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Malgré toute son expérience, Dany Lacombe est encore curieux. Il essaie toujours de s’améliorer.
Malgré toute son expérience, Dany Lacombe est encore curieux. Il essaie toujours de s’améliorer.

Du club Champlain au Greyhawk en 25 ans

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
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Comme pour bien d’autres Québécois, Dany Lacombe est allé faire un séjour dans l’Ouest canadien à la fin de l’adolescence, histoire d’apprendre l’anglais comme langue seconde.

Il ne pouvait alors pas se douter que cela l’amènerait à gagner sa vie dans le monde du golf, lui qui a franchi cette année le cap des 25 ans comme professionnel de classe A au sein de l’Association canadienne des professionnels de golf.

Originaire de la Mauricie, le pro de l’année en 2020 au sein du chapitre d’Ottawa de la ACPG – ou la CPGA si vous préférez l’appellation anglophone – a passé les deux dernières décennies dans la région de la capitale nationale, d’abord au Champlain puis au Dôme, qui est devenu le club Hautes-Plaines en entrant dans le giron du groupe ClubLink, dont il est maintenant le directeur régional des opérations, supervisant huit clubs de l’est ontarien et du Québec – dont le Maître au Mont-Tremblant – à partir du Greyhawk, à Carlsbad Springs.

«Je suis tombé dans le golf un peu par hasard, malgré que j’ai toujours aimé le sport et que je voulais œuvrer dans ce domaine-là, confiait-il cette semaine. Mes parents ont toujours eu une entreprise et j’ai toujours travaillé au sein de celle-ci (dans le domaine agro-alimentaire). Mais je voulais apprendre l’anglais et je suis allé en Alberta pour le faire (en 1989). J’avais commencé à jouer au golf, ça commençait un peu à être une passion. En arrivant en Alberta, j’ai d’abord lavé des autobus Greyhound à Jasper. Puis j’ai commencé au golf du Jasper Lodge, d’abord à couper le gazon, puis les deux derniers mois de l’année, j’étais dans la back shop comme on l’appelle, au service à la clientèle. J’ai appris l’anglais pendant cet été-là, et j’y suis retourné l’année d’après. J’ai commencé à prendre mes cartes (d’assistant-professionnel) à ce moment-là et j’ai touché à pas mal tout. J’ai été chanceux, mais j’ai fait ma chance aussi. C’est allé assez vite.»

En revenant au Québec, il a travaillé aux clubs de Lorette et Cap-Rouge comme adjoint, puis il est devenu professionnel en chef au Champlain avant de faire une autre escale comme assistant, une année au prestigieux club Royal Montréal, avant de débarquer au Dôme. «J’ai travaillé dans des clubs publics, des clubs semi-publics, des clubs privés, des clubs de resort (à Jasper), et c’est ce qui m’a permis de faire ce que je fais aujourd’hui», estime-t-il.

Il a beau avoir déjà été le joueur de l’année sur le circuit des assistants pros du Québec, Lacombe n’a jamais aspiré aux grandes ligues du golf professionnel. «J’ai commencé à jouer au golf sur le tard, à 17 ans, et je me suis rendu compte assez vite que mes performances n’étaient pas à la hauteur pour jouer au plus niveau... Je n’avais pas la game pour ça», avoue-t-il bien franchement.

Ça ne l’empêche pas d’aimer la compétition qu’on retrouve au sein des professionnels de club, lui qui a pris la quatrième place lundi dernier au Eagle Creek lors de l’Omnium printanier du circuit Flagstick.com avec une carte de 75, six coups derrière Marc Foucault, du Mont-Cascades.

«Je joue le plus de tournois possible des différentes associations, parce que ça me force à jouer et à apprendre. Ça me permet aussi de rencontrer d’autres gens du milieu. Ma philosophie, c’est de demeurer curieux. Quand Daniel Alfredsson a pris sa retraite à Ottawa, j’ai adoré l’entendre dire qu’il demeurerait toujours curieux. Je veux toujours apprendre de nouvelles choses, ne jamais arrêter. Je travaille autant sur mon swing maintenant qu’il y a 25 ou 30 ans», affirme-t-il.

Quand il a commencé à jouer au golf, au club Tawachiche (St-Rémi maintenant) dans son village de Sainte-Thècle, à 20 minutes de Grand-Mère. Lacombe venait de faire une croix sur le baseball «parce que l’entraîneur ne m’a pas fait jouer lors des trois premiers matches de la saison».

«Dans mon coin, j’étais l’organisateur. S’il y avait quelque chose de fait pour faire bouger les gars du rang, un match de baseball, de hockey, de football, c’est moi qui organisais ça, se souvient-il. Le golf, je trouvais ça le fun parce que je pouvais y aller quand je voulais, pas besoin de ne rien organiser. Je prenais ma mobylette pour me rendre au terrain et je jouais, je passais mes journées-là. Il n’y avait pas d’horaire et pas de limites. Si je jouais bien, il y avait toujours un coup roulé que j’avais manqué, ou un autre défi... Et maintenant, mes talents d’organisateur me servent alors que comme pro, tu dois organiser des événements pour tes membres, des tournois, etc.»

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UNE PANDÉMIE QUI A EU DU BON AU GOLF

La pandémie que l’on a traversée au cours des 16 derniers mois a changé le monde, et celui du golf n’est pas épargné.

Dany Lacombe peut en témoigner alors qu’au Greyhawk, son parcours de 36 trous situé près de la route 417 à la sortie du chemin Boundary, les statistiques tenues sur le temps de jeu se sont grandement améliorées.

« Il va y avoir des habitudes prises pendant la pandémie qui vont rester, à mon avis, dit-il. On a réussi à réduire le temps de jeu de 4 h 15, même de 4 h 30 parfois, à 3 h 45 environ, parce que les gens n’enlèvent plus les drapeaux, ne raclent plus les trappes de sable, et on n’a plus rien sur les terrains qui ralentissent, comme les voiturettes de service. Il y en a qui souhaitent qu’on ramène tout ça maintenant que la pandémie semble achever, mais il y a beaucoup de gens qui aiment jouer plus rapidement, aussi. »

À son avis, la COVID-19 aura été bonne pour le golf alors que de nombreux jeunes se sont tournés vers ce sport qui était autorisé l’été dernier, ainsi que ce printemps, contrairement à plusieurs autres. Mais elle a aussi eu ses effets pervers.

« Dans le golf, tout le monde aime travailler dans le public, et quand on ne voit pas personne, qu’on est confiné, c’est plus difficile au niveau de la santé mentale. On est habitué de faire différentes choses. On est psychologue quand le golf de quelqu’un ne va pas bien, le lendemain on est comptable, on fait du marketing une autre journée, ça change beaucoup. On se considère chanceux dans le golf cependant parce que nous avons pu ouvrir, contrairement à la restauration par exemple », ajoute-t-il.