Des athlètes n’ont pas hésité à se jeter dans le canal Rideau où se tiendra l’épreuve de natation lors des courses de triathlon de la Super Triathlon League ce week-end.

Des nageurs dans le canal Rideau

Le canal Rideau est un trésor de l’UNESCO. Il fait la fierté de tous les Ottaviens et Ottaviennes depuis près de deux siècles, mais de là à s’y baigner, c’est une autre histoire.

Rares sont les citoyens qui oseraient s’y aventurer, mais pendant le prochain week-end, des centaines de triathloniens en provenance de partout dans le monde vont nager dans ce bassin d’eau dans le cadre d’une épreuve de qualification de la Super Triathlon League (STL).

Après des arrêts en Indonésie et en Pologne, l’épreuve d’Ottawa sera la dernière occasion de se qualifier pour la Ligue des champions qui va commencer à Jersey, une île indépendante anglo-normande entre la France et le Royaume-Uni, en septembre. 

À sa troisième année d’existence, cette ligue remettra 1,5 million $ US en bourses à ses athlètes les plus méritoires pendant l’ensemble de sa série.

La STL débarque en ville avec une nouvelle recette pour rendre le triathlon plus attrayant aux yeux des spectateurs puisque l’épreuve sera entièrement disputée près du parc Lansdowne.

« La nage va se faire sur une boucle de 300 mètres dans le canal Rideau (un corridor de 150 mètres aller/retour avec 20 mètres de largeur), le parcours de vélo est une boucle de 1 km et le trajet de course à pied est une autre boucle de 800 m. Les athlètes vont faire ces boucles trois fois de suite. Inspiré du modèle de la Formule Un dans le sport automobile, les spectateurs pourront voir la compétition à partir d’un seul endroit », a expliqué Michael Brown, le président-directeur général de la série.

Le canal Rideau n’a jamais été le théâtre de compétition de natation. 

Pour ce faire, l’organisation a dû obtenir l’autorisation de Parcs Canada en plus d’effectuer des tests d’eau depuis trois mois pour répondre aux normes de la Fédération internationale de triathlon. 

Les algues ont aussi été arrachées dans le corridor où les athlètes nageront aux côtés des bateaux de plaisance.

« La qualité de l’eau est égale ou même meilleure qu’à d’autres endroits où nous allons. Nous avons pris toutes les précautions nécessaires. Nous n’allons pas mettre la santé de nos nageurs à risque. Les tests de ‘pH’, d’E. Coli et d’entérocoque ont surpassé les normes. Nous sommes confiants. Tout sera correct », a ajouté Michael Brown.


« À Liverpool en Grande-Bretagne, c’était carrément horrifiant ! Les gens sortaient de l’eau avec la peau brune et les participants ont eu des boutons au visage. Ici, c’est de l’eau douce. C’est mieux que de l’eau salée. On me dit qu’il y a des poissons ici. Ç’a m’a l’air pas trop mal. »
Ollie Turner, triathlonien

Triathlonien natif de Jersey, Ollie Turner compétitionne sur le circuit de la STL depuis un an et demi et il assure avoir vu pire comme conditions.

« À Toulouse en France, ce n’était pas très invitant. Ils avaient dû annuler la portion natation parce qu’il avait plu et le débit d’eau était devenu trop élevé. À Liverpool en Grande-Bretagne, c’était carrément horrifiant ! Les gens sortaient de l’eau avec la peau brune et les participants ont eu des boutons au visage. Ici, c’est de l’eau douce. C’est mieux que de l’eau salée. On me dit qu’il y a des poissons ici. Ç’a m’a l’air pas trop mal. »

Dans sa jeune carrière, il a eu une préférence pour les eaux cristallines de ses compétitions en Turquie ainsi qu’à la maison, à Jersey. Le truc pour l’athlète de 20 ans, ce sera de boire une canette de Coke s’il devait avaler un peu trop d’eau du canal. « Ça équilibre tout ! »

Raleigh Chénier, 19 ans, est née à Ottawa. L’idée de nager dans le canal Rideau l’a quelque peu effrayé au départ, mais après avoir fait un saut dans le plan d’eau mercredi, elle s’est montrée rassurée.

« J’étais nerveuse au départ, mais après l’avoir essayé, c’était moins pire que ce à quoi je m’attendais », a dit l’athlète du club Bytown Storm.

Récemment, elle regardait attentivement les résultats des tests d’eau et dit en avoir été étonnée. « C’est mieux que certaines plages. C’est la même eau qu’à Mooney’s Bay et nous venons de faire une compétition là-bas le week-end dernier. »

L’Ottavienne a participé aux Championnats canadiens juniors à Kelowna cet été. Dans le superbe lac Okanagan, la qualité de l’eau était le moindre de ses soucis.

Voyons voir ce que les athlètes internationaux penseront de cette course inédite dans le canal Rideau après les courses de samedi et dimanche.

La Super Triathlon League a signé une entente de trois saisons jusqu’en 2021 avec Tourisme Ottawa.

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DE L'ADRÉNALINE POUR TROIS ANS

La venue de la Super Triathlon League (STL) à Ottawa fait plaisir au maire Jim Watson.

Se qualifiant lui-même d’un triathlonien à la blague, ses sports étant «dormir, manger et parler», Watson a dit que l’arrivée de cette série spectaculaire s’inscrit dans le plan d’action de la Ville pour attirer des événements sportifs d’envergure nationale et internationale dans la capitale du Canada.

Il a fait allusion à la Coupe Grey, la Classique hivernale de la LNH, les championnats canadiens d’athlétisme, le Roar of the Rings (qualification olympique en curling) et la Coupe du monde féminine de soccer 2015 pour appuyer ses dires.

«Maintenant, nous ajoutons la Super Triathlon League à cette liste impressionnante. C’est une occasion en or pour les athlètes, mais aussi une occasion pour la Ville de montrer ses attraits touristiques. C’est excellent pour l’économie locale.»

Afin d’être la première à pouvoir nager dans le canal Rideau, la STL a signé une entente de trois saisons jusqu’en 2021 avec Tourisme Ottawa.

Dans cette compétition axée sur la vitesse, les spectateurs verront les athlètes s’élancer sur un parcours de nage (150 m aller/retour pour 300 m), de vélo (1 km x 4 tours) et de course à pied (800 m x 2 tours). Ils nageront, pédaleront en plus de courir ces boucles trois fois par course. Ils seront constamment dans les zones de transition.

Dimanche, chez les professionnels, il y aura des éliminations après chaque course. Les cinq temps les plus lents seront éliminés après la première course. Même chose pour la deuxième ronde.

«Il n’y aura que 10 minutes de repos entre les épreuves. Nos professionnels pourront faire jusqu’à trois courses dimanche», a dit Michael Brown, le PDG de la STL.

Fraîchement médaillé d’argent aux Jeux panaméricains, le Gatinois Alexis Lepage sera de la partie. Les athlètes olympiques Paula Findlay, Charlotte McShane et Ryan Bailie seront parmi les autres principales têtes d’affiche. Il y aura 42 athlètes (25 hommes et 17 femmes) chez les professionnels, environ 70 athlètes juniors et 150 autres dans les groupes d’âge.

Le parc Lansdowne va vibrer tout le week-end et l’entrée sera gratuite avec des activités pour toute la famille : maquillage, cabine photo et nourriture de rue.