Erik Karlsson (gauche) a récolté trois mentions d’assistance pour un deuxième match consécutif samedi dans la victoire contre les Maple Leafs.

«Erik Karlsson, c’est Erik Karlsson»

La perte de Bobby Ryan risque de faire mal aux Sénateurs, mais la bonne nouvelle qui compense amplement, c’est qu’Erik Karlsson a repris son rythme de croisière.

Le capitaine des Sénateurs a récolté trois mentions d’assistance pour un deuxième match consécutif samedi dans la victoire contre les Maple Leafs, incluant une spectaculaire qui l’a vu utiliser la bande pour rejoindre Ryan de sa zone à la ligne bleue adverse, ce qui a préparé le premier but du match de Derick Brassard.

« Je ne sais pas ce qu’il va dire concernant comment il se sent avec ses jambes ou son timing, mais Erik Karlsson, c’est Erik Karlsson. Même s’il était à 85 %, il serait meilleur que tout le monde. C’est ça que c’est, c’est ce qu’on a », a noté l’entraîneur-chef Guy Boucher après la rencontre de samedi.

Avec ses six passes en trois parties, Karlsson a déjà repris le premier rang des compteurs parmi les défenseurs de son club, avec un point de plus que Chris Wideman (trois buts, deux passes) et il occupait déjà le 21e rang chez les défenseurs de la LNH (avant les parties de dimanche), pas très loin du premier rang occupé par Alex Pietrangelo, des Blues de St. Louis, avec ses 11 points, dont 3 buts.

Revenu de son opération à la cheville gauche mardi dernier lors du revers de 3-0 contre les Canucks de Vancouver, Karlsson a déjà l’air parfaitement à l’aise alors qu’il a joué 24:17 minutes contre les Leafs samedi. « Il est capable de faire des jeux incroyables sur la glace. De revenir comme ça et de jouer aussi bien, si rapidement, c’est du bon travail de sa part », a commenté son compatriote des Leafs William Nylander, admiratif en entrevue avec les médias torontois samedi soir.

Le principal intéressé était pour sa part plus intéressé à parler du jeu de son équipe, qui a encore une fois laissé à désirer en troisième période. « Nous avons eu le même problème au début de la saison dernière et nous avons travaillé fort pour le régler, il va falloir le faire à nouveau. Nous avons un bon club de troisième tiers, mais on a encore du travail à faire. Nous allons devoir le réaliser et on va le faire. On a trouvé un moyen de réagir quand ils ont tenté leur remontée cette fois », a noté Karlsson.

Les Sénateurs avaient échappé des avances de deux buts en troisième période lors de deux de leurs quatre premiers revers à domicile, contre Washington et le New Jersey.

« Nos deux premières périodes ont été vraiment bonnes, c’est comme ça qu’on veut jouer tout le temps. C’est un processus, il est encore tôt dans la saison », a ajouté Karlsson, qui a joué avec son compatriote Johnny Oduya la plupart du temps contre les Leafs.

Un temps d’arrêt opportun

Guy Boucher a fait l’objet de critiques pour son choix de joueurs en prolongation jeudi dernier dans un revers contre les Devils du New Jersey, mais il est revenu dans les bonnes grâces de ses détracteurs samedi en utilisant son temps d’arrêt au bon moment.

Ses Sénateurs venaient de voir les Maple Leafs compter deux buts en l’espace de 2:34 minutes, dont un spectaculaire d’Auston Matthews, pour réduire l’avance de 3-0 des locaux à un seul but. Au retour de la courte pause, Mark Stone a bien fait paraître son patron en comptant sept secondes plus tard, ce qui est un nouveau record d’équipe pour la réplique la plus rapide à un but de l’adversaire. 

« J’essayais de l’encourager à ne pas le prendre parce que notre ligne se sentait bien. Mais ça a bien fonctionné, ça a calmé les gars. Nous avons réalisé que nous étions encore dans une bonne situation et on est allé chercher un gros but », a dit Stone, qui a soutiré le disque à Nikita Zaitsev pour aller marquer en saisissant son propre retour de lancer arrêté à l’origine par Frederik Andersen.

« C’est pour ça qu’il y a un coach, a blagué Boucher. Vous avez tendance à écouter les joueurs, mais je pensais que le moment était bien choisi. Ce n’était pas autant ce que j’allais dire que de reposer les gars. Calmer le jeu est une chose, mais à ce moment-là, on roulait avec trois trios et ça a donné le temps à nos gars de respirer. Parfois, ça fait toute la différence. Parfois, vos décisions fonctionnent. D’autres fois, non. Ce sont les joueurs qui ont tout fait, moi, je n’ai que demandé un temps d’arrêt. J’ai l’air d’un génie alors que je pourrai avoir l’air d’un idiot un autre jour. »

L’ancien record d’un but compté rapidement après un but de l’adversaire était de 10 secondes, exploit réalisé à trois reprises, la dernière remontant à un match contre la Caroline le 25 janvier 2014 sur un but de Mika Zibanejad.

Stone a souligné ce but important avec une célébration émotive, comme c’est son habitude. Boucher n’a pas été surpris de le voir produire de la sorte à un moment important.

« Mark a déjà eu des matches un peu fous comme ça avant. Ce que j’aime de lui, c’est son caractère. Les gens disent qu’il a du flair pour marquer de gros buts, mais c’est plus que ça. Il refuse de perdre. Il fait tout pour nous, comme il le faisait l’an passé », a-t-il noté.

« Le but de Mark a été le point tournant de ce match, il n’y a pas de doute », a souligné le gardien Craig Anderson.

Celui-ci a cependant réalisé deux arrêts importants par la suite, un de la jambière aux dépens de Tyler Bozak qui avait une cage béante devant lui, et l’autre du bloqueur contre Mitch Marner après une gaffe de Johnny Oduya, qui avait échappé la rondelle en plein dans l’enclave.

« Je n’ai pas pensé, j’espérais qu’il (Marner) rate son tir et on a été un peu chanceux là-dessus. Je devais un gros arrêt aux gars après le deuxième but », a dit Anderson, en parlant du but de Matthews qui lui est passé entre les jambières.