Antonin Verreault a pris la tête du classement des compteurs des recrues de la LHJMQ avec une récolte de cinq points en quatre matches. 
Antonin Verreault a pris la tête du classement des compteurs des recrues de la LHJMQ avec une récolte de cinq points en quatre matches. 

Entrée fracassante pour Verreault

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Il a marqué le but de la victoire en fusillade à Val-d’Or dès son premier match dans la LHJMQ.

Il a marqué son premier but officiel dans la 1000e victoire à domicile de l’histoire des Olympiques de Gatineau. Dans ce match d’ouverture locale, il a aussi préparé le but gagnant de Mathieu Bizier. Il a enchaîné avec une prestation de trois points dans le dernier match avant la pause des activités québécoises du circuit Courteau pour les deux prochaines semaines.

Deuxième choix du repêchage de la LHJMQ, Antonin Verreault a fait une entrée fracassante dans le circuit Courteau. À 16 ans, il a déjà un impact sur le rendement de son club. Rares sont les joueurs capables d’en dire autant au même âge. L’an dernier, Zach Dean a connu la meilleure saison d’un joueur de 16 ans dans toute l’histoire des Olympiques. Encore là, c’est à partir du mois de décembre qu’il a vraiment pu prendre son envol.

Verreault a déjà cinq points après quatre matches. Il a apporté beaucoup d’énergie aux Olympiques. Bombe sur patins et menace constante sur l’attaque massive, il a toujours la pédale au fond. Il est encore tôt, mais assurément, Verreault sera un joueur spectaculaire dans la LHJMQ. Seule une pandémie pouvait venir le freiner.

« Je trouve ça dommage d’arrêter. Notre équipe connaissait un bon début de saison avec trois victoires et une défaite. Gatineau a eu sa part de misères dans les dernières années. L’an passé, tout le monde s’est arrêté en mars. On pensait qu’on allait jouer cette saison, mais on est encore arrêté. C’est plate, mais avec l’équipe d’entraîneurs que nous avons, nous aurons de bonnes pratiques et nous serons prêts à repartir quand ça va être le temps », a raconté celui qui a été repêché juste après Tristan Luneau au dernier repêchage de la LHJMQ.

Les deux joueurs se sont affrontés au premier tour des séries de la Ligue midget AAA du Québec au printemps dernier. Les Vikings de Saint-Eustache de Verreault avaient eu raison des Estacades de Trois-Rivières de Luneau dans une série qui s’était rendue à la limite des cinq matches.

Dans le match ultime, Verreault a enfilé le but de la victoire et le but d’assurance. Les points, il va les empiler dans la LHJMQ.

À 16 ans, Antonin Verreault, a déjà un impact dans le rendement des Olympiques de Gatineau.

« Antonin va continuer à faire des points tant qu’il va travailler comme ça, explique son entraîneur-chef Louis Robitaille. Ce que j’aime de lui, c’est sa combativité. Il a un flair offensif incroyable. Ça se voit à l’œil. Il pourrait avoir encore plus de points, mais pour moi, c’est sa manière de jouer qui m’impressionne. »

Pas froid aux yeux

Antonin Verreault a beau mesurer 5’7’’, sur une patinoire, il se voit aussi grand que les autres.

« Je me fais souvent dire que je suis petit. C’est le seul temps que j’y pense. Je ne m’arrête jamais à ça. Je pense que ma taille joue à mon avantage. Les gros joueurs pensent que je vais les laisser aller, mais je fonce sur eux et souvent, j’arrive à leur enlever la rondelle. »

D’ailleurs, Verreault vient d’être choisi dans l’équipe d’étoiles de la semaine de la LHJMQ aux côtés de Xavier Simoneau, meilleur compteur du circuit avec 10 points en quatre matches. Les deux joueurs font 5’7’’.

Mercredi, malgré ses 16 ans, il a été le premier choix de l’équipe du vétéran Kyle Havlena dans un tournoi à trois contre trois organisé par l’équipe des entraîneurs des Olympiques. Vous aurez deviné que son équipe a gagné. Après deux semaines dans la LHJMQ, son niveau de confiance est déjà élevé.

« Je ne m’attendais pas à un début de saison comme ça. Ça n’a pas toujours été facile au camp. J’ai eu des journées où c’était dur, mais j’ai vu que j’étais capable de compétitionner avec des gars plus gros. J’ai déjà trouvé des trucs pour me sortir d’impasse dans les coins de patinoire. Le coach m’a fait confiance en me faisant jouer dans le premier trio avec Manix Landry et Mathieu Bizier dès le premier match. Il fallait que je saisisse cette chance. Je n’ai pas récolté de point à Val-d’Or, mais je sentais que j’avais bien joué. Les points sont venus le week-end dernier. »

Un jour, les portes s’ouvriront aux partisans de la LHJMQ et Verreault deviendra rapidement un nom connu à travers les 18 amphithéâtres de la ligue.

Une légende dans le « Nord »

Alexandre Gagné a appris à connaître Antonin Verreault quand l’équipe de son fils se frottait à celle de la « fusée sur patins » au niveau novice.

« C’était l’époque où Antonin et ses Concordes de Mirabel venaient nous sacrer des volées à St-Jérôme ! C’était carrément ça. »

Alexandre Gagné entraîne des équipes depuis toujours dans les Laurentides. Jamais il n’a rencontré un phénomène comme Antonin Verreault, qu’il a aussi dirigé au niveau pee-wee AAA et bantam AAA.

« Dans le Nord, Jonathan Drouin est une légende, mais au niveau novice, Antonin a été meilleur que Jo. Il a marqué 140 buts en 45 matches ! C’est une machine ! Nous n’avons jamais vu ça. C’est un joueur spécial. »


« Antonin a une chose en tête et c’est d’être le meilleur. »
Alexandre Gagné

Deux années de suite, au niveau atome, Verreault a guidé ses équipes vers la finale de la Coupe Dodge. Il a connu des succès instantanés à sa première année pee-wee AAA, bantam AAA et midget AAA.

« Chaque fois, les gens pensaient qu’il allait frapper un mur parce qu’il était trop petit, mais Antonin a une chose en tête et c’est d’être le meilleur. Bantam AAA, c’était le roi des comebacks. On perdait 4-1 après deux périodes. Je n’étais même pas inquiet. On se disait que Rocky gagnait toujours au 15e round ! Antonin se levait dans la chambre, motivait les joueurs et 90% du temps, il marquait le but gagnant. Nous avons dû combler des déficits de deux buts au moins 11 fois durant l’année ! »

Pour illustrer l’obsession de Verreault à devenir le meilleur, Gagné a de nombreux exemples, dont un qui s’est passé dans sa propre cuisine.

« Il avait téléphoné avant de venir souper à la maison. Il voulait savoir ce qu’on mangeait afin de s’assurer que son mets allait être équilibré parce qu’il calcule toutes les protéines et les légumes dont il a besoin. Après le souper, les gars avaient du plaisir à jaser autour de l’îlot. Tout d’un coup, Antonin s’est mis à faire des push-up ! Je lui ai demandé ce qu’il faisait là ! Il a répondu qu’il avait cinq minutes libres en écoutant les histoires de ses chums. Pourquoi pas en profiter pour faire des push-up ? C’est ça Antonin. Pour nous, ça ne nous surprend même plus ! »

Encore cette année, Alexandre Gagné dirige une équipe midget espoir et une équipe atome AA. Quand il pense à Antonin, il sourit.

« Je ne pense pas revoir un phénomène comme ça dans ma vie. Quand j’étais jeune, je jouais contre Martin St-Louis, un petit joueur qui a connu une glorieuse carrière. Ce sont deux joueurs différents, mais qui ont la même détermination et la même façon de penser. Antonin va jouer au hockey longtemps. »