L'entraîneur-chef d'équipe Canada junior, Dominique Ducharme, croit que la défaite crève-coeur encaissée l'année dernière face aux Américains fera passer son équipe à un autre niveau.

Ducharme et le Canada ont des choses à régler au Mondial junior

DRUMMONDVILLE — Les amateurs de hockey ont encore la scène en tête. Pendant que les joueurs des États-Unis célébraient sur la patinoire du Centre Bell, Dominique Ducharme devait accepter que sa troupe se contente d’une médaille d’argent au Championnat mondial de hockey junior.

Le Canada avait laissé filer deux avances de deux buts, et avant que Nicolas Roy rate sa tentative en tirs de barrage, Troy Terry avait réussi la sienne, menant finalement les Américains vers une victoire dramatique de 5-4.

Ducharme croit que cette défaite crève-coeur fera passer l’équipe à un autre niveau et il espère le ressentir dès le camp de sélection d’Équipe Canada junior, qui commencera le 12 décembre à St. Catharines.

« C’est certain qu’il reste du travail à accomplir. Nous ne pouvions pas être plus près de l’or et ça veut dire qu’il y avait beaucoup d’éléments positifs dans notre travail, a fait valoir Ducharme, en entrevue avec La Presse canadienne. Les joueurs avaient tout donné et maintenant, nous voulons nous servir de cette expérience. »

Et de l’expérience, le Canada devrait en avoir. L’équipe accueillera en principe le retour de quelques vétérans, dont le gardien Carter Hart, les défenseurs Jake Bean, Kale Clague et Dante Fabbro ainsi que les attaquants Michael McLeod, Taylor Raddysh et Dillon Dubé. Ducharme, qui dirige aussi les Voltigeurs de Drummondville, espère que ces joueurs pourront élever leur jeu d’un cran comme l’arrière Thomas Chabot l’a fait lors du dernier tournoi.

« C’est un avantage pour nous d’avoir des joueurs qui ont déjà vécu le tournoi. Thomas était avec nous en Finlande, en 2016, et nous avons vu à quel point il a été dominant l’année suivante. C’est toujours bien d’avoir cette expérience, mais il faut savoir comment l’utiliser », a mentionné l’entraîneur-chef âgé de 44 ans.

Du hockey de séries en décembre

Le prestigieux tournoi des moins de 20 ans s’arrête cette fois-ci à Buffalo, dans l’État de New York, et la formation canadienne accepterait volontiers toute forme d’aide pour jouer le même tour aux États-Unis et leur ravir l’or devant leurs partisans.

À Montréal, c’est le nom du défenseur du Canadien Victor Mete qui fait couler beaucoup d’encre concernant une potentielle présence au tournoi. Mais il ne faudrait pas oublier que l’attaquant des Flyers de Philadelphie Nolan Patrick et celui de l’Avalanche du Colorado Tyson Jost sont également admissibles à venir prêter main-forte.

Quoi qu’il en soit, les défis seront les mêmes pour Ducharme, qui devra bâtir une équipe capable de jouer dans toutes les situations et composée de joueurs qui devront rapidement développer une chimie et accepter leur rôle.

« Il faut amener nos joueurs à jouer du hockey de séries alors qu’ils jouaient du hockey de mois de décembre au sein de leur ligue junior. Le niveau d’intensité ne monte pas aussi rapidement dans une saison. Notre objectif est aussi de créer une chimie dans un groupe de 22 joueurs qui ne se connaissent pas beaucoup. Nous ne cherchons pas à bâtir une équipe d’étoiles, mais bien une équipe complète. C’est pour cette raison que tous les joueurs invités ont une chance de percer la formation et ce sont eux qui détiennent les réponses », a affirmé Ducharme.

D’autant plus que la compétition est maintenant plus relevée que jamais. Le Canada, qui avait l’habitude de coller les médailles d’or à ce tournoi, n’a remporté les grands honneurs qu’une seule fois lors des huit dernières représentations. Il a même été écarté du podium à trois reprises au cours de cette période.

Un Québécois pour sauver l’honneur ?

Le doute planait déjà cet été, quand l’attaquant des Blue Jackets de Columbus Pierre-Luc Dubois et le défenseur de l’Avalanche Samuel Girard avaient été les deux seuls Québécois invités au camp estival, mais il est possible qu’aucun Québécois ne fasse partie d’Équipe Canada junior cette année, ce qui s’avérerait une bien triste première.

La province vient pourtant de connaître la meilleure période de cinq ans de son histoire. Un total de 23 joueurs du Québec a porté les couleurs du Canada lors de cet intervalle, ce qui représente le deuxième plus haut total au pays, derrière l’Ontario. Et ce n’est pas comme si les Québécois n’avaient pas eu d’impact lors du dernier Mondial junior.

Après avoir obtenu sa meilleure représentativité depuis 1998, avec six joueurs sélectionnés, le Québec a vu Chabot, Jérémy Lauzon, Roy et Mathieu Joseph inscrire tous les buts du Canada lors du match de la médaille d’or. Chabot a même été nommé le joueur le plus utile du tournoi.

Néanmoins, Ducharme, son groupe d’entraîneurs et la direction de Hockey Canada n’ont pas l’intention de prendre en pitié la province.

« C’est évident que je souhaiterais qu’il y en ait, je travaille dans la LHJMQ, mais les Québécois qui étaient là l’an dernier ont fait leur place. Il y en aura au prochain camp de sélection et ce seront à eux de forcer notre main. Ce qu’on voit actuellement, c’est le reflet du repêchage de la LNH d’il y a deux ans », a affirmé Ducharme, qui deviendra le premier Québécois depuis la création du Programme d’excellence de Hockey Canada, en 1981, à diriger la formation nationale au Mondial junior lors de deux éditions consécutives.

Les attaquants Maxime Comtois, Antoine Morand et Pascal Laberge, le défenseur Pierre-Olivier Joseph et le gardien Samuel Harvey pourraient notamment être invités, mais les places semblent limitées.