À son grand retour au Tournoi des maîtres, Tiger Woods n’a pas eu la vie facile, terminant la première ronde avec un pointage de 73 (+ 1), ce qui le place déjà loin de la tête, détenue par Jordan Spieth. Le Canadien Adam Hadwin, lui, a joué 69, trois coups de plus que le meneur.

Difficile retour pour Woods à Augusta

AUGUSTA — La première ovation est venue dans l'aire d'entraînement. Il y a eu d'autres applaudissements au moment où il marchait en direction du 18e vert, bien que la plupart des spectateurs sont demeurés assis dans leurs chaises pliantes.

Tiger Woods est de retour au Tournoi des maîtres, mais pas dans la position où bon nombre de ses fans souhaitaient le voir. Il a trimé dur au fil d'une ronde initiale peu spectaculaire, jeudi, chemin faisant vers une ronde de 73, un coup au-dessus de la normale. Il accuse déjà sept coups de retard sur son compatriote Jordan Spieth, qui a survolé cette première ronde.

Vainqueur du Masters en 2015, le Texan a notamment réalisé cinq oiselets de suite pour ramener une carte de 66, six coups sous la normale. Il devance de deux coups deux autres Américains (Matt Kuchar et Tony Finau), tandis que sept joueurs, dont le Canadien Adam Hadwin et le Nord-Irlandais Rory McIlroy — il est en quête du seul titre majeur qui manque à son palmarès — se partagent la quatrième place à 69.

Spieth bénéficierait d’un coussin plus confortable encore n’eût été d’un mauvais coup de départ au 18e trou qui l’a forcé à se contenter d’un boguey. Là encore, il a affiché tout son talent en logeant un coup d’approche, effectué de la section réservée aux spectateurs, à quelques centimètres de l’objectif.

«Il s’agit d’un coup fantastique. Je n’aurais pas pu faire mieux avec un seau complet de balles», a décrit Spieth, qui n’a eu besoin que de dix coups roulés pour compléter le neuf de retour. 

Cruel Amen Corner

Woods est loin du sommet du classement, mais ça ne l'empêche pas de garder espoir. «J'aurais facilement pu perdre le contrôle de la situation, mais je me suis ressaisi», a déclaré le golfeur de 42 ans, qui avait retrouvé son air de défi de ses grandes années. «Et je suis de retour dans ce tournoi.»

Lorsque Woods s'est présenté sur le tertre numéro un, par un temps ensoleillé, mais frais, les spectateurs ont enfin entendu les mots qui n'avaient pas été prononcés lors des deux éditions précédentes du Tournoi des maîtres. «Attention, s'il vous plaît. Tiger Woods est au départ.» On pouvait entendre les cris d'encouragement partout sur le terrain.

«Je suis pas mal certain que ce n'est pas moi qu'ils attendaient avec tant d'anticipation», a blagué Tommy Fleetwood, qui faisait partie du trio de Woods, complété par Marc Leishman.

Vêtu de noir de haut en bas, Woods a tenté d'approcher son coup de départ comme n'importe quel autre. «Un léger crochet de gauche à droite», le long du côté gauche, a-t-il pensé. La balle s'est arrêtée dans le bois, à la gauche de l'allée. «Il n'y a pas eu de crochet», a-t-il lancé Woods avec un sourire ironique.

Et avant d’entrer dans le célèbre Amen Corner, il aurait dû prier. Il a frappé trois balles dans la foule et une autre à l’eau dans la légendaire portion de trois trous (11e, 12e et 13e trous) en plein cœur du célèbre Augusta National. Il a conclu ce secteur avec deux bogueys et une normale.

Il ne s'est pas plaint. Après tout ce qu'il a vécu — les interventions chirurgicales, les ennuis personnels, les questions sur ses chances d'être de nouveau compétitifs lors des tournois du Grand Chelem —, le seul fait de se trouver sur le parcours, une fois de plus au cœur de l'univers golfique, lui ont donné l'impression d'être un gagnant. Deux oiselets lors des cinq derniers trous n'ont pas nui.

«Un score de 73 me convient», a affirmé Woods. «D'ici la fin de la semaine, de la façon dont le parcours se dessine, le tableau des meneurs sera fort chargé. C'est ce que les responsables veulent. C'est très difficile de se sauver des autres, mais c'est aussi très facile de tout gâcher. D'ici la fin du week-end, plusieurs joueurs auront la chance de gagner ce tournoi.»

Il compte être l'un d'eux. Mais pour l'instant, il y a du travail à faire, à commencer par les normales 5. Au fil de sa spectaculaire carrière au Tournoi des maîtres, le quadruple vainqueur présente une fiche cumulative -de  150 sur les quatre trous à normale 5 à Augusta. Jeudi, il a effectué cinq coups sur chacun d'eux.

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UN TROU CAUCHEMARDESQUE POUR GARCIA

Sergio Garcia a perdu tout espoir de conserver son titre dès la première ronde du Tournoi des maîtres de 2018 après avoir vécu un cauchemar au 15e trou, jeudi.

L’Espagnol a eu besoin de 13 coups pour venir à bout de cette normale 5, qu'il a fini avec un rarissime octuple boguey. Le numéro 9 mondial a vu cinq de ses coups rouler longuement sur le vert avant de terminer leur course dans la pièce d'eau qui borde le trou au nom évocateur de «Buisson ardent» (Fire Thorn).

«Je ne sais pas quoi trop dire, à part que c'est la première fois dans ma carrière qu'il me faut 13 coups pour finir un trou», a expliqué Garcia. «J'ai eu le sentiment de réussir des bons coups, mais la balle ne s'arrêtait jamais, c'est vraiment pas de chance», a poursuivi le golfeur de 38 ans, qui avait remporté en 2017 son premier titre du Grand Chelem.

Garcia a bouclé sa première ronde avec un score de 81 (+ 9), mais il n'est pas dernier, puisque l'Anglais Harry Ellis, encore amateur, a rallié le chalet avec une carte de 86 (+ 14). Piètre consolation pour le détenteur du Veston vert remis au gagnant du Tournoi des maîtres, deux autres golfeurs avant lui ont connu pareille humiliation lors du prestigieux Masters. Le Japonais Tommy Nakajima, en 1978 sur le 13e trou, et l’Américain Tom Weiskopf, en 1980 sur le 12e trou, avaient également eu besoin de 13 coups.

Le dernier golfeur à avoir défendu son titre avec succès au Augusta National fut Tiger Woods, en 2001 et 2002.  AFP et AP