Pour souligner la première accession en même temps d’une Japonaise et d’un Japonais dans le dernier carré d’as d’un tournoi du Grand Chelem, Noami Osaka et Kei Nishikori ont posé devant l’hôtel The Kitano drapés du drapeau japonais, jeudi à New York.

Deux Japonais en demi-finale en Grand Chelem, du jamais-vu

NEW YORK — Le tennis japonais est à la fête. Pour la première fois, il compte en même temps un joueur et une joueuse dans le dernier carré en Grand Chelem.

À 20 ans, Naomi Osaka (19e) a offert au Japon sa toute première demi-finale féminine en Grand Chelem depuis 22 ans. La dernière fois que c’était arrivé, en 1996, avec Kimiko Date à Wimbledon, Osaka n’était pas encore née!

Sa victoire express aux dépens de l’Ukrainienne Lesia Tsurenko (36e) acquise 6-1, 6-1 en moins d’une heure, c’est en anglais qu’Osaka a répondu aux questions des journalistes nippons. Car si elle est née à... Osaka et que sa mère est japonaise, elle vit aux États-Unis depuis qu’elle a trois ans. Le japonais, elle le comprend, mais le parler, c’est une autre histoire.

Osaka, qui naviguait autour de la 70e place mondiale en début de saison, s’est révélée au printemps, sur ciment américain déjà, en remportant le tournoi d’Indian Wells, puis en battant sèchement Serena Williams (6-3, 6-2) au premier tour à Miami la semaine suivante.En Grand Chelem toutefois, son meilleur résultat était un huitième de finale aux Internationaux d’Australie, en janvier.

Extérieurement, son inexpérience n’a pas transparu mercredi. Intérieurement, à la croire, c’était autre chose. «J’étais en panique, mon corps tout entier tremblait mais j’ai bien joué», a raconté Osaka, qui a accueilli sa qualification sans émotion apparente, deux jours après avoir fondu en larmes après le succès qui lui avait ouvert les portes des quarts de finale.

Pour une place en finale, elle se mesurera à Madison Keys (14e). Finaliste sortante, l’Américaine de 23 ans s’est qualifiée en dominant 6-4 et 6-3 l’Espagnole Carla Suarez Navarro (24e). Avec sa demi-finale à Roland-Garros en juin, la protégée de Lindsay Davenport a atteint, au moins, le dernier carré dans trois des quatre tournois du Grand Chelem. Seul celui de Wimbledon résiste encore à son jeu puissant : son meilleur résultat sur le gazon londonien est un quart de finale en 2015. 

Keys et Osaka se sont déjà rencontrées à trois reprises. Chaque fois, c’est l’Américaine qui s’est imposée.  L’autre demi-finale opposera Serena Williams, en quête d’une 24e couronne en Grand Chelem, à la Lettonne Anastasija Sevastova (18e).

Aux portes du top 10

À 28 ans, Nishikori, ex-no 4 mondial aujourd’hui 19e, confirme son retour au plus haut niveau après avoir été éloigné du circuit pendant six mois, entre août 2017 et février dernier, la faute à un poignet droit blessé et opéré. Après plus de quatre heures, il est venu à bout 2-6, 6-4, 7-6 (5), 4-6 et 6-4 de Marin Cilic (7e).

«C’était difficile, surtout à la fin quand j’étais devant et qu’il est revenu, mais je me suis battu sur tous les points même si j’étais vraiment fatigué», a expliqué Nishikori, qui a obtenu sa revanche sur le Croate, sacré à ses dépens aux États-Unis en 2014.

C’est la troisième fois que Nishikori se hisse en demi-finale en Grand Chelem. Chaque fois (2014, 2016 et 2018), c’était à Flushing Meadows. Ce parcours garantit au Nippon, tombé au 39e rang mondial début avril — son classement le plus bas depuis octobre 2011 — de frapper, au moins, aux portes du top 10 à l’issue du dernier tournoi majeur du calendrier.

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AU BOUT DE L'EFFORT ET DE LA NUIT

Au bout de l’effort et de la nuit, Dominic Thiem a finalement plié vers 2h, mercredi, devant Rafael Nadal. Battu 0-6, 6-4, 7-5, 6-7 (4) et 7-6 (5) par le no 1 mondial, il a payé sa fébrilité dans les moments cruciaux après 4h49 de combat. «Je vais garder ce match en mémoire pour toujours, je vais m’en souvenir pour toujours, c’est certain. Le tennis est cruel parfois, ce match ne méritait pas vraiment de perdant. Mais il en faut un», a dit , l’Autrichien de 25 ans (19e mondial). L’ouragan Thiem avait tout emporté sur son passage lors de 24 premières minutes, jusqu’à donner le tournis à Rafa et lui infliger un rare 6-0. Puis le Majorquin, qui a passé une veste réfrigérante lors d’un changement de côté en début de match, a repris pied. «Je me suis dit : “Réveille toi!” C’était un début de match très difficile, j’ai essayé de l’oublier et de rester dans le match.»

«C’est mon premier grand match de ce genre», a précisé Thiem. «J’en ai joué quelques bons avant, mais pas aussi longs, et contre un des meilleurs, en Grand Chelem. Je suis heureux d’avoir vécu ça pour la première fois, même si ça finit mal pour moi. Bien sûr, tout de suite, je suis un peu abattu. Mais dans quelques jours, avec du recul, je me rappelerai combien c’était génial de jouer ce match exceptionnel sur le court Arthur-Ashe.»