Il s'agira d'une deuxième participation en trois ans au March Madness pour le garde de Gatineau, Kevin Zabo.

Direction March Madness

Kevin Zabo s'avère un habitué des grands rendez-vous du basket-ball.
Le garde de Gatineau a déjà participé aux championnats du monde des moins de 17 ans en Lituanie. À cela s'est ajouté un camp d'entraînement privé avec l'ancienne vedette Steve Nash en 2010.
C'est sans oublier sa présence à la classique de Michael Jordan à laquelle il avait été invité en compagnie de 39 autres espoirs en 2012.
Vendredi, Zabo se retrouvera à nouveau sur une scène de choix. Celle-là du March Madness, la grande messe de la NCAA qui s'avère une mine d'or pour le diffuseur officiel, CBS.
Ses coéquipiers et lui des Golden Flashes de Kent State affronteront au premier tour une des équipes favorites de ce championnat universitaire américain, les Bruins de UCLA. Une joute en Californie, le château fort de leurs adversaires.
Sur une belle lancée
« Personne ne s'attendait à nous voir ici », souligne Zabo au bout du fil. Ce dernier patientait mercredi soir pour ses bagages à l'aéroport de Sacramento. Son équipe avait quitté l'Ohio, cinq heures auparavant sur un vol d'avion nolisé.
« Nous sommes sur une belle lancée. Nous sommes confiants et nous n'avons pas peur de jouer contre UCLA, même si certaines autres personnes ont peur d'eux. »
Les Golden Flashes ont remporté huit de leurs neuf matches depuis la St-Valentin. Ils ont surpris trois clubs devant eux au classement de la saison régulière pour gagner le championnat de la conférence Mid-American (MAC), le week-end dernier.
Une conquête qui a permis à Kent State, une université située à 50 minutes de route de Cleveland, de se qualifier en vue du March Madness pour la première fois depuis 2008. Zabo, qui mesure 6'2'', a fait sa part, inscrivant 15 points dans une des joutes du tournoi régional.
Les derniers jours avant le départ des Golden Flashes ont été mémorables sur le campus. « Tout le monde nous félicite. Tout le monde est excité que nous jouions contre UCLA », mentionne le produit des Dragons de Hull.
Dans son patelin en Outaouais, sa participation au March Madness passe inaperçue. Pourtant, un seul autre joueur de la région  du côté québécois de la rivière a vécu une pareille expérience par le passé.
C'était... Kevin Zabo en 2015. À l'époque, il évoluait à San Diego State. C'était sa saison recrue. Ce fut aussi sa seule chez les Aztecs.
« Nous avions gagné notre premier match contre St-John's avant de perdre par la suite contre Duke », se rappelle-t-il.
L'entraîneur ne l'avait pas vraiment utilisé. Zabo avait été blessé plus tôt durant l'hiver. « J'avais perdu un peu ma place dans la rotation de huit à neuf joueurs », précise le jeune homme de 21 ans.
C'est pourquoi il a délaissé San Diego State. En raison des règles strictes de la NCAA, il ne pouvait toutefois pas se joindre à une équipe rivale avant avril 2016.
Zabo s'est tourné vers un collège communautaire en Iowa afin de garder la forme tout en attendant sa prochaine destination. Finalement, son choix s'est tourné vers les Golden Flashes pour son retour dans la NCAA.
« Le coach m'offrait l'opportunité de jouer. C'est ce que je recherchais. Je voulais une occasion de me développer. »
On l'aura utilisé dans 35 parties dans les derniers mois. Le numéro 55 a conservé une moyenne de 5,4 points par partie.
Ce qu'il retient de cette première saison de rêve en Ohio ? Son équipe a des allures de ce petit chien qui ne lâche jamais la jambe du facteur.
Kent State a tiré de l'arrière à la mi-temps dans huit de ses 10 dernières parties. Il a gagné sept fois. « Nous demeurons toujours calmes et nous trouvons le moyen de jouer notre meilleur basket en deuxième moitié de match », note fièrement Kevin Zabo.
Une forte saveur canadienne
Une vingtaine de Canadiens prendront part au March Madness, et on suivra tout particulièrement les Ducks de l'Oregon, malgré la blessure de Chris Boucher. Dillon Brooks a été nommé joueur par excellence de la conférence Pac 12 et Dylan Ennis (le frère de Tyler, des Lakers de LA) a été une pièce maîtresse d'une équipe qui a terminé la saison avec une fiche de 29-5. Xavier Rathan-Mayes (Florida State), Nazareth Mitou-Long (Iowa State), Mychal Mulder (Kentucky) et Duane Notice (Arkansas) devraient également se mettre en évidence. Le Québécois Kevin Zabo (Kent State) a joué régulièrement avec les Golden Flashes, mais son équipe aura fort à faire en première ronde contre UCLA. 
Villanova peut-être répéter?
Une seule équipe - Florida en 2006 et 2007 - a remporté deux titres consécutifs de la NCAA au cours des 25 dernières années. Difficile donc de croire que les Wildcats de Villanova vont s'imposer à nouveau cette saison, même s'ils ont hérité du premier rang au tableau. Kansas, North Carolina et Gonzaga sont les autres favoris régionaux, et tous peuvent aussi afficher des ambitions légitimes pour le titre. Difficile par ailleurs de négliger les chances de Duke, de Kentucky ou de Louisville, des équipes qui se sont imposées au cours des cinq dernières années. Logiquement, le champion est parmi ces sept équipes, mais la logique n'est pas toujours au rendez-vous pendant le March Madness.
Chaque année, des millions d'amateurs remplissent des tableaux du tournoi de la NCAA dans l'espoir de remporter de gros prix. Les chances d'atteindre la perfection et de choisir les vainqueurs des 63 matches sont toutefois très faibles, de l'ordre de 1 sur (9,2 quintillions ! Cela dit, tout le monde peut tenter sa chance. Avec Le Soleil