Vincent De Haître a pris sa décision. Il va tenter le grand coup et essayer de participer à deux aventures olympiques en l’espace de sept mois.
Vincent De Haître a pris sa décision. Il va tenter le grand coup et essayer de participer à deux aventures olympiques en l’espace de sept mois.

De Haître s’inspire de Pierre Harvey

Plusieurs nuits blanches et cinq semaines plus tard, Vincent De Haître a pris sa décision. Il va tenter le grand coup et essayer de participer à deux aventures olympiques en l’espace de sept mois.

L’athlète franco-ontarien de Cumberland croit être capable de s’entraîner autant en cyclisme sur piste qu’en patinage de vitesse dans la prochaine année. Ce qui lui permettrait de participer aux Jeux d’été à Tokyo en juillet 2021, puis les Jeux d’hiver en février 2022 où il espère gagner une médaille à Pékin.

«Ça va être chargé pendant les 12 prochains mois. Ça va être pas mal rock and roll, avoue-t-il.

«Mais c’est la décision qui a le plus de sens pour une situation qui est loin d’être idéale. C’est un beau compromis. Je pense que ça se fait.»

De Haître donne l’exemple de Pierre Harvey, qui était de l’aventure à Sarajevo en 1984 en ski de fond. Quelques mois plus tard à l’été, il roulait à Los Angeles.

Pierre Harvey lors de la Gatineau Loppet en 2017

«Ça fait longtemps de ça, mais ça se fait», note-t-il.

L’homme de 25 ans faisait face à un dilemme depuis que le CIO eut annoncé le report d’un an des Jeux de Tokyo initialement prévus cet été. Il devait y participer.

Cyclisme Canada s’apprêtait à annoncer son équipe pour les épreuves sur piste lorsque la pandémie de la COVID-19 a tout changé.

De Haître avait prévu renouer à la fin de l’été avec le patinage de vitesse, discipline dans laquelle il compte déjà deux participations olympiques. Il avait délaissé l’équipe nationale au printemps 2018 afin de se qualifier pour les JO en sol japonais.

Patinage de vitesse Canada avait donné sa bénédiction à l’ancien vice-champion du monde sur 1000 m.

«Là, j’avais trois options avec les Jeux d’été qui étaient repoussés à 2021, relate-t-il.

«La première, c’était de rester à temps plein en cyclisme puis retourner par la suite au patin. Ce n’était pas une bonne idée car j’aurais eu peu de temps pour me préparer. J’aurais peut-être de mauvaises performances sur la glace. En fait, peut-être que je ne pourrais même pas me qualifier pour les Jeux d’hiver en faisant ça.»

La seconde alternative?

«Laisser tomber le vélo, retourner au patin tout de suite et me ressayer en vélo dans deux ans. Je sais où je me situe en patin, ce dont je suis capable de faire. Mais ça voudrait dire que j’ai gaspillé les deux dernières années en vélo.»

Vincent De Haître en a discuté autant avec l’entraîneur de l’équipe canadienne de patinage de vitesse que celui de la formation nationale de cyclisme sur piste. Ce qui a mené à la troisième option qui a été retenue par les trois parties impliquées.

«Je vais consacrer 70 % de mon temps d’ici février prochain au patinage de vitesse. Et quand il y aura les quatre camps d’entraînement en vélo, je vais y participer.»

De Haître devra se taper quelques allers et retours entre Calgary et Milton, site respectif des deux équipes nationales.

«Même quand je m’entraîne au patin, je fais déjà beaucoup de vélo», rappelle-t-il.

Puis entre février et juillet 20201, l’accent sera mis uniquement sur le cyclisme sur piste. Ensuite, ce sera le retour à plein temps sur glace.

«Dans les 13 prochains mois, je n’aurai pas de vacances. Peut-être juste quelques journées pour sortir ma tente pour du camping. Mais je serai honnête envers mon corps. Je vais être vigilant avec sa santé. Puis mes deux coaches vont développer un système de support exceptionnel. Je ne suis pas inquiet.»