Les règles d’admissibilité pour les Jeux du Québec sont loin de faire l’unanimité à l’aube de la 53e Finale.

De nouvelles règles qui suscitent l’inquiétude

TROIS-RIVIÈRES — Les nouvelles règles d’admissibilité décrétées par le ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport pour participer aux Jeux du Québec sont loin de passer comme une lettre à la poste. À quelques jours du début de la 53e Finale, du 27 juillet au 4 août dans la région de Thetford Mines, les responsables admettent ressentir une certaine inquiétude pour les prochaines éditions de ce rendez-vous incontournable du sport amateur.

Depuis 2015, le ministère souhaitait revoir les conditions d’admissibilité pour les Jeux du Québec, notamment afin de s’assurer que tous les participants misent sur l’expérience et les aptitudes nécessaires pour participer aux compétitions. Concrètement, le processus de qualification a notamment été revu et des étapes ont été ajoutées. Les fédérations ont aussi été mises à contribution afin de s’assurer que les participants qualifiés soient bel et bien de calibre espoir.

Entre autres, l’âge minimal a été révisé à 12 ans, en date de l’ouverture des épreuves. Cette modification a notamment des répercussions en soccer alors que quelques joueurs ont été écartés du processus de sélection. Dans certains cas, ce sont à peine quelques heures qui les empêcheront de défendre les couleurs de la Mauricie. «Nous avons effectué plusieurs demandes de dérogations et elles ont toutes été refusées», souligne Anabel Plamondon, chef mission pour la Mauricie.

Pour les années à venir, les intervenants du monde du soccer espèrent que la fédération provinciale apportera des ajustements nécessaires afin d’offrir à tous la chance d’accéder aux Jeux du Québec. Si la nouvelle réglementation demeure inchangée, tous les athlètes nés pendant une année paire, entre les mois d’août et décembre, n’auront jamais l’occasion de participer à ce tournoi puisqu’il est présenté à chaque deux ans.

«Ça ne fait aucun sens d’exclure des jeunes qui se préparent depuis trois ans pour ce moment, uniquement en raison de leur date de naissance. Enlever la chance à des jeunes de participer au processus de sélection, seulement sur ce principe, c’est presque discriminatoire. Pourquoi des jeunes qui jouent ensemble pendant toute l’année sont séparés ainsi par une date de fête pour les Jeux du Québec? C’est illogique», dénonce Durnick Jean, entraîneur-cadre de la Mauricie.

Des répercussions à évaluer
Si ces règles n’auront probablement pas d’impacts sur les grandes délégations, les groupes comme la Mauricie ou encore le Centre-du-Québec risquent toutefois d’en ressentir des effets bien concrets. Dans certaines régions, des délégations devront même s’absenter dans quelques sports en raison de cette nouvelle réglementation. «Dans une petite région comme la nôtre, on se force pour offrir une équipe compétitive en jumelant les joueurs de catégories d’âge U12 et U13. Là, on décide d’exclure la moitié des U12. Ça va donc affecter la compétitivité de nos groupes, tant chez les filles que chez les gars. Et pour d’autres régions, ça veut même dire qu’il n’y aura pas d’équipe du tout. Deux régions n’auront même pas d’équipe de filles», déplore Durnick Jean.

À l’Unité régionale de loisir et de sport de la Mauricie, on admet que ces changements entraîneront leur lot d’interrogation. Cependant, avant de crier au loup, l’URLS Mauricie souhaite évaluer les impacts au cours des deux prochaines éditions de la Finale des Jeux du Québec.

«Le conseil d’administration se dit inquiet et a déjà fait part de ses craintes au ministère. C’est certain que ça va faire mal aux plus petites régions, mais on va quand même prendre le temps d’analyser les impacts avec Sports Québec», souligne Anabel Plamondon.

À la lumière de ces modifications administratives, les attentes seront possiblement revues à la baisse pour la Mauricie cet été à Thetford Mines. «Il ne faudra pas nécessairement pas se fier au nombre de médailles, car ça va avoir un impact sur la récolte. La délégation va peut-être être moins nombreuse et pour ce qui est la qualité, ça reste à suivre...», ajoute la chef de mission.