« Ça fait du bien d’enlever le gorille qui était sur mon dos », a reconnu Matt Duchene après avoir marqué son premier but dans l’uniforme des Sénateurs, samedi lors de la visite des Islanders de New York.

Enfin un petit but pour Duchene

La traversée du désert est terminée pour Matt Duchene, mais pas pour son nouveau club.

À son huitième match dans l’uniforme des Sénateurs d’Ottawa, Duchene a obtenu son premier point, un but en fin de rencontre qui a redonné espoir aux siens mais qui ne s’est finalement pas avéré suffisant dans une sixième défaite de suite, 2-1 aux mains des Islanders de New York samedi soir au Centre Canadian Tire.

Avec une minute à faire dans le match, le centre acquis de l’Avalanche du Colorado le 5 novembre dernier a offert une belle chance de marquer à Derick Brassard devant le filet, sauf que le gardien des Islanders Jaroslav Halak a frustré le Gatinois pour la neuvième fois de la rencontre.

« Ça fait du bien d’enlever le gorille qui était sur mom dos, mais ce n’est quand même pas une bonne sensation parce qu’on n’a pas obtenu le résultat qu’on recherchait. On vient de s’en parler dans le vestiaire, on a joué un excellent match, bien meilleur que nos trois derniers sur la route. On méritait mieux, comme contre l’Arizona (samedi dernier), on fait tout comme il faut sauf compter », a souligné Duchene, qui a marqué en saisissant le retour après des tirs successifs de ses nouveaux compagnons de trio, Mark Stone et Mike Hoffman.

C’était un but en avantage numérique par surcroît, mettant fin à une disette de 0 en 22 de l’attaque à cinq au cours de cette série de revers, la plus longue du club depuis mars 2014. L’entraîneur-chef Guy Boucher était tout aussi encouragé par la tenue de cette unité qu’il l’avait été après le revers de 5-2 à Columbus vendredi soir.

« L’avantage numérique aurait pu avoir deux ou trois buts ce soir, la rondelle circulait très bien. Il en a finalement obtenu un, et c’est positif que Duchene ait obtenu quelque chose. Sa ligne a été bonne, celle de Brassard également. Notre gardien a été bon... C’est dur de regarder ça et voir qu’on a perdu ce match, on méritait mieux. L’effort est là et les gars se tiennent. Il faut continuer parce que nous sommes là », analysait Boucher, qui a remanié ses trios avec le retour au jeu de l’ailier gauche Zack Smith, remis d’une dislocation à un pouce. Il a pris place aux côtés de Derick Brassard et Bobby Ryan.

Les Sénateurs ont une fiche de 2-5-1 depuis l’échange à trois clubs qui a amené Duchene dans la capitale et envoyé Kyle Turris à Nashville, notamment. Duchene est cependant convaincu que ce n’est pas représentatif de la qualité de l’équipe.

« La saison est encore jeune, les gars ici ont fait du bon travail pour nous placer dans la position où nous sommes. Il n’y a pas un club dans cette ligue qui se rend où il veut aller sans traverser de l’adversité. Ça bâtit le caractère et il n’y a que deux directions où on peut aller, s’améliorer ou s’améliorer... On ne peut plus rien faire pour le passé, il faut prendre ce qu’on bien fait et aller de l’avant. Avec l’équipe qu’on a ici, perdre autant de matches de suite est inacceptable, ce n’est pas assez bon. Il y a des matches où on ne s’est pas présenté, et on a perdu ces matches pour cette raison. Cette équipe est trop bonne pour continuer à perdre comme ça », estime Duchene.

Compter ce but devrait enlever une énorme pression des épaules du nouveau numéro 95, pression qui reste encore sur celles de vétérans comme Ryan et Smith, qui n’ont toujours pas compté un seul but cette saison, en 14 et 13 matches, respectivement.

« J’étais content de mon jeu et de ce que j’apportais à l’équipe, c’était presque comique de voir à quel point les bonds n’allaient pas de mon bord. C’est comme ça, j’ai déjà traversé de telles périodes. Tout ce que tu peux faire, c’est venir à l’aréna avec un sourire accroché au visage et travailler fort sur les choses qui t’ont permis de connaître du succès, puis la loi de la moyenne va prendre le dessus. Si tu changes quelque chose, là, tu vas continuer à faillir à la tâche. Notre ligne a obtenu de bonnes chances et on aurait pu en marquer quelques-uns de plus, c’est certain », a ajouté Matt Duchene.

KARLSSON EN ARRACHE, LES SÉNATEURS AUSSI

Ainsi va Erik Karlsson, ainsi vont les Sénateurs.

Ça peut paraître simpliste comme affirmation dans un sport d’équipe, mais le capitaine des Sénateurs et éternel candidat au trophée Norris ne joue pas à la hauteur de son talent depuis son passage dans sa patrie.

Auteur de quatre passes lors des deux matches à Stockholm, portant sa récolte à un but et 16 passes, le Suédois a été blanchi lors des six défaites des siens depuis, et il a terminé chacune de ces rencontres avec un différentiel négatif. Il a un cumulatif de moins-9 pour ces six matches.

La frustration du 65 a été bien évidente à la fin de la défaite de 2-1 contre les Islanders samedi, quand il a fracassé son bâton contre la bande en rentrant au banc des siens.

«Bien jouer n’est pas suffisant pour nous, il faut trouver un moyen de gagner un match, pour ensuite bâtir là-dessus et repartir dans le bon sens parce que ça ne va pas comme on le veut présentement. On sait tous qu’on a un bon club ici, on n’exécute juste pas assez bien présentement», a déclaré Karlsson après coup, lors d’un bref point de presse.

«Il faut rester positif, que ça aille bien ou moins bien. Il faut rester neutre, c’est ce qu’on essaie de faire à travers ceci. On croit en nous, on va s’en sortir, c’est juste une question de savoir quand... Ce n’est jamais plaisant de perdre. On doit payer le prix un peu plus, je trouve qu’on joue un peu trop vers l’extérieur. Sur le jeu de puissance, on doit mieux choisir quand lancer et quand passer, on doit produire plus», a ajouté l’arrière qui a raté les cinq premiers matches de la saison et le camp d’entraînement après une opération à la cheville l’été dernier.

La série de revers des Sénateurs survient à un bien mauvais moment, alors qu’ils s’apprêtent à quitter la capitale pour deux semaines, laissant le CCT aux essais olympiques de curling. Ils joueront sept parties en 15 jours à compter de mercredi à Montréal, après quoi ils se rendront à Brooklyn, Winnipeg, en Californie et à Buffalo.

Fidèle à sa philosophie voulant que «le repos est une arme», Guy Boucher a donné congé à ses joueurs dimanche ainsi que lundi, sauf pour Thomas Chabot et Nick Paul, qui ont été retournés au club-école de Belleville pour jouer dimanche après leur retranchement de samedi soir.

«Il faut que les joueurs se libèrent l’esprit pour vivre le moment présent, a expliqué l’entraîneur-chef tard samedi. Nous avons prévu cette pause depuis longtemps. Nous sommes revenus d’Europe et on est reparti tout de suite pour jouer des trois parties en quatre soirs, avec des back to back. C’est le moment (pour du repos), si on ne le prend pas maintenant, il ne reviendra pas. On part pour deux semaines, on a besoin de repos et les gars sont des humains avec des familles. On savait que le calendrier était difficile cette année et on le voit maintenant, donc nous devons être intelligents.»

Les Sénateurs tiendront leur entraînement de mardi à l’Aréna CIH de Rockland, en route vers Montréal.