La Lavalloise Leylah Fernandez n’a fait qu’une bouchée de l’Ontarienne Carol Zhao pour accéder aux quarts de finale du Challenger Banque Nationale de Gatineau.

Fernandez accède aux quarts de finale au Challenger de Gatineau

À 16 ans, elle est la plus jeune joueuse du tableau féminin au Challenger Banque Nationale de Gatineau.

Leylah Fernandez n’a pas le gabarit le plus imposant, mais elle est un véritable bâton de dynamite. La Lavalloise qui a triomphé à Roland-Garros chez les juniors cette année est tout en puissance. Son langage corporel dégage la confiance. Son regard est déterminé. Sa démarche est combative.

Mercredi après-midi, sous le chaud soleil du court central au parc de l’île, s’en était trop pour son adversaire, l’Ontarienne Carol Zhao. La petite bombe a poinçonné son billet vers les quarts de finale avec une victoire expéditive de 6-1, 6-2.

Au prochain tour, elle se mesurera à la Mexicaine Marcela Zacarias, une habituée du tournoi gatinois. À 25 ans, elle est classée 572e au monde, mais elle a toujours connu du succès en sol outaouais. Fernandez, 373e au monde, en sera quant à elle à sa deuxième présence en quarts de finale cette saison chez les professionnelles, mais elle a compilé un dossier de 21-2 chez les juniors où elle a été finaliste à l’Omnium d’Australie avant de gagner son premier tournoi du Grand Chelem en France.

À LIRE AUSSI: Déjà la fin pour les Canadiens au Challenger de Gatineau

« Je suis en transition entre le circuit junior et celui des professionnelles. Je vise une place dans le top-200 d’ici la fin de l’année. Si je continue d’aller loin dans les tournois, ça devrait bien aller », a dit celle qui s’est assurée de neuf points de la WTA avec sa victoire au deuxième tour jeudi.

Après avoir atteint le sommet du classement mondial junior, Fernandez a entamé la prochaine étape de sa carrière. Elle n’ira pas aux Internationaux de Repentigny et elle compte aussi sauter l’Omnium des États-Unis.

« Le circuit junior, c’est terminé. C’est peut-être ma petite sœur Bianca Jolie qui va finir par gagner ces tournois-là. Elle a 15 ans. Elle est très bonne et monte le classement mondial petit à petit. De mon côté, j’espère entrer dans le US Open à partir des qualifications des dames. »

Pour le moment, Fernandez commence à réaliser qu’elle a l’étoffe pour lutter avec les professionnelles. Carol Zhao n’est pas la dernière venue. Elle a déjà été neuvième au monde chez les juniors. Âgée de 24 ans aujourd’hui, elle revient au jeu après avoir soigné des blessures. Elle doit refaire son classement qui a chuté jusqu’au 485e rang mondial, mais elle a pointé au 131e rang pas plus tard qu’en 2018.

Après avoir tassé la cinquième favorite du Challenger de Gatineau, elle s’est butée à une adolescente sans pitié. Même l’appui de son amie Gabriela Dabrowski n’a pas pu l’aider à se défendre contre le style fonceur de Fernandez.

D’ailleurs, ce style rappelle étrangement une ancienne championne du Challenger de Gatineau : Bianca Andreescu, aussi championne du Masters d’Indian Wells en mars.

« Ça doit être relié à notre sang, dit Fernandez lorsqu’on lui fait part de la comparaison. Bianca a des racines roumaines. Elle a l’esprit combatif. Je suis canadienne avec du sang latin ! Ma mère vient des Philippines. Mon père est Équatorien. Nous ne lâchons jamais. J’ai appris ça très jeune. Tout commence avec les parents ! »

Abanda gagne

En soirée, une autre Québécoise n’a fait qu’une bouchée de son adversaire quand Françoise Abanda a renversé Anna Morgina 6-2 en première manche et 3-0 avant l’abandon de la Russe dans la deuxième manche. Fernandez et la Britanno-Colombienne Rebecca Marino ont aussi avancé en demi-finale du tournoi en double dans le dernier match de la soirée.

« Rebecca est tellement gentille. Je suis toujours contente de jouer avec elle. Elle m’offre des conseils chaque fois que nous jouons ensemble. Elle a beaucoup d’expérience et ce qu’elle me dit va me servir à l’avenir. »

La paire jouera à nouveau le dernier match de la soirée vendredi.

+

Carson Branstine est l'une des trois Canadiennes à accéder aux quarts de finale à Gatineau.

CARSON BRANSTINE CONTINUE D'EXCELLER À GATINEAU

Championne en double avec Bianca Andreescu au Challenger de Gatineau en 2018, Carson Branstine continue de s’illustrer un an plus tard, cette fois-ci, en simple.

L’athlète de 18 ans a été l’une des trois Canadiennes à accéder aux quarts de finale avec les Québécoises Leylah Fernandez et Françoise Abanda. Au deuxième tour, elle a liquidé l’Australienne Alexandra Osborne en deux manches de 6-4 et 6-2 pour se retrouver parmi les huit finalistes d’un tournoi de 25 000 $ US pour la première fois en 2019. Les dernières victoires de Branstine arrivent à point. Si elle ne parvient pas à améliorer considérablement son 559e rang mondial, elle mettra sa carrière professionnelle en veilleuse pour jouer sur le circuit de la NCAA à l’Université de Southern California à l’automne.

« J’ai terminé mes études secondaires. Le tennis, c’est ce que je veux faire dans la vie, mais il faudra une percée bientôt, sinon je devrai assurer mes arrières. Il est temps que j’embraye ! J’aurai plusieurs occasions de jouer dans des tournois canadiens dans les prochains mois. »

Ancienne numéro 9 mondial chez les juniors où elle a gagné Roland-Garros et l’Omnium d’Australie en double, Branstine est encore très jeune, mais elle montre des signes d’impatience par rapport à sa progression.

« Je vois d’autres filles de mon âge qui réussissent déjà très bien sûr le circuit de la WTA. Bianca (Andreescu, 24e au monde) a beaucoup de succès et j’ai d’autres amies qui en ont tout autant. J’ai de grosses attentes envers moi. Je sais que je suis capable de réaliser mes objectifs. C’est une question de temps. »

Branstine a connu beaucoup de succès à Gatineau où elle est de passage pour une troisième année consécutive. Elle compte poursuivre sur sa lancée dans son prochain match vendredi contre l’Américaine Quinne Gleason (347e). 

« Je me sens confortable à Gatineau et au Québec où mon entraîneur Simon Larose m’accompagne. »

La voie semble libre pour les trois Canadiennes toujours en lice avec l’élimination des six premières têtes de série chez les dames, mais Branstine refuse de s’emporter.

« À ce niveau, une fille en forme peut gagner contre n’importe qui n’importe quel jour. »