Drake Batherson s’attend à prendre la route de Belleville pour participer aux séries éliminatoires de la Coupe Calder avec les Senators.

Drake Batherson pense déjà aux séries de la Coupe Calder

BUFFALO — La passe qui a mené au deuxième but des Sénateurs d’Ottawa, mardi soir, était tout simplement parfaite.

Une belle passe précise, qui a traversé la glace d’est en ouest, afin de trouver un joueur complètement libre à l’embouchure du filet.

Quand il a reçu la rondelle sur son bâton, Tyler Ennis n’a eu qu’à la pousser dans le fond du filet.

Il était satisfait. Il était aussi impressionné.

C’est la recrue Drake Batherson qui lui a permis de marquer un autre but contre son ancienne équipe, les Sabres de Buffalo.

« C’était une super passe de Drake, a-t-il réagi après la rencontre. Au fond, nous savons tous qu’il est capable d’accomplir de grandes choses. Il est vraiment doué à l’attaque. On cherche depuis longtemps à améliorer notre jeu de puissance. Depuis le moment où il est revenu, il a certainement fait sa part. »

Un joueur qui fait partie de la première vague du jeu de puissance, dans la Ligue nationale, ne devrait pas avoir à craindre de perdre son poste.

Batherson était le premier marqueur de toute la Ligue américaine au moment de son rappel. Il a le droit de penser qu’il a prouvé tout ce qu’il avait à prouver dans la deuxième ligue en importance en Amérique du Nord.

Batherson ne pense pas ainsi.

L’ailier de 21 ans s’attend à prendre la route de Belleville, au plus tard ce printemps. Il croit qu’on lui demandera de prêter main-forte aux Senators, durant les séries éliminatoires de la Coupe Calder.

Il accueillerait cette proposition avec enthousiasme.

« Ça s’est passé comme ça, la dernière fois où l’organisation des Sénateurs a gagné la Coupe Calder. Boro me disait l’autre fois que certains joueurs, comme Zack Smith, étaient retournés dans les mineures quand le grand club avait raté les séries dans la Ligue nationale. » C’est bien vrai.

En avril 2011, Smith était retourné à Binghamton. En séries, il a inscrit 20 points en 23 matches. Il était en bonne compagnie, là-bas. Robin Lehner, Mike Hoffman, Erik Condra, Colin Greening, Eric Gryba, Jared Cowen, André Benoît et Mark Borowiecki comptaient parmi ses coéquipiers.

En 2011, les Senators de Binghamton étaient bons.

Les Senators de Belleville de 2020 sont peut-être meilleurs.

Ils ont entrepris la pause du Match des étoiles au sommet de leur division. Batherson est allé les rejoindre pour les aider, vers la fin d’un long voyage où ils ont conservé une fiche de 6-1-1.

« C’était incroyable ! Les gens ne réalisent pas à quel point les gars ont combattu l’adversité durant ce voyage. Un virus courait dans le vestiaire. Lors de certains matches, seulement 10 attaquants étaient disponibles. On devait s’adapter. Certains défenseurs nous ont dépannés, en effectuant quelques présences à l’attaque. Nous avons quand même récolté 13 points sur une possibilité de 16, sur la route. Nous avons réussi à remporter notre dernier match à domicile avant la pause. Tout baigne. »

Batherson est tellement attaché à Belleville qu’il a suivi, sur Internet, le concours d’habiletés des étoiles de la Ligue américaine. Il a vu son ami Alex Formenton remporter l’épreuve du patineur le plus rapide.

« J’adore le hockey. Je m’ennuyais, sur mon divan, lundi soir. J’ai décidé d’ouvrir mon écran pour encourager les boys. »

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PAGEAU SAVOURE SON VINGTIÈME BUT DE LA SAISON

BUFFALO — Quand on lui a demandé, au départ, Jean-Gabriel Pageau a fait mine de rien.

Il venait de marquer, contre les Sabres, son 20e but de la saison. Il  a voulu nous faire croire que ça ne changeait rien. « Mon but préféré, dans ce match, c’est celui de Boro », a-t-il commencé, avant de se lancer dans un monologue où il a parlé de l’importance de l’équipe.

Jean-Gabriel Pageau célèbre son vingtième but.

On s’est donné le droit de poser à nouveau la question, avant de mettre un terme à l’entrevue. Marquer 20 buts dans la meilleure ligue au monde, ça doit forcément faire un petit velours... « Je n’avais jamais pensé que ça pouvait être un objectif. Au début de ma carrière, je n’étais même pas convaincu que je pouvais jouer dans la LNH. Maintenant, une saison de 20 buts... Je suis vraiment content, personnellement. Mais tout le crédit revient à mes coéquipiers. Sans eux, je n’aurais jamais pu compter tous ces buts. »

Pageau n’aurait pas pu marque son 20e but sans l’aide de Thomas Chabot. Le défenseur québécois lui a servi une belle passe, à l’embouchure du filet, après avoir effectué un tour complet sur lui-même.

« Je l’ai taquiné, sur la glace. Je lui ai dit que c’était une belle passe à l’aveuglette », sourit Pageau.

« Mais, sérieusement, il m’a répondu qu’il voulait faire une passe à la hauteur du poteau. Je le crois. Il est un joueur de talent, avec une très bonne vision du jeu et un bon QI. C’était une passe merveilleuse. »

Pageau a marqué ce but devant 25 dépisteurs, à deux semaines de la date limite des transactions.