Ryan Dzingel n’est plus qu’à un but d’égaler sa production de l’an dernier.

Dzingel et l’attaque s’enflamment

Comme la planète, même si ça ne paraît pas en ces temps particulièrement froids, l’attaque des Sénateurs d’Ottawa s’est réchauffée en fin de semaine avec ses deux matches de suite de six buts.

Un des catalyseurs de cette explosion pour ce qui était la troisième pire offensive de la LNH auparavant – et la 20e maintenant au niveau de la moyenne de buts par match à 2,75 – a certes été l’attaquant américain Ryan Dzingel, qui fait fi de la guigne de la deuxième année alors qu’il a compté quatre buts à ses trois dernières sorties.

Avec ses 13 buts cette saison, il s’est hissé au deuxième rang des buteurs de son club, derrière son nouveau compagnon de trio Mark Stone, qui en a 17. Leur centre, Derick Brassard, les suit avec ses 11 buts, ce qui est un de plus que Mike Hoffman et Matt Duchene, qui s’est réveillé avec trois buts à ses deux dernières sorties, son doublé lors du gain de 6-5 en prolongation vendredi contre San Jose, l’autre survenant lors d’une impressionnante victoire de 6-3 samedi soir contre le meilleur club de la LNH en cette première moitié de saison, le Lightning de Tampa Bay.

« Je joue avec de très bons joueurs, ils me mettent dans une bonne position et heureusement, la rondelle rentre ces temps-ci, elle ne rentrait pas pendant un bout de temps. Mais le hockey est un jeu de séquences et c’est amusant de jouer avec “Brass” et “Stoney”, ils veulent que je connaisse du succès et on a du fun quand ça se produit », a raconté Dzingel après avoir récolté un doublé samedi soir contre le Lightning.

Celui-ci est à un petit but de son total pour toute la saison dernière après avoir ouvert et clos le pointage en déjouant le gardien Andreï Vasilevskiy habilement, chaque fois sur des passes de Stone, qui a en plus marqué le but qui rompait une égalité de 3-3 en milieu de troisième période.

« Je pense qu’il (Dzingel) est excité d’obtenir cette chance (sur le premier trio), a noté Stone, qui a obtenu un but et deux passes pour un deuxième match consécutif. Il aime être le gars qui est appelé à faire le travail un peu salaud pour nous. Quand tu joues avec lui, tu commences à apprécier sa vitesse un peu plus que lorsque tu es sur le banc. Chaque fois que j’ai la rondelle, j’essaie de l’envoyer dans la zone adverse parce qu’il ouvre tellement le jeu, leurs défenseurs ont peine à garder un bon espace (gap, en jargon de hockey) contre lui et si vous regardez la majorité de ses buts, ils sont comptés à cinq ou dix pieds du filet. C’est le genre de buts dont vous rêvez et dont vous avez besoin dans cette ligue. »

Visite de Chicago

L’entraîneur-chef Guy Boucher est évidemment fort satisfait de la progression de Dzingel, qui tentera de poursuivre sa bonne séquence mardi quand le club de son patelin, les Blackhawks de Chicago, sera de passage au Centre Canadian Tire pour mettre un terme à ce séjour à domicile.

« Dzingel est un gars qui continue de progresser, il mérite son temps de glace avec les meilleurs joueurs, a-t-il déclaré. On l’avait pris sous notre aile l’an passé pour le développer et il s’était très bien développé, et maintenant il prend des pas de géants. »

Un autre joueur originaire de la région de Chicago, le gardien Craig Anderson, s’est illustré samedi même s’il a alloué les trois buts en deuxième période qui ont permis aux visiteurs de combler un déficit de 3-0 après 20 minutes de jeu. Il a fait face à un barrage de 48 lancers, son meilleur arrêt survenant en début de rencontre quand il a sorti la jambière contre Steven Stamkos lors d’un jeu de puissance. Il a bien enchaîné sur son excellent match de mercredi dernier à Detroit, un revers en prolongation de 2-1.

« On a bien joué pendant 120 minutes (vendredi et samedi), on travaille encore pour s’améliorer et maintenant, nous sommes récompensés pour ce travail. Les matches ont été différents, il se compte plus de buts dans la ligue cette année pour une raison quelconque. Il faut juste être prêt à donner une chance à ton équipe de l’emporter en restant dans le match. On a montré qu’on pouvait gagner des matches 6-5 comme 2-1 », a dit Anderson samedi soir.

Matt Duchene, avec son troisième but en deux matches, Zack Smith et Jean-Gabriel Pageau ont également compté contre le Lightning, Guy Boucher notant que la contribution offensive des deux derniers était d’autant plus appréciée qu’ils devaient affronter le premier trio de Tampa Bay (Steve Stamkos avec Nikita Kucherov et Vladislav Namestnikov), qui a été limité à une passe (de Kucherov) et a présenté un différentiel cumulatif de moins-6.

CHABOT IMPRESSIONNE AUX CÔTÉS DE KARLSSON

Après avoir cherché un partenaire pour Erik Karlsson toute la saison, Guy Boucher semble enfin avoir trouvé le digne remplaçant de Marc Méthot.

Après le gain de 6-3 des siens contre le Lightning, l’entraîneur-chef des Sénateurs a chanté les louanges de son arrière recrue de 20 ans, Thomas Chabot, qui avait obtenu le départ à la ligne bleue en début de rencontre pour la première fois, aux côtés du numéro 65.

« S’il y a un gars qu’il faut mentionner, c’est Chabot. Il s’améliore chaque jour et ce match était de loin son meilleur chez les professionnels », a-t-il commenté.

« On peut voir un jeune qui grandit à un rythme accéléré, il fait des pas en avant aussi grands qu’il peut le faire présentement. Erik joue avec lui, aussi. J’aime cette combinaison. Ils semblent bien réagir l’un à l’autre et Erik a l’air d’aimer l’avoir dans les parages pour lui enseigner et l’aider. Quand on voit Erik jouer aussi bien et s’occuper du jeune, et que le kid répond aussi bien, vous savez que son avenir est brillant. »

Le choix de première ronde (18e au total) de 2015 a obtenu une passe sur le but gagnant de Mark Stone samedi alors qu’il a joué 18:01 minutes, un peu moins que les 20:35 la veille contre les Sharks. Karlsson, pour sa part, a récolté trois passes et a fini la rencontre avec un différentiel de plus-5, égalant son sommet en carrière.

Thomas Chabot

Chabot devrait continuer à jouer aux côtés du double récipiendaire du trophée Norris puisque le vétéran Johnny Oduya, un autre de ses partenaires occasionnels, a quitté la partie de samedi après deux périodes lorsqu’atteint par un coup de patin dans les parties génitales. Son statut était indéterminé après la rencontre, a dit Boucher.

Les Sénateurs auront une décision à prendre après leur match de mercredi à Toronto puisque le club aura ensuite une semaine de congé mandatée par la convention collective. Chabot pourrait être renvoyé à Belleville pour continuer à jouer, même s’il semble de plus en plus évident qu’il n’a plus grand-chose à apprendre à ce niveau.

L’autre premier choix de 2015, Colin White, a été rappelé samedi pour remplacer le blessé Nate Thompson, qui ne reviendra pas avant la pause. Il n’a joué que 7:50 au centre du quatrième trio avec Alexandre Burrows et Gabriel Dumont, mais Boucher s’est dit fort satisfait de son jeu. « Je l’ai aussi utilisé avec d’autres trios à deux occasions et il s’est bien débrouillé », a-t-il noté au sujet du centre de 20 ans, qui disputait un troisième match en carrière dans la LNH.

Boucher a également aimé la force de caractère montrée par tout son club en fin de semaine. « Le club a montré beaucoup de caractère. On a parlé beaucoup d’attitude récemment, surtout après le match (de samedi dernier) contre Boston, une des rares fois où on a lâché mentalement et émotionnellement dans un match. On n’était pas fiers de ça... On a été forts mentalement (vendredi) pour revenir, et là, on menait puis on s’en fait rattraper, mais on a continué à pousser en troisième période comme si de rien n’était. Ça demande beaucoup de force mentale et une attitude basée sur le moment, pas sur le passé ou le futur », a-t-il dit après avoir vu son club ramasser des points de classement pour un troisième match de suite (2-0-1 en 2018).