Les coureurs de Jumbo-Visma ont été les seuls à dépasser les 57 km/h de moyenne sur le rapide parcours de 27,6 km du contre-la-montre dans la deuxième étape. Mike Teunissen a donc conservé le maillot jaune.

Encore Jumbo au Tour de France!

BRUXELLES — Moins d’une minute, c’est la fourchette qui a séparé la quasi-totalité des favoris du Tour de France dans le contre-la-montre par équipes gagné dimanche à Bruxelles par la formation Jumbo du maillot jaune, le Néerlandais Mike Teunissen.

Les écarts ont été encore plus resserrés qu’à l’habitude (sept équipes en 12 secondes)... derrière les «jaune et noir» de Jumbo, les seuls à dépasser les 57 km/h de moyenne sur le rapide parcours de 27,6 kilomètres empruntant les grandes avenues de Bruxelles.

Partis en premier, les Ineos du Gallois Geraint Thomas et du Colombien Egan Bernal ont détenu le meilleur temps jusqu’à la dernière formation en lice. Ils se sont inclinés finalement de 20 secondes. Une de moins que les Deceuninck de Julian Alaphilippe.

«On voulait essayer de gagner», a reconnu Thomas, le vainqueur sortant. Mais son équipe [anciennement Sky], qui domine le Tour depuis le début de la décennie, n’a toujours pas gagné l’exercice collectif. Chaque fois (2011, 2013, 2015, 2018), la formation britannique s’est placée en revanche sur le podium.

Kruijswijk pour bénéficiaire

Bruxelles n’a pas dérogé à la règle. Deux de ses coureurs (Rowe et, plus étonnant, Poels) se sont relevés avant les derniers kilomètres, mais Bernal est apparu très à l’aise. «Je me suis senti vraiment bien dans ce chrono, mieux que l’an dernier. Je peux être satisfait», a souri le grand espoir colombien.

Parmi les grimpeurs, le principal bénéficiaire a pour nom Steven Kruijswijk, cinquième du Tour l’an passé. Le Néerlandais, un sérieux outsider, dispose désormais d’un bonus de 20 secondes sur Thomas et Bernal.

Derrière lui, les écarts sont étroits entre les candidats au classement général. Le moins bien loti, le Français Romain Bardet, a lâché moins d’une minute sur Thomas et Bernal, un débours moindre que l’an passé, même si ses AG2R La Mondiale n’ont pris que la 19e place de l’étape.

En revanche, l’équipe de l’autre prétendant français au podium, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), a réussi une performance de haut niveau, à une douzaine de secondes de la référence britannique.

«J’avais dit qu’on avait l’une des meilleures équipes, s’est félicité Pinot. Dans un chrono, c’est l’homogénéité qui compte le plus. On a travaillé le chrono, on a bien bossé. On savait qu’on était capables de réaliser une belle perf.»

L’équipe Astana de Jakob Fuglsang, qui n’a pas semblé au mieux pendant la course au lendemain de sa chute («j’ai pu pédaler sans trop de douleurs», a commenté toutefois le Danois), s’est située à 20 secondes d’Ineos. À peine moins bien que la Bahrain de l’Italien Vincenzo Nibali (16 secondes).

Des grandes formations, c’est la Movistar (17e) du Colombien Nairo Quintana qui a réalisé la moins bonne opération, en cédant 45 secondes à l’équipe britannique. La 17e place du groupe espagnol est son pire résultat depuis 2011 (19e).

Un moment de gloire pour Teunissen

Lundi, les puncheurs ont un terrain à leur convenance dans la troisième étape. Les 215 kilomètres reliant Binche (Belgique) à Epernay se concluent par une succession de montagnes russes et un final en montée (500 m à 8 %).

Teunissen court-il le risque de perdre le maillot jaune? Le Néerlandais s’est montré franchement optimiste d’autant, a-t-il dit, qu’il avait des ambitions sur cette étape, dès «avant le départ» du Tour.

L’équipe Jumbo a toutes les chances de garder le maillot qui fête cette année son centenaire. Derrière Teunissen, c’est le néophyte Wout Van Aert (24 ans) qui occupe la deuxième place du classement général, à 10 secondes. Et l’ancien triple champion du monde de cyclo-cross est l’un des tout meilleurs puncheurs du peloton du Tour.

«On est deux des favoris de l’étape, estime d’ailleurs Teunissen. On a montré notre niveau ces deux derniers jours. Je connais bien Wout, on s’entend bien. J’espère que l’un de nous deux fera un bon résultat. Peut-être les deux... En tout cas, ces deux jours resteront formidables.»

Pour le Tour, l’arrivée en France marque la sortie de Belgique et la fin d’une entame qui a permis d’honorer Eddy Merckx. Une fois encore, le «Cannibale» a été salué de toutes parts. Un nouveau moment de gloire partagé sur le podium avec Teunissen.

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«BON EFFORT», ÉVALUE HOULE

Astana a stoppé le chrono à 29 min 38 s, soit un retard de 41 secondes sur les meneurs de l’étape, Jumbo-Visma.

Au lendemain de la chute du meneur de la formation d’Hugo Houle, le Danois Jakob Fuglsang, Astana a réussi à décrocher la 10e place du contre-la-montre par équipe présenté à Bruxelles, lors de la deuxième étape du Tour de France, dimanche.

Astana a stoppé le chrono à 29 min 38 s, soit un retard de 41 secondes sur Jumbo-Visma. «Nous avons fait un bon effort, malgré quelques erreurs à droite et à gauche. J’ai fait ce que je devais faire et je suis satisfait, a dit Houle. Les écarts ne sont pas si élevés. Il y a juste INEOS, qui a pris un peu de temps avec 21 secondes. Ça reste un écart, mais c’est relativement petit. Ce n’est pas trop dramatique pour le classement général.»

Au grand soulagement des membres d’Astana, Fuglsang semble retrouver son énergie en dépit de sa chute survenue à la fin de la première étape, samedi, en Belgique. «Il va bien, il n’a pas de blessures majeures. Toutes les radiographies ont démontré qu’il n’avait aucune fracture. Les muscles semblent récupérer assez bien, ce qui est encourageant pour nous. Il a réussi à faire une bonne journée aujourd’hui et il était content de son effort», a fait savoir Houle, 29 ans.

Michael Woods

Le Canadien Michael Woods et son équipe EF Education First pointent au sixième échelon. Avec sa victoire du jour, Jumbo-Visma a placé cinq coureurs aux cinq premières places du classement général. Le Néerlandais Mike Teunissen est provisoirement premier. Houle pointe en 54place et Fuglsang, au 55e rang.

La Grande Boucle se déplace maintenant vers la France. L’action reprendra lundi avec la troisième étape, une course de 215 kilomètres reliant Binche à Épernay. «Il y aura une finale avec une petite montée de trois kilomètres environ. Ça risque d’être assez difficile, les puncheurs devraient être à l’avant et à l’honneur. Pour nous, ça sera de garder Fuglsang devant pour qu’il économise de l’énergie afin d’être aux avant-postes et de garder sa place au classement général», a conclu Houle, originaire de Sainte-Perpétue.  Sportcom