COVID-19: réforme temporaire du hockey mineur

Une bombe a éclaté dans le petit monde du hockey mineur, mardi. Des documents de travail de Hockey Québec, obtenus par Radio-Canada, nous laissent croire qu’une petite révolution se prépare pour permettre à la saison 2020-21 d’avoir lieu, à l’ère de la distanciation sociale.

Selon ce document, les déplacements entre régions seraient interdits. La structure telle qu’on la connaît, avec des équipes compétitives et des équipes récréatives, serait temporairement suspendue. Pendant un an, le hockey pourrait se jouer à trois contre trois ou à quatre contre quatre, ce qui laisserait plus d’espace aux joueurs dans le vestiaire, sur la glace et sur le banc.

Le président de Hockey Outaouais, Pierre Montreuil, avait pris connaissance de ce document. Il s’apprêtait à en partager les grandes lignes avec les présidents de toutes les associations de hockey mineur de l’Outaouais, lorsque le reportage a été diffusé.

M. Montreuil tient à rassurer tous les parents et les joueurs qui se font du souci.

«Il ne faut rien prendre pour acquis, en ce moment. Plusieurs idées sont à l’étude. Des gens s’inquiètent déjà et s’imaginent qu’il n’y aura pas de tournois du tout l’hiver prochain. Je répète qu’il ne faut rien prendre pour acquis», a-t-il déclaré, dans un entretien avec Le Droit.

M. Montreuil tient néanmoins à rappeler qu’on vit une situation exceptionnelle.

«Les dirigeants de Hockey Québec discutent avec la ministre Charest depuis un certain temps. Elle leur a dit qu’il n’y aurait pas de hockey ‘normal’ tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas de vaccin.»

«Il faudra se faire à l’idée. On aura du hockey différent, l’hiver prochain», insiste-t-il.

M. Montreuil trouve l’idée d’organiser du hockey à trois contre trois intéressante.

Il croit que son organisation serait en mesure de s’adapter, très rapidement, pour offrir une saison complète à ses membres.

Dans le monde du hockey mineur, déjà, on s’inquiète.

Des entraîneurs s’inquiètent déjà, par exemple, de la composition des équipes. La région comptera-t-elle suffisamment de gardiens de buts, dans un contexte où les équipes pourraient compter entre six et huit patineurs?

La distribution des heures de glace pourrait aussi devenir un enjeu.

Au moins, la reprise prochaine de la construction des trois glaces communautaires, dans le secteur de la Cité de Gatineau, devrait aider.

Hockey Outaouais n’a pas toutes les réponses.

Bon pour les plus jeunes

L’ancien hockeyeur professionnel Francis Wathier a été directeur technique de Hockey Aylmer, l’an dernier.

Il pense que le hockey à trois contre trois pourrait aider au développement des habiletés individuelles, particulièrement pour les joueurs en bas âge.

«J’étais l’entraîneur de mon fils au niveau novice AA, dans l’est ontarien. Un peu partout au pays, on a pu faire l’expérience du jeu à trois contre trois sur des demi-glaces. Au début, j’étais un peu sceptique. Finalement, j’ai beaucoup aimé ça», déclare-t-il.

«À cinq contre cinq, en bas âge, les joueurs les plus doués peuvent facilement leur vitesse pour battre leurs adversaires et transporter la rondelle d’un bout à l’autre de la patinoire. À trois contre trois, ils n’ont pas le choix d’utiliser davantage leurs coéquipiers. Ça leur permet de développer davantage leur vision du jeu.»

«Les joueurs qui ont tendance à suivre un peu la parade, à cinq contre cinq, n’ont pas le choix de se bouger les pieds quand ils évoluent à trois contre trois.»

«Le fait qu’il y ait moins de joueurs sur la patinoire peut aussi favoriser les joueurs moins doués. S’ils apprennent à se démarquer, ils vont automatiquement recevoir des passes. Leurs coéquipiers ont besoin de leur aide.»

Wathier s’inquiète un peu pour les plus vieux, qui souhaitent accéder aux niveaux supérieurs.

«S’il n’y a pas de contacts physiques, on pourra difficilement identifier ceux qui ont du chien.»

«J’espère qu’on trouvera un moyen de leur organiser quelques tournois, dans lesquels ils auront la chance de démontrer tout leur savoir-faire.»