« J’ai eu du fun toute la game, l’ambiance du réchauffement jusqu’à la dernière seconde était incroyable », a déclaré Jean-Gabriel Pageau à la fin de la rencontre.

Encore et toujours Pageau

Jean-Gabriel Pageau a ajouté à sa réputation d’homme des grandes occasions samedi soir.

À son premier match en plein air, le centre gatinois des Sénateurs d’Ottawa a réussi le but gagnant du gain de 3-0 contre le Canadien de Montréal à la Place TD du parc Lansdowne quand il a fait dévier un tir/passe d’Erik Karlson par dessus le gardien Carey Price avec un peu plus de cinq minutes à faire en deuxième période.

C’était son quatrième but de la saison, égalant sa production lors du dernier match important qu’il avait connu, le printemps dernier lors du deuxième match de la demi-finale de l’Est contre les Rangers de New York, le dernier de ses buts étant réussi en prolongation dans un gain de 6-5.

Il a toujours le numéro du Tricolore, avec ses huit buts en 18 parties de saison régulière contre eux qui s’ajoutent à son tour du chapeau du troisième match de la série entre les deux clubs au printemps 2013, dans une victoire de 6-1. C’est à cette occasion que les amateurs ont commencé à scander son nom sur l’air de « Olé, olé, olé ». Évidemment que les « Pageau, Pageau, Pageau » ont retenti à nouveau samedi soir dans le stade de la rue Bank.

« J’ai eu du fun toute la game, l’ambiance du réchauffement jusqu’à la dernière seconde était incroyable. J’avais beaucoup de monde ici, ma blonde, beaucoup d’amis et de membres de ma famille. J’ai reçu beaucoup de messages textes avant le match. C’était encourageant », a lancé Pageau alors qu’il a été invité au podium pour les entrevues d’après-match. Il a certes reçu encore plus de messages de félicitations après coup.

« C’est toujours le fun (de compter contre Montréal). Pour moi, ça va être un but spécial. C’était un bel effort d’équipe. Compter le premier but, quand ton gardien n’en accorde aucun, ça te rend la vie encore plus facile », a-t-il ajouté.

Au cours de ce match, les Sénateurs ont complètement dominé dans les cercles des mises au jeu, en remportant 46 sur 65. Ironiquement, Pageau a connu la plus difficile soirée des centres des siens (six mises au jeu gagnées, sept perdues) et son but est survenu après que Phillip Danault ait eu le meilleur sur lui lors d’un duel en zone du Canadien.

« Tom Pyatt a gagné sa bataille sur la mise au jeu et après c’est notre capitaine (Erik Karlsson) – notre leader pendant tout le match – qui a pris un tir et Zack Smith faisait du bon travail devant le but pour voiler la vue du gardien. J’ai réussi à la tipper, des fois ça rentre, des fois ça ne rentre pas, et ce soir, ça a rentré », a relaté Pageau.

Dans le vestiaire des gagnants, Karlson lui a rendu un bel hommage.

« Il est un joueur des grandes occasions, il aime jouer lors des parties importantes et c’en était une, a-t-il noté. Que ce soit contre Montréal ou un autre club, il se présente tout le temps. Il est un joueur de caractère. Il n’obtient pas le plus de publicité et il ne compte pas tous les buts tout le temps, mais à la base, il fait toujours les bonnes choses, et ça paraît lors de parties comme celle-ci ou en séries. Quand nous avons besoin que quelqu’un se manifeste, il est habituellement un de ces gars-là. » Son coéquipier et concitoyen Derick Brassard était d’accord avec cette évaluation de Karlsson : « Il (Pageau) est tout le temps devant le but. Dans ces situations-là, il cherche tout le temps à faire la différence et c’est bon à avoir dans une équipe », a souligné le numéro 19.

ANDERSON N'A PAS GELÉ DES PIEDS

Le Canadien ne l’a pas mis à l’épreuve très sérieusement, mais Craig Anderson n’a quand même pas gelé samedi lors de la Classique 100 de la LNH.

Le vétéran cerbère a trouvé différents moyens pour garder son équipement chaud, et il a été solide quand il a été sollicité, surtout en troisième période du gain de 3-0 des siens. Il a ainsi signé son deuxième blanchissage de la saison et le 40e de sa carrière, à égalité avec Ryan Miller et John Vanbiesbrouck au deuxième rang de tous les temps à ce chapitre parmi les gardiens américains.

Il devenait aussi le quatrième cerbère à signer un jeu blanc lors d’un match en plein air, après Miikka Kiprusoff avec Calgary (4-0 contre Montréal en 2011 au McMahon Stadium), Jonas Hiller avec Anaheim (3-0 contre Los Angeles en 2014 au Dodger Stadium), et Cam Talbot avec Edmonton (3-0 contre Winnipeg au Investors Group Field).

« Le froid n’était pas si mal. J’avais un passe-montagne pour ma tête et j’ai protégé le plus de peau possible des éléments. Je bougeais le plus possible et lors des temps d’arrêt, je mettais mes gants sur une chaufferette, ils étaient bien chauds quand je les remettais », a raconté Anderson après le match où il a repoussé les 28 lancers du Tricolore.

Il a relaté qu’il n’avait pas éprouvé de problème avec les conditions de jeu différentes, avec des estrades beaucoup plus éloignées de la surface glacée. « Les lumières étaient fortes, donc la visibilité était bonne. Comme gardien, le plus difficile était les rondelles bondissantes sur la glace », a-t-il aussi noté.

Après avoir perdu ses sept départs précédents avant de gagner ses deux derniers, Anderson est évidemment content de voir son équipe se ressaisir en défensive. « On a joué un jeu différent de notre mauvaise séquence (de deux gains en 14 parties), c’est la nuit et le jour. On a fait des jeux simples, c’était le plan de match dans de telles conditions », a-t-il dit.

Un Anderson qui retrouve ses moyens pourrait aider les Sénateurs à revenir dans la course aux séries, son entraîneur-chef Guy Boucher en est bien conscient. « Il est lui-même », a-t-il dit simplement tard samedi soir.

Boucher apprécie

Boucher a aimé la façon dont son club a gardé le cap malgré les moments difficiles des dernières semaines et une transition difficile après l’acquisition de Matt Duchene.

« On a joué beaucoup de matches du genre, mais on les a perdus 2-1, a-t-il souligné. J’aime le fait qu’on n’ait pas pensé à cette fin de semaine avant le week-end. On s’est mis à y penser vendredi, on a vu que c’était gros, mais les joueurs étaient bien concentrés. »

Les Sénateurs recevront maintenant le Wild du Minnesota mardi lors de leur dernier match au Centre Canadian Tire avant Noël.