Martin Saint-Louis a remporté la coupe Stanley à une reprise, à Tampa, en 2004.

Et si 2018 était l’année des Martin ?

CHRONIQUE / Danielle Goyette, Paul Kariya et Teemu Selanne ont officiellement fait leur entrée au Temple de la renommée du hockey, lundi. Ça veut maintenant dire qu’on peut se tourner vers l’avenir et penser à ceux qui les suivront.

Surtout que la cohorte de l’automne 2018 pourrait avoir une forte saveur québécoise.

Ça pourrait être l’année des Martin !

Martin Brodeur, qui en sera à sa toute première année d’éligibilité, est pratiquement assuré de recevoir l’appel du comité de sélection.

En plus de figurer parmi les athlètes les plus généreux et les plus affables de sa génération, l’ancien gardien trône tout simplement au sommet de son sport.

On disait de lui qu’il était un peu chanceux de s’approprier le record du plus grand nombre de victoires en carrière, en 2009. Il avait alors disputé quatre saisons à l’ère des tirs de barrage, dans lequel les matches nuls n’existaient plus.

Il a poursuivi sa carrière pendant cinq années et quelques mois. Quand il a choisi d’accrocher ses jambières, au tout début de l’hiver 2015, il avait 691 victoires à son actif. Il comptait alors 140 victoires de plus que le détenteur du deuxième rang, Patrick Roy.

Brodeur a également pris sa retraite en se disant que ses records pour le plus grand nombre de matches joués (1266) et pour le nombre de blanchissages (125) seront extrêmement difficiles à battre.

Il a également remporté la coupe Stanley à trois reprises devant le filet des Devils du New Jersey, entre 1995 et 2003.

Il pourrait donc rejoindre trois membres de la dynastie – Scott Niedermayer, Scott Stevens et Lou Lamoriello – au Temple.

« C’est spécial de voir à quel point les gars sont emballés quand ils reçoivent enfin l’appel », a récemment confié Brodeur, dans une entrevue publiée dans les pages du Toronto Sun.

« Je ne peux pas vraiment dire que je rêvais à ça quand j’étais plus jeune, mais je serai très content si ça m’arrive », a-t-il précisé.

L’autre Martin qui sera éligible n’a pas appartenu à une dynastie.

Martin Saint-Louis a néanmoins remporté la coupe Stanley à une reprise, à Tampa, en 2004.

Cette année-là, il a également remporté les trophées Hart, Art-Ross et Lester B. Pearson.

Il a remporté un deuxième titre des marqueurs, neuf ans plus tard, au terme d’une saison écourtée par un lock-out.

Entre les deux saisons, il a remporté le trophée Lady-Byng à trois reprises. Il passait rarement plus de 20 minutes au banc des pénalités par saison.

Il en sera également à sa deuxième année d’éligibilité.

Il fait également partie des favoris.

Jean-Sébastien Giguère demeure un jeune retraité. Il s’est faufilé de justesse parmi les 50 gardiens qui ont remporté le plus de matches en carrière. Il s’est surtout illustré dans les séries éliminatoires, durant ses meilleures années chez les Ducks d’Anaheim. Il a soulevé la coupe en 2007 et le trophée Conn-Smythe en 2003.

Kevin Lowe attend son tour depuis bien plus longtemps. Il était un membre important de la dynastie des Oilers d’Edmonton dans les années 1980, mais en tant que défenseur à caractère défensif, ses statistiques n’ont jamais été renversantes.

Bryan Murray se présente aussi comme un candidat intéressant chez les bâtisseurs.

« Peu de gens ont réussi à travailler dans cette ligue pendant quatre décennies », notait un autre membre du Temple de la renommée, Denis Potvin.

L’appel du Temple arriverait un peu tard. « Souvent, les bâtisseurs sont intronisés après leur retraite. Bryan a travaillé jusqu’à la toute fin », note Potvin.

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Turris

Il a surtout été question de Matt Duchene au cours de la dernière semaine. Quand un membre de l’équipe olympique canadienne se joint à un club canadien de la LNH, la presse s’emballe. Certains reporters ont presque oublié qu’un autre centre de talent, Kyle Turris, a quitté les Sénateurs dans la plus grosse transaction à secouer la LNH en 2017. Turris a choisi de faire ses adieux à Ottawa en rédigeant une très longue lettre aux partisans. La longueur de la missive surprend, d’ailleurs, étant donné qu’il n’était pas particulièrement bavard avec la presse. Il a fait quelque chose que peu de joueurs font. Avant de remercier ses coéquipiers et les dirigeants des Sénateurs, il a pris le temps de nommer des tas de résidants du secteur Westboro avec lesquels il avait tissé des liens. Turris n’a pas raté sa rentrée avec les Predators. Il a marqué un but à son premier match en jaune et bleu.

2. Gaudreau

Le duo dynamique du Lightning de Tampa Bay est en train de se sauver. Si rien ne change, la course au trophée Art-Ross se fera entre Nikita Kucherov et Steven Stamkos. Un petit groupe d’attaquants suit, à une certaine distance. Dans le groupe, on est un peu surpris de retrouver Johnny Gaudreau. Le jeune attaquant a inscrit 22 points à ses 16 premiers matches de la saison. Il devait être gonflé de confiance lorsqu’il a sauté sur la patinoire pour affronter les Blues de Saint-Louis, lundi soir. Il avait quand même récolté 10 points à ses six sorties précédentes. À pareille date, l’an dernier, Gaudreau se cherchait. Après avoir signé un lucratif contrat de 40,5 millions $ US, il se trouve au cœur du prometteur début de saison des Flames de Calgary. « Il a enfin recommencé à jouer », dit l’entraîneur Glen Gulutzan. Ce dernier pense que la pression entourant les négociations l’a affecté.

3. Lundqvist

Montrez-moi une équipe qui connaît du succès, je vous montrerai un gardien qui arrête fréquemment la rondelle. L’éternel Henrik Lundqvist a signé six victoires à ses sept derniers matches. Ça n’a pas toujours été facile. Au début de sa grosse séquence, il a connu trois matches où il a encaissé quatre buts. Il a quand même trouvé le moyen d’effectuer de gros arrêts quand c’était le temps. Plus le temps passe, plus le King semble retrouver sa superbe. Ce week-end, il a bloqué 27 des 29 tirs des Oilers d’Edmonton. « En tant que joueurs de hockey, notre travail consiste à trouver des façons de nous améliorer. C’est ce que nous faisons depuis un certain temps. Depuis une semaine et demie, j’ai l’impression que nous avons emprunté le bon chemin », a-t-il dit au New York Post. Toutes ces victoires des Rangers permettent à l’entraîneur Alain Vigneault de respirer plus à l’aise.