Camille Bérubé

COVID-19: Camille Bérubé s’occupe avec des casse-tête et de la popotte

Camille Bérubé était dans la meilleure condition physique de sa fructueuse carrière dans l’eau. Elle s’apprêtait à se qualifier en vue des Jeux paralympiques pour une troisième fois — déjà — à l’âge de 24 ans.

Les essais nationaux de paranatation étaient prévus la semaine prochaine à Toronto. C’était avant que la COVID-19 vienne plaquer l’humanité.

Les coups de bras dans l’eau ont été remplacés par des... casse-tête ces derniers jours au domicile de ses parents à Gatineau. « Je me suis embarquée dans un casse-tête de 1000 morceaux. J’en ai un autre de 300 morceaux qui m’attend », lance-t-elle en riant.

Bérubé s’est aussi aventurée dans la cuisine. « J’ai fait du pain pour la première fois de ma vie... Et ce fut un succès », note-t-elle fièrement.

Un exercice qu’elle a fait en téléconférence avec une de ses coéquipières de l’équipe canadienne, Tammy Cunnington, qui se trouve à Calgary. Ça l’aide à chasser l’ennui. Ça l’aide aussi à garder le moral.

« Ça permet d’avoir la tête ailleurs. La réalité actuelle, c’est que tout est fermé, même les piscines. »

Elle n’a pas nagé depuis huit jours.

« J’essaie de travailler avec ce que j’ai ici. Je fais du vélo à main. C’est facile de sortir de tes habitudes quand tu es toujours à la maison. J’essaie de me coucher à des heures raisonnables, de me lever à des heures raisonnables aussi. »

Surtout, Bérubé ne veut pas perdre de masse musculaire.

« J’en parlais avec une amie paralympienne. C’est notre réalité. Il y a juste un certain groupe de muscles que je peux travailler en ce moment », explique la jeune femme, qui possède un handicap aux deux jambes après avoir reçu un diagnostic de cancer quand elle est née.

« Repartir la machine » dans l’eau éventuellement après une longue inactivité l’inquiète. Mais du même souffle, elle s’inspire de deux pauses survenues plus tôt dans sa carrière.

« J’avais pris trois mois de congé en 2012 après mes premiers Jeux. Je suis revenu après le temps des Fêtes et étrangement, j’ai connu ma meilleure saison. J’ai vécu la même chose en 2014 après avoir été malade en raison d’une infection à un rein. »

Bérubé ignore si elle prendra sa retraite sportive à la fin de 2020. « Ça me mijotait dans la tête que ce serait mes derniers Jeux. Mais je ne savais pas encore si ça serait ma dernière année de natation », dit-elle.

Sa dernière compétition remonte aux championnats du monde, l’été dernier, à Londres. Inscrite dans quatre épreuves, elle avait accédé à trois finales. Ce qui en aurait fait une des favorites, la semaine prochaine, à Toronto.