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Devenir championne canadienne dans une palestre vide
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La jeune Tegan Shaver, du club Unigym de Gatineau, a gagné la médaille d'or au saut lors des championnats canadiens juniors d'athlétisme qui ont été tenus de façon virtuelle dans la dernière semaine.
La jeune Tegan Shaver, du club Unigym de Gatineau, a gagné la médaille d'or au saut lors des championnats canadiens juniors d'athlétisme qui ont été tenus de façon virtuelle dans la dernière semaine.

Tegan Shaver championne canadienne junior au saut

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Cette ado de 13 ans attend la livraison d’un colis bien spécial dans les prochains jours chez elle à Aylmer.

Gymnastique Canada doit lui envoyer par la poste une médaille d’or obtenue durant le dernier week-end. Tegan Shaver a été couronnée championne canadienne junior au saut.

« J’ai bien hâte de la recevoir ma médaille », avoue d’un air gêné l’athlète du club Unigym.

L’avenir de la gymnastique en Outaouais, c’est un peu elle.

La fédération canadienne l’avait déjà identifiée avant la pandémie comme un éventuel espoir en vue des Jeux olympiques de 2024 et 2028.

Sa récente performance vient confirmer un peu sa place de choix parmi la relève au pays. Surtout que Shaver a réussi à terminer première malgré une préparation minimale pour les championnats tenus en mode virtuel.

« Nous étions fermés pendant six semaines en raison du confinement. Tegan a pu obtenir une autorisation spéciale pour reprendre l’entraînement lors des trois dernières semaines. Sa préparation était donc très restreinte », souligne le directeur général d’Unigym, Jean-Paul Caron.

Ses entraîneurs Dave Fallon, Anic Bellerose et Geneviève Champagne ont aussi pris la décision de limiter sa participation à deux appareils, le saut et la poutre. Shaver n’a pas concouru au sol et aux barres.

« Nous voulions que ce retour se fasse en sécurité et limiter le risque de blessures, note Champagne. Qu’elle finisse première avec si peu d’entraînement, ça démontre sa détermination et sa force de caractère. »

Il s’agit de la première saison de leur élève chez les juniors après un passage fructueux chez les novices.

Shaver avait été notamment couronnée vice-championne au concours général d’Élite Canada avant la pandémie, en février 2020. Un mois plus tard, elle participait à l’International Gymnix.

« C’était ma dernière compétition devant une foule », note-t-elle.

Dans le cas des récents championnats nationaux, chaque gymnaste était appelé à effectuer sa routine dans sa palestre d’appartenance. Le tout devait être supervisé par un juge qui suivait le déroulement via une des plateformes de visioconférence.

« Tu attendais que la personne te dise de commencer ta présentation et ta routine. Et tu n’avais qu’un essai », raconte Tegan Shaver.

« C’était différent », avoue-t-elle.

Surtout que ça se passait dans une palestre vide au centre sportif de Gatineau. Ou presque.

« J’avais quelques coéquipières qui m’ont encouragé. C’était gentil de leur part », souligne Shaver, visiblement touchée par le geste.

Ça fait longtemps qu’Unigym n’a pas eu une de ses gymnastes dites de « haute performance » se distinguer de la sorte chez les juniors. Il faut remonter au milieu des années 2000 lorsque Catherine Dion a représenté le Canada à diverses compétitions internationales.

Shaver est la plus jeune de trois soeurs qui ont porté les couleurs du club gatinois. Elle fait des culbutes depuis l’âge de trois ans.

Même en confinement, lorsque la palestre du centre sportif était fermée, elle est demeurée active.

« Tegan avait trois heures d’entraînement virtuel par jour. C’était des exercices de flexibilité et de la préparation physique. Il y avait aussi trois heures par semaine de ballet », indique la directrice technique d’Unigym, Jacynthe Harper.

La nouvelle championne canadienne junior a profité de la pandémie pour développer un autre de ses talents. Celui-là artistique.

« J’aime bien peinturer et dessiner, dit-elle. Je me suis beaucoup améliorée depuis le début de la pandémie. »

Son concept favori ? Reproduire des images ou photos.

Est-ce que son entraîneur Dave Fallon pourrait être son prochain sujet ?

La question arrache un large sourire à une athlète qui se dit très timide.

« Non... Non... Je ne dessine pas des personnes », répond Shaver.

Fallon, lui, s’avère plus volubile. Il a longuement parlé de la flamme compétitive qui anime la gymnaste qui mesure cinq pieds.

« Elle se montre peut-être timide, mais à l’intérieur, il se cache une petite lionne qui est toujours prête à attaquer un nouveau défi et de nouvelles routines plus complexes », dit-il.