Le sprinteur Damien Lamoureux, de Gatineau, participera cette semaine au 100 m des championnats canadiens d’athlétisme qui se dérouleront à Montréal. Il a effectué un retour à la compétition en 2017 après une pause de quatre ans. Une dizaine d’athlètes de la région sera du rendez-vous au complexe Claude-Robillard.

De professeur d’arts à sprinteur national

Damien Lamoureux va troquer le nœud papillon qu’il porte parfois dans son rôle de professeur en faveur d’un maillot de sprinteur dans les prochains jours au championnat canadien d’athlétisme.

L’homme âgé de 26 ans fait partie de la dizaine d’athlètes de Gatineau qui fera le voyage à Montréal. Le complexe sportif Claude-Robillard accueillera l’élite nationale sur piste et gazon du 25 au 28 juillet.

L’histoire de Lamoureux, qui enseigne les arts plastiques au Collège Saint-Alexandre, détonne. Il a renoué avec la compétition au printemps 2017 après une pause de quatre années consacrées à ses études universitaires.

On le retrouvera sur la ligne de départ du 100 m, jeudi matin, lors des qualifications.

Le natif de Mont-Laurier s’avère réaliste. Il ne s’attend pas à se retrouver en demi-finale, et encore moins en finale, aux côtés des Andre De Grasse et Aaron Brown.

Son meilleur temps en carrière a été obtenu l’an dernier aux championnats canadiens à Ottawa. Il avait stoppé le chrono à 11,44 secondes en présence toutefois d’un vent favorable.

De Grasse et Brown ont déjà couru à quelques reprises sous la barre des 10 secondes sur la scène internationale.

« Nous n’avons pas le même objectif », note Lamoureux.

Ses adversaires tentent de roder la machine en vue des championnats du monde, à un an des Jeux olympiques à Tokyo.

« Je suis très compétitif dans la vie. Mais je travaille à temps plein. Je ne peux pas faire beaucoup de sacrifices pour juste courir. Je m’en vais là-bas pour me dépasser moi-même », souligne-t-il.

« La compétition est très relevée chez les seniors. Il faudrait que je coure très bas dans les 11 secondes pour passer en demi-finale. »

Lamoureux se pointera pour améliorer son record personnel, mais aussi afin de savourer l’ambiance d’un champion national. C’était sa première expérience en 2018 à Ottawa.

« C’est ce que je recherche le plus. J’ai participé à des courses du crépuscule à Ottawa. Ce sont des petits groupes. Aux championnats canadiens, tu as plusieurs tentes de commanditaires. Tu as les nombreux bénévoles. C’est gros. Le moment le plus excitant, c’est d’attendre pour le bruit du fusil pour commencer à courir. »

Lamoureux apporte ensuite une correction. Il y a un autre truc qui l’a fait frissonner l’an dernier.

« Juste le fait d’entendre ton nom prononcé dans le stade, c’est un bon feeling. Tu te sens fier. J’ai même ri un peu car mon nom avait été modifié un peu en anglais ! »

Pas de risque cette fois-ci à Montréal. Du moins en principe.

Sa famille qui habite à Mirabel viendra l’encourager. C’est dans cette ville des Laurentides que Damien Lamoureux a découvert l’athlétisme à l’adolescence.

Une aventure qui l’a amené aux Jeux du Québec en 2010 à... Gatineau. Il avait participé notamment aux épreuves de sprint à la piste du stade Mont-Bleu.

Le même endroit où il s’entraîne maintenant depuis deux ans sous le regard de son instructeur du club d’athlétisme de Gatineau, Donald Côté.

Lamoureux se souvient encore de la finale du 100 m des Jeux. « C’était spécial. Il y avait 30 à 40 personnes qui criaient mon nom dans les estrades », relate-t-il.

« Je te dirais par contre que ce n’était pas ma meilleure course. Je suis arrivée huitième sur huit coureurs. J’avais eu un mauvais départ. Mais j’avais quand même aimé mon expérience. »

Lamoureux avait une autre raison de renouer avec l’athlétisme. Il est diabétique de type 1.

« J’ai un régime de bonnes habitudes de vie à suivre afin que ma santé ne se dégrade pas. Je reste actif », souligne le sportif qui s’avère aussi artiste et mordu de techno.

« J’ai trois cellulaires à la maison. Je suis rendu à mon 10e cellulaire depuis que j’ai 19 ans. Je suis un gars assez polyvalent qui aime toucher à un peu de tout. »

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PLUSIEURS ESPOIRS LOCAUX EN PISTE

Il est classé numéro un au Québec chez les moins de 20 ans au 110 mètres haies. Antoine Lebrun tentera maintenant de devenir le plus rapide au pays.

Une belle brochette d’espoirs de l’athlétisme en Outaouais sera à surveiller aux championnats canadiens. Lebrun fait partie du lot. Il se rapproche drôlement du critère de sélection en vue des championnats du monde juniors de 2020, qui auront lieu au Kenya.

«C’est un athlète qui s’entraîne chez nous depuis qu’il est petit, depuis qu’il a huit ans», a souligné le directeur général du club Cirrus, Rova Rabemananjara.

Lebrun, 18 ans, a éclot l’été dernier.

«Il a gagné aux Jeux du Québec et il s’est retrouvé parmi les meilleurs au Canada. Nos objectifs à moyen et long termes sont les Jeux du Canada et les Jeux de la francophonie en 2022.»

Cinq coéquipiers de Lebrun l’accompagneront à Montréal.

Yasser Riad concourra chez les juniors après avoir été champion québécois chez les moins de 18 ans. Emma Martins tentera sa chance au 100 m chez les juniors tandis qu’Éliane Martineau s’alignera au 800 m. Toujours chez les juniors, Thierry Dussault participera aux épreuves de 400 et 800 m.

Dans les rangs seniors, Corinne Desgagné fait partie des inscrites au 400 m haies.

Adversaires plus âgés

Quant au club d’athlétisme de Gatineau, il sera représenté par cinq athlètes.

En plus de Damien Lamoureux, on retrouvera Frédérique Bell. L’adolescente de 16 ans affrontera des adversaires plus vieilles de deux ou trois ans plus tard cette semaine au 800 m. Elle se pointera à l’événement en tant que championne québécoise sur cette distance chez les moins de 18 ans.

Samuel Hurtubise et Jameel Greenindge concourront respectivement au lancer du javelot et au 400 m haies.

Qui dit club d’athlétisme de Gatineau, dit Audrey Leduc. La sprinteuse a fait manchette plus d’une fois ces dernières années par sa progression fulgurante.

Leduc sera une des rares femmes à participer à trois épreuves chez les seniors, le 100 et 200 m de même que le saut en longueur. Elle a remporté l’or en 2018 chez les juniors au 100 m.

Plus tôt en juillet, l’athlète âgée de 20 ans a aidé le Canada à rafler l’argent au relais 4 x 100 m aux championnats des moins de 23 ans de la NACAC, au Mexique. Ses coéquipières et elle ont battu le record canadien avec un chrono de 44,28 secondes.

Un dernier nom à retenir en vue des championnats canadiens. Celui de Farah Jacques, qui habite à Gatineau mais s’entraîne à Ottawa.

L’Olympienne des Jeux de 2016 à Rio tentera de brouiller les cartes au 200 m, épreuve dominée par sa coéquipière de l’équipe nationale, Crystal Emmanuel.

Jacques, 29 ans, sera une des vedettes locales à Montréal, ville dans laquelle elle a grandi. De plus, sa photo se retrouve sur plusieurs des affiches promotionnelles confectionnées par Athlétisme Canada en vue de ces championnats nationaux.