Sylvie Goneau mettrait un frein au projet de construction du complexe à quatre patinoires dans le secteur de la Cité pour recommencer un projet tout neuf sur le site actuel du Centre Robert-Guertin.

Du basket-ball dans un marché saturé

Il s’en dit, des choses, dans le cadre d’une campagne électorale. Pas plus tard que mercredi, en point de presse, la candidate à la mairie Sylvie Goneau s’est engagée à doter Gatineau d’une équipe de basket-ball professionnelle.

Son équipe se grefferait à un obscur circuit professionnel mineur, la Ligue nationale du Canada (NBL). Elle jouerait dans un aréna tout neuf construit en bordure du boulevard des Allumettières.

Parce que Mme Goneau mettrait un frein au projet de construction du complexe à quatre patinoires dans le secteur de la Cité pour recommencer un projet tout neuf sur le site actuel du Centre Robert-Guertin.

Je laisserai à d’autres le soin de commenter cette dernière proposition.

Cette histoire de basket, par contre, a piqué ma curiosité.

En fouillant un minimum, jeudi, j’ai vite pu me rendre compte que ce n’était pas une idée nouvelle, ni originale. Elle circule depuis un certain temps, déjà. Des gens d’affaires travaillent sur ce projet depuis un certain temps, déjà. Différents scénarios sont à l’étude. On me dit qu’ils ont même approché les gens de Vision Multisports Outaouais (VMSO). Ils seraient intéressés à s’installer sur le boulevard de la Cité en même temps que les Olympiques.

On ne leur a certainement pas claqué la porte au nez. On ne s’est pas non plus lancé à la recherche de fournisseurs pour un plancher de bois franc et deux paniers.

Mme Goneau n’a pas tort d’affirmer qu’on retrouve des amateurs de basket dans sa région. 

Il y a deux ans, plus de 15 000 fans ont couru jusqu’au Centre Canadian Tire pour assister à un match hors-concours de la NBA entre les Raptors de Toronto et les Timberwolves du Minnesota.

Bon an, mal an, entre 8000 et 10 000 personnes bravent les bouchons de circulation, sur l’autoroute 417, pour voir les Ravens de Carleton et les Gee Gees d’Ottawa croiser le fer dans un choc des puissances du sport interuniversitaire canadien.

Il ne faudrait quand même pas s’imaginer que tous ces gens feraient la queue devant le nouvel amphithéâtre gatinois pour acheter des billets de saison.

LeBron James, Kevin Durant et Stephen Curry ne passeront jamais en Outaouais. La Ligue nationale du Canada, je vous répète, est un circuit très, mais vraiment très mineur. Il trouve un moyen de survivre avec une poignée de formations qui vivent dans des marchés secondaires où il ne se passe pas grand-chose.

Dans un marché sportif saturé comme celui d’Ottawa-Gatineau, la réussite d’un tel projet serait tout, sauf garantie.

D’ailleurs, la NBL a déjà tenté sa chance dans le coin. Ça ne fait pas très longtemps, c’était en 2013. Qui s’en souvient ?

Moi, si. Mais c’est vague. Je me souviens d’une brève rencontre avec le type qui gérait le projet, un bonhomme un peu trop enthousiaste qui gagnait sa vie comme conférencier-motivateur. Il rêvait de remplir le Centre Canadian Tire. Il se voyait déjà dans les ligues majeures.

On a parlé de lui brièvement lors de sa conférence de presse inaugurale. Les TomaHawks d’Ottawa, le nom qu’il avait choisi, n’a pas été trop bien reçu auprès des communautés des Premières Nations.

Il a réparé son erreur. Les « SkyHawks » ont par la suite joué quelques matches dans un CCT pratiquement vide. Ils ont complété leur seule saison en jouant quelques parties dans le gymnase du Cégep de l’Outaouais.

Puisqu’il est question du marché sportif saturé... J’ai fait un arrêt à la Place TD, jeudi matin. Le Fury, qui vient d’établir un nouveau record en attirant 100 000 spectateurs, s’entraînait pour la dernière fois de la saison.

Les gradins temporaires qui serviront lors du match de la coupe Grey et lors du match de hockey en plein air sont presque complètement installés. C’est réussi.