Félix Auger-Aliassime est classé parmi les six favoris par plusieurs preneurs aux livres pour remporter le tournoi de Wimbledon.

Félix Auger-Aliassime connaît des débuts victorieux au tournoi de Wimbledon

LONDRES — Ce n’était qu’une question de temps avant que le Québécois Félix Auger-Aliassime remporte son premier match de simple au tableau principal d’un tournoi du grand chelem.

Ce moment s’est concrétisé lundi lorsque le jeune homme de 18 ans a remporté sa première victoire à Wimbledon chez les professionnels, éliminant son compatriote canadien Vasek Pospisil.

Cette victoire de 5-7, 6-2, 6-4 et 6-3 aux dépens de Pospisil, âgé de 29 ans, qui disputait son premier match depuis son opération au dos en janvier, est aussi la première que Auger-Aliassime remporte en disputant un match de plus de trois manches.

Lors d’une journée où les jeunes vedettes Alexander Zverev et Stefanos Tsitsipas ont subi l’élimination dès le premier tour, franchir cette étape est déjà une victoire en soi pour Auger-Aliassime, 19e tête de série.

«Les premiers matchs de n’importe quel tournoi sont difficiles. Je pense qu’ils sont encore plus difficiles en grand chelem. Sur gazon, tout peut aller vite si on ne sert pas bien, qu’on ne retourne pas bien, a-t-il reconnu. Je pense que le truc pour moi était de l’accepter. OK, voici le problème : je suis peut-être nerveux, je ne sers pas aussi bien que je le voudrais, je l’accepte et je trouve le moyen de régler ce problème.»

Pospisil, de Vancouver, a demandé la présence du soigneur à deux reprises pour un problème à sa hanche droite.

«Étant donné que je n’avais pas joué depuis huit mois, j’ai bien frappé la balle. J’ai plutôt bien entrepris le match. Je pense qu’au fur et à mesure du match, mon niveau a légèrement baissé. Pour sa part, il a haussé le sien, a reconnu Pospisil. Vous devez être en pleine forme et jouer extrêmement bien pour venir à bout de Félix, peu importe les circonstances. Surtout lors d’un trois de cinq.»

Auger-Aliassime avait atteint les quarts de finale du tournoi junior à Wimbledon en 2016, à l’âge de 15 ans.

C’était sa dernière visite au All-England Club.

Malgré son inexpérience, plusieurs preneurs aux livres l’ont classé parmi les six favoris pour remporter le tournoi.

«Parfois, je peux comprendre l’engouement. En même temps, je n’y ai jamais pensé, a précisé Auger-Aliassime. Je pense que la chose importante à faire était d’obtenir ma première victoire. Et ensuite — évidemment, je ne dis pas que je suis ici pour perdre — si je peux aller jusqu’au bout, j’irai jusqu’au bout. Mais c’est un peu exagéré de me considérer comme un cinquième ou sixième favori pour remporter le titre. Je pense que c’est un peu fou, oui.»

Au tour de Corentin Moutet

Auger-Aliassime affrontera le Français Corentin Moutet, issue des qualifications, au deuxième tour.

Pospisil qui, en tant que membre du conseil des joueurs de l’ATP, a participé activement aux réunions du conseil d’administration ces derniers jours, poursuivra son tournoi en double.

Auger-Aliassime et lui se connaissent bien. Frédéric Fontang, l’un des deux entraîneurs d’Auger-Aliassime, a travaillé avec Pospisil pendant quatre ans.

Les deux joueurs se sont entraînés quelques jours avant le tirage au sort vendredi et avaient plaisanté en disant qu’ils pourraient s’affronter au premier tour.

«J’adore Félix. Je pense que son approche est très bonne. C’est le joueur le plus mature de son âge que j’ai vu. Il a tellement de potentiel, a analysé Pospisil.

«Physiquement, il est extrêmement fort. Il a une très bonne équipe autour de lui et une bonne approche, et je pense que son potentiel est illimité, a ajouté Pospisil. Au cours des deux prochaines années, nous verrons comment il va progresser, mais honnêtement, je pense qu’il pourrait faire des choses incroyables dans ce sport.»

Après cette confrontation toute canadienne, un autre compatriote était à l’œuvre sur le même court no 12 : l’Ontarien Milos Raonic, no 15.

Raonic, finaliste à Wimbledon en 2016, a éliminé l’Indien Prajnesh Gunneswaran 7-6 (1), 6-4, 6-2 et il a maintenant rendez-vous avec le Néerlandais Robin Haase.

«Cela a toujours été difficile pour moi ici de gagner le match de première ronde à Wimbledon, peu importe la qualité de mon jeu. Alors aujourd’hui, je pense avoir fait un meilleur travail en prenant l’avance et en me donnant un peu plus de marge de manœuvre», a révélé Raonic.

Les Ontariens Denis Shapovalov, no 29, et Brayden Schnur doivent disputer leur match de première ronde, mardi. Tout comme Eugenie Bouchard, la seule Canadienne inscrite au tableau féminin.

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VENUS WILLIAMS ÉLIMIÉE PAR CORI GAUFF...15 ANS!

LONDRES — La toute jeune sensation américaine, Cori Gauff, 15 ans et plus jeune joueuse à intégrer le tableau principal à Wimbledon, s’est qualifiée pour le deuxième tour en battant, lundi, la vétérane Venus Williams (44e mondiale), 39 ans, 6-4, 6-4.

«C’est peut-être la première fois que je pleure après avoir gagné un match. Je ne pensais pas que ça arriverait», a déclaré la jeune joueuse, 301e mondiale. Venus Williams avait déjà remporté deux de ses cinq trophées à Wimbledon lorsque Cori Gauff est née, en mars 2004.

La jeune joueuse, qui fait partie de la galaxie de l’académie Mouratoglou, a crânement joué sa chance face à son aînée. Solide du fond du court, elle s’est montrée plus régulière et surtout imperméable à la pression. Après avoir perdu à 4-4 son break d’avance au deuxième set, elle a réussi à résister au retour de la quintuple lauréate du All England Club. Il lui a fallu quatre balles de match pour empocher le plus grand résultat de sa jeune carrière.

«J’ai dû me dire de rester calme car je n’avais jamais joué sur un court aussi grand. Mais je me suis rappelé que si tout était plus grand, les lignes restaient les mêmes», a-t-elle expliqué.

Elle a également rendu hommage à Venus Williams, une joueuse sans qui elle «ne [serait] pas là». «Je l’avais déjà vue avant mais, cette fois, j’ai eu le cran de lui dire. Je vis mon rêve maintenant, je suis ravie que Wimbledon m’ait donné l’opportunité de jouer», a-t-elle ajouté. Elle affrontera au prochain tour la Slovaque Magdalena Rybarikova, 139e mondiale, demi-finaliste à Londres en 2017. La Presse canadienne