À 35 ans, le Franco-Ontarien Patrice Dagenais fait partie des vétérans de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant.

Dagenais en terrain inconnu à neuf mois des Jeux paralympiques

Patrice Dagenais garde espoir de participer aux Jeux paralympiques pour une troisième fois en carrière, l’été prochain, à Tokyo.

Sauf que la route vers le Japon s’est rallongée dans les derniers mois pour ses coéquipiers et lui au sein de l’équipe nationale de rugby en fauteuil roulant. Le Canada n’est toujours pas qualifié après avoir perdu contre les États-Unis en finale des Jeux parapanaméricains en août à Lima, au Pérou.

« Il faudra participer à un tournoi de la dernière chance. Nous allons devoir nous battre avec sept autres pays pour les deux places qui restent en vue des Jeux », relate Dagenais au bout du fil.

L’athlète franco-ontarien d’Embrun s’entraîne quotidiennement depuis son retour de l’Amérique du Sud. Pas question de se laisser abattre.

En 2012 et 2016, le chemin vers les Jeux paralympiques avait été « facile » pour le Canada, qui avait confirmé sa présence assez tôt. Deux éditions auxquelles Dagenais avait participé, gagnant l’argent à Londres.

« C’est la première fois depuis que je joue au sein de l’équipe canadienne que nous nous retrouvons dans cette situation », explique-t-il.

« Je suis quand même assez confiant que nous pourrons nous qualifier. Nous connaissons la plupart de nos adversaires. Nous avons joué contre la plupart d’entre eux dans le passé. Il reste encore quelques mois pour se préparer. »

Dagenais et ses amis ignorent quand et où se déroulera ce tournoi de la dernière chance. Une annonce est prévue sous peu.

« Nous savons juste que ce sera au printemps », dit-il.

En attendant, le Canada tiendra un premier camp d’entraînement du 7 au 14 décembre à Longueuil. Un autre aura lieu tôt en 2020 à Londres, en Ontario.

À l’âge de 35 ans, Dagenais fait partie maintenant des vétérans de la formation nationale. On lui a confié le titre de co-capitaine, lui qui roule avec l’uniforme unifolié depuis 2009.

« J’essaie de monter le bon exemple aux plus jeunes en prenant de bonnes décisions. Je donne des conseils tout en continuant à travailler aussi sur mon jeu. »

À l’image de nombreux coéquipiers, Patrice Dagenais possédait un bon bagage sportif avant d’aboutir dans un fauteuil roulant. Il a joué au hockey junior C à St-Isidore en plus de gagner trois médailles d’or consécutives avec l’équipe de son école secondaire, les Cyclones d’Embrun.

Dans son cas, il a subi une blessure à la moelle épinière dans un accident sur un chantier de construction à l’âge de 18 ans. Un an et demi plus tard, il apprivoisait le rugby en fauteuil roulant.

Sa feuille de route dans ce sport comprend aussi une médaille d’or aux Jeux parapanaméricains en 2015 à Toronto.

À sa dernière participation aux Jeux paralympiques en 2016 à Rio, ses coéquipiers et lui ont terminé au pied du podium. Un résultat encore frais à la mémoire, neuf mois avant le prochain tournoi paralympique.

« Nous avions terminé quatrièmes. Nous avions perdu par deux points contre le Japon dans le match pour la médaille de bronze. C’était décevant de revenir à la maison sans médaille », avoue-t-il.

« Mais en même temps, la compétition s’avère de plus en plus forte. »

En ce moment, le Canada est classé cinquième au monde. Et Patrice Dagenais ne songe pas à s’arrêter après ce cycle paralympique.

« Nous avons d’autres joueurs âgés de la trentaine. Certains peuvent même jouer dans la quarantaine dans notre sport. Je te dirais que tant que tu es en bonne condition physique, tu peux continuer à jouer à ce niveau-ci. Puis ça dépend de la profondeur du programme canadien », souligne-t-il.

« C’est un sport unique le rugby en fauteuil roulant. Ce n’est pas tout le monde qui est admissible. Tu dois avoir un handicap qui affecte trois de tes membres pour y jouer. Tu as plus d’une centaine de joueurs au pays. »