Samuel Angers a hésité longtemps, mais il a finalement décidé qu'il valait mieux pour sa carrière de patineur qu'il quitte Gatineau.

De futur retraité à champion

Une sérieuse blessure à une cheville l'a presque poussé à la retraite, le printemps dernier. Samuel Angers est bien heureux ces jours-ci d'avoir opté de poursuivre sa carrière.
Le patineur artistique de Gatineau vient d'être couronné champion québécois chez les hommes. Un titre qu'il a raflé le week-end dernier lors de la finale provinciale à Sherbrooke.
«J'ai pensé arrêter. La dernière année a été l'enfer. J'ai beaucoup réfléchi. Une chance que mes parents ont été là pour moi», a avoué Angers, mercredi, au bout du fil.
L'athlète de 22 ans avait remisé ses patins à pareille date l'an dernier après avoir subi une nouvelle blessure. Il a dû patienter jusqu'en avril avant de passer sous le bistouri.
Les dégâts étaient même plus importants qu'anticipés.
«Deux ligaments étaient notamment détachés. Ma cheville a dû être reconstruite. J'ai passé six semaines sans patiner, à ne rien faire, être sur le sofa avec la jambe en l'air.»
Angers a décidé de se donner une dernière chance sur la glace. Avant de se blesser, il était déménagé à Contrecoeur afin de s'entraîner sous les ordres d'Annie Barabé, qui a formé son lot de champions au fil des ans.
Le duo a renoué son association en juillet, cette fois-ci à Varennes.
«Avec ce résultat-ci, ça me redonne espoir. J'ai un peu plus confiance en mes moyens», a dit le jeune homme qui étudie en comptabilité.
Ce dernier a l'impression de revivre les belles années de son adolescence sur la glace. Il était devenu notamment vice-champion canadien novice à l'âge de 16 ans.
Jadis voué à un bel avenir, Samuel Angers avait même été invité par Patinage Canada à participer en 2011 à une étape du circuit Grand Prix junior en Pologne. Mais peu de temps après son retour au pays, la malchance a commencé à le ralentir. Son corps a commencé le trahir avec des blessures.
Depuis son retour sur la glace, son approche a changé.
«Je me mets moins de pression sur mes épaules. Je me dis maintenant que je n'ai plus rien à perdre. J'essaie de donner mon meilleur lors de chaque compétition. De cette façon, je n'aurai aucun regret si je décide de mettre fin à ma carrière demain.»
Cela dit, pas question de tirer un trait immédiatement.
On le verra au Défi de Patinage Canada le mois prochain à Edmonton. Ce rendez-vous sert de qualification en vue des championnats canadiens prévus du 18 au 24 janvier à Halifax.
Les 13 meilleurs hommes obtiendront leur billet pour la finale nationale où ils se mesureront notamment à Patrick Chan, qui a renoué avec la compétition.
Si tout va bien, Angers sera du rendez-vous.