William Dagenais, Hendrix Lapierre, Alexandre Groleau, Conor Frenette et Anthony Hamel sont quelques-uns des joueurs de l’Intrepide de Gatineau qui seront repêchés dans la LHJMQ samedi.

Des Gatinois aux portes de la LHJMQ

La cohorte des hockeyeurs de l’Outaouais nés en 2002 fait jaser depuis plusieurs années.

Ce groupe de joueurs a dominé la scène du hockey mineur à l’échelle provinciale, accumulant les titres importants, dont quelques championnats du Québec.

L’attaquant Hendrix Lapierre représente d’ailleurs le meilleur espoir de la séance de sélection 2018 selon le Centre de soutien au recrutement (CSR) de la LHJMQ, mais un nouveau joueur admissible à la citoyenneté canado-suisse pourrait brouiller les cartes sur le plancher du centre Gervais Auto samedi.

Selon certains échos, l’addition tardive de Théo Rochette a le potentiel de bouleverser le sommet de la pyramide à Shawinigan.

En raison de sa domination sur la patinoire, Hendrix Lapierre a retenu l’attention des médias pendant la dernière saison midget AAA de l’Intrépide de Gatineau, mais derrière cet élégant patineur, il y a d’autres excellents hockeyeurs qui feront les délices des équipes du circuit Courteau samedi.

Selon le CSR, William Dagenais (36e) et Anthony Hamel (68e) devraient aussi être réclamés dans les quatre premières rondes tout comme Paul Doré (57e) qui s’est exilé aux États-Unis cette saison afin d’y poursuivre son développement.

« Dagenais a bien progressé. Il excelle en protection de rondelle. Il a un bon gabarit. Il va aider des équipes de la LHJMQ », a lancé Jacques Carrière, le recruteur-chef des Screaming Eagles du Cap-Breton, qui est installé en Outaouais.

De son côté, la taille de Hamel (5’8’’, 170 livres) a incité le CSR à projeter le petit défenseur comme un espoir de quatrième ronde, mais attention dit Jacques Carrière.

« Il a un petit gabarit, mais il joue beaucoup plus gros que sa taille. Les partisans des Olympiques se souviennent encore d’Hubert Labrie. C’est une bonne comparaison. Il frappe solidement. Il n’a peur de rien. Il est dur à affronter dans sa zone. Il déplace bien la rondelle. »

Labrie avait été un choix de deuxième ronde des Olympiques en 2007. Pas pour ses points, mais pour son caractère. Il avait fini par devenir capitaine du club.

« Je ne suis pas Hendrix Lapierre ! Je ne suis pas une machine à marquer des points. On ne peut pas m’évaluer là-dessus. Je fais plein de trucs qui passent inaperçus sur la glace. Je bloque des tirs, je déstabilise l’adversaire », dit celui qui tient son grand-oncle Denis Potvin pour idole.

Son grand-père est le frère de l’ancien défenseur étoile des Islanders de New York.

« J’ai son style de jeu. Je ne le vois pas souvent parce qu’il est en Floride, mais il m’encourage et il me donne des trucs. »

Au dernier Défi Gatorade de la LHJMQ, Hamel a suffisamment bien fait avec son équipe du Québec pour qu’on lui décerne le titre du joueur le plus utile.

« Je me suis démarqué face aux meilleurs espoirs. En avantage numérique autant qu’en désavantage. J’ai montré que je pouvais élever mon jeu d’un cran. »

Quant à William Dagenais, son souhait serait d’être réclamé au premier tour même s’il a été classé en fin de deuxième ronde par le CSR. « Mon objectif est de sortir en première ronde et d’essayer de faire le saut dans la LHJMQ l’an prochain. Je suis satisfait de ma saison et de ma progression dans les séries. »

S’il assure être prêt à jouer n’importe où, Dagenais avoue qu’il serait flatté d’être réclamé par les Olympiques, qui pigeront deux fois en deuxième ronde.

« Ça serait une fierté. Je vais aux matches des Olympiques depuis que je suis jeune et je connais bien l’entraîneur (Éric Landry), car j’ai longtemps joué avec son fils (Manix). C’est un ami », a raconté l’auteur de 35 points en 48 matches de saison et des séries.

DES PERLES DANS LES RONDES SUBSÉQUENTES

L’Intrépide de Gatineau vient de connaître sa meilleure saison en 10 ans dans la Ligue midget AAA du Québec et ces résultats devraient se faire ressentir au repêchage 2018 de la LHJMQ à Shawinigan.

Après Lapierre, Dagenais, Hamel et même Doré (qui n’était pas dans la région cette année), il restera des cartes cachées chez les espoirs de la région outaouaise selon les recruteurs interrogés par Le Droit.

S’il est facile pour un recruteur d’accepter d’être cité dans un article sur les joueurs de premier plan, c’est plus difficile pour les rondes subséquentes. Personne ne veut dévoiler son jeu parmi les perles qui peuvent toujours avoir un impact dans les rondes tardives. Parlez-en aux Olympiques, qui avaient choisi Jean-Gabriel Pageau en septième ronde
en 2009.

Parmi les joueurs dont le nom revient souvent avec les recruteurs joints par Le Droit, il y a ceux du gardien Alexandre Groleau, de l’attaquant Conor Frenette tout comme ceux de Xavier Raby, Samuel Fortier et Shane Lafleur de l’équipe midget espoir.

Cédric Chénier, Kevin Martin, Nathan Martel, Sébastien Pilon et Jack Seymour ont également été mentionnés dans les discussions.

« Pour moi, la surprise sera Conor Frenette. J’aime son sens du jeu et son caractère », dit un dépisteur de la division est de la LHJMQ.

À 16 ans, il a mené l’Intrépide avec 22 buts cette saison. La majorité de ceux-ci ont été comptés directement devant le filet parce qu’il avait le courage de se planter là malgré ses 5’7’’ et 163 livres.

Personnalité académique de l’Intrépide, Frenette est fier de son éclosion, surtout après les Fêtes où il a senti qu’il avait trouvé sa place dans l’équipe. « J’ai été ignoré au repêchage l’an dernier, mais j’ai eu beaucoup plus d’appels cette année », a expliqué celui qui n’a pourtant pas été classé dans les rondes 1 à 14 du CSR de la LHJMQ.

« J’ai terminé l’année en confiance. Une bonne saison midget AAA dans le corps, ça va m’aider. Je joue avec acharnement. Si tu veux jouer dans la LHJMQ, tu ne peux pas jouer en périphérie. Je pense que les équipes qui m’ont regardé cette année ont remarqué que je ne jouais pas comme un petit joueur. »

Les recruteurs sont aussi unanimes sur la sélection d’Alexandre Groleau. Le CSR l’a placé entre les rondes 6 à 8.

« Peu importe où je sortirai, je serai content. Ça va être une étape de plus dans ma carrière. Rendus au camp d’entraînement, nous partirons tous sur un pied d’égalité. »

Après un début de saison difficile où il a dû s’adapter à un niveau de jeu nettement plus élevé que le bantam AAA, Groleau a pris son élan à partir du mois de novembre.

« C’est une bonne année pour les gardiens nés en 2002. Il n’y a pas grand-chose qui va séparer les gardiens repêchés entre la deuxième et la neuvième ronde. Il y aura des noms à retenir de cette cuvée », avance Groleau.

Enfin, il faudra surveiller Manix Landry, fils de l’entraîneur-chef des Olympiques Éric Landry. Son nom n’apparaissait pas sur la première liste du CSR, mais il a été ajouté par au moins une équipe. Ça pourrait être les Olympiques. Il a pris du coffre cette saison en jouant à Rockland avec l’Académie internationale et canadienne.