Les coureurs du Tour de France, dont l’Espagnol Mikel Landa, ont roulé dans la poussière et sur les pavés près de Roubaix au cours de la neuvième étape de la course.

Degenkolb gagne, les favoris passent

ROUBAIX — Les pavés de Paris-Roubaix ont laissé dimanche la course très ouverte dans le Tour de France après la 9e étape gagnée par l’Allemand John Degenkolb.

Malgré l’abondance de chutes, les grimpeurs, visages couverts de poussière, s’en sont bien tirés. À l’exception du Colombien Rigoberto Uran, qui a cédé près d’une minute et demie et reculé au classement derrière la plupart de ses adversaires directs.

« La course a été rapide et dangereuse », a commenté le porteur du maillot jaune, le Belge Greg Van Avermaet, qui a conforté sa position de leader avant d’attaquer les Alpes.

Le champion olympique de Rio a regretté d’avoir été devancé au sprint par Degenkolb dans une arrivée à trois coureurs, près du vélodrome qui sert de final à l’arrivée de la « reine des classiques ».

Son équipe a surtout déploré la perte de Richie Porte, le chef de file de la BMC. L’Australien a chuté dans les premiers kilomètres de l’étape, bien avant le premier des quinze secteurs pavés au programme.

Épaule droite touchée, Porte a été contraint à l’abandon. Tout comme l’an passé, dans la 9e étape déjà, quand il avait dû quitter le Tour après une grave chute dans la descente du Mont du Chat, au-dessus de Chambéry.

Durant cette chaude journée, les chutes se sont multipliées, le plus souvent à l’entrée ou à la sortie des pavés, dans les gravillons qui tapissent les bas-côtés.

Chris Froome, vainqueur sortant, est allé à terre à 46 kilomètres de l’arrivée. Mais le Britannique a pu repartir rapidement.

Pour Romain Bardet, l’étape a ressemblé à une interminable course-poursuite. Avec l’aide très précieuse de ses équipiers (Naesen, Dillier et Gallopin surtout), il est parvenu à revenir sur le groupe des favoris après ses deux premières crevaisons. La troisième, à 7 kilomètres de l’arrivée, l’a condamné à attendre l’Espagnol Mikel Landa, distancé pour sa part sur chute auparavant.

Bardet et Landa sont presque rentrés sur le premier peloton au moment de franchir la ligne. À sept secondes seulement du groupe de Froome, qui a relancé l’allure dans le final.

« C’est un miracle que je ne perde que sept secondes ! », s’est exclamé le Français. En écho, son directeur sportif de l’équipe AG2R La Mondiale, Julien Jurdie, a renchéri : « On a beaucoup de frustration. Sans les crevaisons, on aurait pu voir du grand Romain ».

Au classement, l’Auvergnat compte désormais 55 secondes de retard sur Froome et précède le deuxième Français, Warren Barguil, de 5 secondes seulement.

Hormis le Gallois Geraint Thomas, nanti d’une marge d’une cinquantaine de secondes, la plupart des favoris se tiennent dans une fourchette d’une trentaine de secondes (Majka, Fuglsang, Froome, A. Yates, Landa, Nibali, Roglic, T. Dumoulin).

Pour le gain de l’étape, Degenkolb a suivi, avec Van Avermaet, le champion de Belgique Yves Lampaert qui a attaqué à 17 kilomètres de l’arrivée, sur les pavés de Camphin.

Le trio s’est disputé ensuite la victoire qui est revenue au coureur allemand de l’équipe Trek, dont la carrière est marquée par un grave accident à l’entraînement au début de l’année 2016. Il avait été heurté de plein fouet, avec plusieurs coéquipiers, par une automobiliste lors d’un stage en Espagne.

« C’est formidable ! », a déclaré Degenkolb après son succès. « J’ai du mal à expliquer ce que je ressens. »