Joey Desjardins
Joey Desjardins

Desjardins se rapproche de Tokyo

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Joey Desjardins peut toujours rêver à une première participation aux Jeux paralympiques, l’été prochain, à Tokyo.

Cyclisme Canada a dévoilé mardi sa liste de 14 nominations préliminaires en vue du rendez-vous en sol japonais. Le nom de l’athlète franco-ontarien de Hawkesbury s’y trouve.

Ça ne lui assure toutefois pas automatiquement son billet.

«Ce n’est certainement pas le temps de fêter. Il reste encore deux étapes de la Coupe du monde au début de la saison prochaine pour déterminer les places finales, avoue Desjardins au bout du fil.

«Ça veut juste dire que mon rêve est encore en vie, qu’il est plus fort que jamais.»

Le Canada saura en juin prochain s’il peut amener cinq ou six paracyclistes masculins à Tokyo. En ce moment, Desjardins occupe le sixième rang du classement établi par la fédération nationale.

«C’est tellement serré comme classement, souligne l’homme âgé de 34 ans.

«De voir mon nom sur la liste me donne quand même un gros sens d’accomplissement. Il y a deux ans, même les entraîneurs me disaient que ça serait difficile de me qualifier pour les Jeux, mais j’ai tellement bien progressé.»

Desjardins a remporté sa première médaille en carrière sur le circuit de la Coupe du monde en 2019. Il avait terminé troisième de l’épreuve sur route d’Ostende, en Belgique.

«Je suis dans la catégorie la plus compétitive au Canada. Nous sommes quatre gars classés H3 qui ont montré qu’ils peuvent tous gagner une médaille aux Jeux. C’est le fun à voir.»


« Je pète le feu! Ça faisait six ans que je roulais sans arrêt. La pause a fait beaucoup de bien. »
Joey Desjardins

Desjardins, qui est paraplégique depuis une décennie, aurait aimé poursuivre sur sa lancée cette année sur la scène internationale, mais la COVID-19 a fait dérailler ses plans. Toutes les compétitions ont été annulées.

«Je me trouvais justement à Hawaï en camp d’entraînement depuis quatre jours avec l’équipe nationale quand tout est arrêté en mars. Tout s’est passé si vite.»

Le père de famille de deux jeunes filles a décidé de s’accorder une pause de son entraînement intensif au début de la pandémie. Surtout que ses enfants étaient à la maison et que sa conjointe devait effectuer du télétravail.

Joey Desjardins a pu perfectionner ses... cordes vocales.

«J’ai arrêté de m’entraîner pour deux mois et demi. Ce n’était pas un repos complet. J’ai juste décidé de faire d’autres sortes de sorties. Rien de trop structuré. Par exemple, j’allais me promener avec mes filles que je tirais dans un chariot en arrière de mon vieux vélo. Nous avons beaucoup parlé et chanté des comptines durant nos promenades.»

Cet arrêt aura été bénéfique. Desjardins réalise certains de ses meilleurs temps à l’entraînement.

Au moment de l’entrevue, il terminait un troisième camp d’entraînement depuis la fin juin à Bromont.

«Je pète le feu! Je te dirais que ça faisait six ans que je roulais sans arrêt. La pause a fait beaucoup de bien.»

Joey Desjardins n’a aucune intention de remiser son vélo dans un an. «Tokyo, c’est un boni, dit-il.

«Ce que je visais au départ, c’était une participation aux Jeux de 2024, à Paris. Mais je me suis amélioré assez vite.»