais trônaient au sommet du classement de la Ligue de hockey d’excellence du Québec (LHEQ). En 25 matches de saison régulière, ils ont subi un seul revers et fait match nul à une occasion.

L’Intrépide bantam AAA relève, qui regroupe les meilleurs joueurs nés en 2006, étaient presque aussi dominants. Ils présentaient une fiche de 21-2-1 après 24 rencontres.

«Les deux équipes pouvaient aspirer à la Coupe Dodge, croit Yves Dagenais. Ça reste un tournoi, durant un week-end. Tout doit bien fonctionner, à ce moment. Tout le monde doit être prêt.»

Les deux formations d’élite régionales avaient raison d’aborder ce dernier gros défi avec une certaine confiance.

Elles avaient toutes les deux triomphé, à la fin du mois de février, au prestigieux tournoi Royal-Brassard.

La pression peut être forte, chaque année, lors de cette compétition relevée qui se déroule à Gatineau.

«Notre groupe de joueurs avait besoin d’apprendre à gagner, explique Stéphane Bertrand. Cette année, avec nous, ils ont découvert ça. Ils ont appris à ne pas accepter la défaite. Ils ont travaillé fort. Je suis dans le coaching depuis 25 ans. J’ai vu des équipes de tous les niveaux. Dans ce groupe-là, je peux dire qu’il n’y a pas de superstars. Juste des gars qui forment une bonne équipe.»

Yves Dagenais livre un discours similaire, quand il évalue son équipe.

«Je dirais qu’on n’était pas loin d’atteindre notre maximum. Il y avait beaucoup de joueurs qui étaient prêts à payer le prix pour gagner. Il y a quelques années, Hendrix Lapierre jouait dans mon équipe. Cette année, nous n’avions pas de Hendrix à notre disposition. Nous avions une équipe qui avait le désir de gagner.»

Dommage

La plupart des joueurs des deux équipes de l’Intrépide appartiennent au programme sport-études de l’école Nicolas-Gatineau.

Son directeur technique, André Cayer, aurait bien aimé voir ses protégés se rendre jusqu’au bout.

L’annulation de la Coupe Dodge, selon lui, est surtout dommage pour les joueurs qui sont nés en 2005. L’an prochain, leur équipe risque d’être scindée. Certains joueurs évolueront au niveau midget AAA. Les autres devraient se retrouver au niveau midget espoir.

«C’est une batch avec une belle profondeur, dit-il. Ils se démarquent grâce à leur compétitivité. Ils sont prêts à compétitionner dans chaque match, dans chaque pratique, dans chaque exercice.»

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L'entraîneur-chef de l'Intrépide de Gatineau, Martin Lafleur

DES COMPLICATIONS JUSQU'AU NIVEAU MIDGET AAA

L’annulation du tournoi de la Coupe Dodge compliquera la vie des entraîneurs au niveau midget AAA, aussi.

L’Intrépide de Gatineau se situe au sommet de la pyramide du développement du hockey compétitif, en Outaouais. Des représentants de l’équipe ont l’habitude d’assister aux matches du championnat provincial au niveau bantam AAA pour évaluer de futurs joueurs.

« D’habitude, on est toujours là. Ça nous donne une belle opportunité de voir les joueurs évoluer dans des matches importants », explique l’entraîneur-chef Martin Lafleur.

« Ce tournoi nous donne la chance d’évaluer le niveau de constance des joueurs, enchaîne-t-il. Les équipes peuvent disputer jusqu’à cinq ou six parties durant ce week-end. »

L’Intrépide, comme tous les autres clubs sportifs, accepte son sort. Tout le monde doit subir les contrecoups de la COVID-19.

« Normalement, durant cette période de l’année, on serait en plein dans notre précamp. Le camp printanier suivrait. Ça nous donnerait une occasion de mieux connaître les joueurs. On pourrait passer du temps avec eux. On pourrait les interviewer. Ce n’est pas possible, en ce moment. Il faut trouver d’autres opportunités », commente Lafleur.

La technologie pourrait servir, dans les prochaines semaines. Les entraîneurs de l’Intrépide ont déjà commencé à utiliser l’application Messenger et ses conversations par vidéo pour organiser des rencontres virtuelles avec certains joueurs.