Éric Kibi est né au Canada et a grandi en jouant sur un terrain de basket non loin du parc Terry-Fox.

Éric Kibi: un champion d’Afrique qui a grandi à Orléans

Un joueur de basket-ball franco-ontarien d’Orléans a aidé le pays natal de ses parents à signer une victoire historique, samedi, au Mali.

Éric Kibi était l’un des cinq partants pour les Léopards de la République démocratique du Congo qui ont remporté la Coupe d’Afrique. 

L’équipe nationale avait toujours été absente du podium auparavant à des championnats continentaux.

À quel point s’agit-il d’un exploit majeur ? 

« On nous dit qu’il y a des gens qui nous attendent à l’aéroport depuis six heures ce matin », a relaté Kibi au bout du fil.

L’ailier de 6’6’’ et 221 livres se trouvait alors à un aéroport au Togo avec ses coéquipiers. 

Ils attendaient leur vol vers Kinshasa, capitale du Congo. 

L’horloge indiquait déjà 13 h.

« Tout le monde est content dans le pays. J’ai reçu déjà plusieurs mots de félicitations. Nous allons même rencontrer le président du Congo mardi. Ça va être cool. Cette Coupe d’Afrique va amener de la joie à un pays qui vit des moments difficiles. Ça va faire beaucoup de bien. »

Kibi est né au Canada. 

Ses parents avaient immigré au Canada en 1984 afin de poursuivre leurs études.

Son enfance et son adolescence, il les a passées sur un terrain de basket, non loin du parc Terry-Fox d’Orléans. 

Il a évolué dans la NCAA à Little Rock avant de passer dans les rangs pros en Europe, il y a six ans et demi.

Ce dernier possède la double citoyenneté, ce qui lui a permis de porter les couleurs des Léopards depuis trois ans lors de matches internationaux. 

Il a passé les deux derniers mois à Kinshasa, voyant de ses propres yeux la pauvreté qui afflige le pays.

« Comme un peu partout en Afrique », a-t-il noté.

Ajoutez à cela que la ministre de la Santé du Congo a dû démentir des rumeurs au sujet de la présence du virus Ebola dans la capitale.

Kibi, qui fêtera ses 29 ans à la fin de la semaine, se plaît chez les Léopards. 

« Je me sens plus Congolais que Canadien. Nous sommes cinq à six gars qui jouent ensemble depuis quelques années », a-t-il noté.

Ses coéquipiers et lui étaient parmi les négligés du tournoi. En finale, ils ont battu le Kenya par la marque de 82-61.

Kibi a marqué en moyenne 6,3 points par match tout en récoltant surtout 7,5 rebonds par partie.

Le Congo ne met pas seulement la main sur un gros trophée pesant pour souligner sa victoire. Il a fait un pas de plus vers une participation aux Jeux olympiques en 2020 à Tokyo.

Cette conquête fera du bien aussi à Eric Kibi, qui a connu une saison difficile en 2018-2019 dans les rangs pros. Une saison qui a duré huit matches en France, puis seulement deux en Slovaquie avant de prendre fin chez l’Al-Mina’a en Iraq.

« J’ai connu un très bon tournoi. Ce n’est pas terminé. Plus tard cette semaine, nous allons nous rendre en Espagne pour jouer contre l’Espagne qui se prépare en vue de la Coupe du monde. »

Après, ce sera l’heure des choix pour lui.

« Je vais décider pour quel club je vais jouer la saison prochaine. J’ai quelques options en France, en Pologne, en Argentine et même en Suède. Je voulais prendre mon temps et me concentrer sur l’équipe nationale avant de choisir. »

En attendant dans les prochaines heures, ce sera place à des célébrations à Kinshasa.