Le skieur retraité, Erik Guay, était de passage à Gatineau à l’occasion du festival Bal de neige.

Erik Guay visite Bal de neige

Erik Guay aurait pu étirer sa carrière et obtenir l’occasion de défendre son titre en super-G aux championnats du monde qui se déroulent depuis quatre jours en Suède. Mais le skieur alpin canadien le plus couronné de l’histoire ne regrette pas sa décision de prendre sa retraite, il y a déjà deux mois et demi.

« Pas trop trop », a précisé Guay de passage, jeudi matin, au parc Jacques-Cartier, à Gatineau. Son sourire en disait long en marge d’une activité du Bal de neige auquel il était l’invité d’honneur.

« Je regarde encore les courses. Il y a des moments durant lesquels je me dis que ce serait le fun de skier à nouveau. Mais en même temps, je vois tout ce qui vient avec ça, dont tout le temps passé en Europe. Je me dis que je suis bien chez moi, surtout quand je vois ces chutes... ces blessures. »

Guay pensait à la vedette américaine Lindsey Vonn.

« Qui se plante et ne semble plus confiante. Elle est shaky en ce moment sur ses skis », a-t-il analysé.

Il y a son ancienne coéquipière au sein de l’équipe canadienne, Valérie Grenier, qui a subi une triple fracture à la jambe droite à l’entraînement mercredi. L’athlète franco-ontarienne de St-Isidore connaissait cet hiver ses meilleurs moments en carrière en Coupe du monde.

Guay avait une pensée aussi pour son ancien rival Aksel Lund Svindal, qui va mettre un terme à sa carrière au printemps.

« Depuis qu’il a annoncé sa retraite, on dirait que la tête n’est plus là... Je pense qu’il y a beaucoup de coureurs en ce moment qui sont là (aux Mondiaux) pour se convaincre. »

Ça lui confirme que son choix de mettre un terme à sa carrière lors de la Coupe du monde de Lake Louise en novembre a été la bonne. Le cœur et le goût du risque n’y étaient plus après avoir vu deux de ses coéquipiers se blesser sérieusement.

Erik Guay adore ce nouveau chapitre de sa vie passé aux côtés de sa conjointe et ses quatre filles âgées d’un à dix ans. « Être juste papa... C’est du sport », a-t-il lancé en riant.

« Ça demande du temps, énergie et patience. La moitié de mon temps est passé à jouer au taxi. Je les transporte à leurs cours de ski, gymnastique et danse. Je passe mon temps à faire des lunchs ! »

Ce dernier dit « plancher sur plusieurs projets », dont un en lien avec le ski. Il donne aussi un coup de main au club de ski alpin de Mont-Tremblant.

Jeudi, Guay a fait la promotion de l’Expérience Maneige au Domaine des flocons, à Bal de neige. Il s’agit d’une activité d’initiation au ski et la planche à neige réservée aux enfants âgés de cinq à huit ans.

L’ancien double champion du monde a effectué quelques glisses avec des écoliers sur place qui ignoraient la feuille de route de leur entraîneur du moment.

Guay aura pris le départ de 230 courses en Coupe du monde, montant sur le podium à 25 reprises. Il compte cinq victoires.

C’est sans oublier ses deux titres de champion du monde. D’abord en 2011 en descente puis en super-G en 2017 à l’âge de 35 ans. Il avait aussi récolté l’argent en descente, il y a deux ans, à Saint-Moritz.

Cette interaction avec les jeunes gatinois lui a rappelé ses débuts sur skis à l’âge de 18 mois.

« C’est ma mère qui m’enseignait. Elle est encore aujourd’hui monitrice. J’ai été chanceux. Ce sport m’a permis de voyager un peu partout, de la Norvège au Chili, de la Nouvelle-Zélande au Japon. »

À quel point s’amuse-t-il à sa retraite ?

« Je peux aller skier avec mon père de 78 ans et ma fille de quatre ans. Il y a peu de sports que trois générations peuvent pratiquer en même temps. Je tripe. »