Michael Woods célèbre sa victoire après avoir remporté la 17e étape de la Vuelta.

Coups de pédales mémorables pour Woods

Trois mois se sont déjà écoulés depuis son exploit. Michael Woods demeure tout aussi émotif.

La journée en question ? Le 12 septembre 2018.

« La journée pendant laquelle j’ai gagné une étape de la Vuelta », lance le cycliste gatinois au bout du fil. Il est devenu seulement le deuxième Canadien à remporter une étape du Tour d’Espagne. Ryder Hesjedal avait réussi l’exploit deux fois fois en 2009 puis 2014.

Une date lui restera gravée en mémoire, mais surtout son cœur. Une journée durant laquelle il a pleuré de joie, mais aussi de tristesse au sommet du mont Oiz.

« J’avais tellement d’émotions refoulées à évacuer. J’avais perdu mon fils mort-né deux mois auparavant », rappelle-t-il durant une longue entrevue accordée quelques journées avant Noël.

« Je voulais tellement bien faire pour ma conjointe tout en honorant la mémoire de mon fils Hunter. »

Woods versait des larmes après avoir franchi le fil d’arrivée. Des membres de son équipe professionnelle EF Education First-Drapac aussi.

Ce fut non seulement la performance la plus marquante de l’année 2018 par un athlète de la grande région de la capitale nationale, mais aussi la plus touchante.

Cet ancien coureur de demi-fond venait de remporter la 17e étape du Tour d’Espagne. « Une des étapes prestigieuses de l’événement qui se déroulait en Pays basque où tu as des mordus de cyclisme », précise Woods.

« C’est l’équivalent d’être un joueur de hockey de la LNH à Ottawa. Tout le monde connaît tout à ton sujet. »

À quel point les gens sont-ils passionnés du vélo ?

« Un enfant avait déjà terminé un dessin illustrant ma victoire peu de temps après que la course fut complétée », lance Michael Woods en riant.

Ce qui était moins drôle ? Le réveil qui avait été brutal pour ses coéquipiers et lui ce matin-là.

« Notre fourgonnette d’équipe avait été vandalisée par des séparatistes basques. Le message inscrit dessus n’était pas trop poli... C’était assez vulgaire. »

« Notre directeur et un de nos mécaniciens qui sont basques étaient embarrassés par le tout. Ils aiment le Pays basque, tout comme moi d’ailleurs. »


« J’ai pleuré pendant plusieurs autres journées après cette victoire à la Vuelta. »
Michael Woods

Woods se souvient du reste. De son transport vers le départ. De ses sensations en enfourchant le vélo.

Et surtout du travail de son coéquipier Simon Clarke qui a réussi à contrer les attaques adverses.

« Il me gardait l’esprit en paix », précise l’athlète âgé de 32 ans.

Michael Woods croise le fil d’arrivée de la 17e étape de la Vuelta. Cette victoire a donné un coup de pouce à sa carrière.

Il y avait aussi ce brouillard en grimpant vers le sommet où le fil d’arrivée l’attendait... tout comme des dizaines de milliers de spectateurs le long du parcours.

« La visibilité n’était pas trop bonne. Puis ce n’était pas trop facile d’essayer de se faufiler en vélo à travers cette marée de gens qui empiétaient sur le tracé. Il y avait peu d’espace. »

Ça ne l’énervait pas. Au contraire.

« Savoir qu’il y a autant de gens pour t’encourager, ça me procure tellement d’énergie. »

Cette course a changé sa carrière. Sur le bitume, mais aussi chez lui.

« J’ai reçu par la suite plusieurs témoignages de gens qui ont contacté ma conjointe et moi pour partager leur histoire », explique-t-il au sujet de leur fils mort-né.

« J’ai pleuré pendant plusieurs autres journées après cette victoire à la Vuelta. »

Ajoutez à cela que ses adversaires le redoutent maintenant.

« Depuis cette course, j’ai droit à beaucoup plus d’espace dans le peloton. Meilleur que tu es, plus de respect tu obtiens des autres cyclistes. Auparavant, on me poussait beaucoup en courses. »

En prime, on le présente maintenant avant chaque départ en tant que Michael Woods, gagnant de la 17e étape de la Vuelta.

« C’est toujours plaisant à attendre. »

Woods, qui passe maintenant la majorité de l’année en Europe, est revenu en Outaouais à l’automne pendant deux semaines. Il a roulé ici et là dans le parc de Gatineau.

Dans les prochaines heures, ce sera direction Australie en vue de la nouvelle saison de courses.

Son souhait en 2019 ? Prendre enfin le départ du Tour de France. Il obtiendra la confirmation de sa présence ou non en juin.

« Après le Dauphiné. L’équipe verra qui est en santé et qui connaît du succès avant de prendre une décision au sujet de son alignement. »

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BROOKE, ALEXIS ET HARLEY-DAVID ONT FAIT DU BRUIT EN 2018

L’année 2018 a été meublée de plusieurs autres performances sportives exceptionnelles de la part des athlètes locaux issus des deux côtés de la rivière des Outaouais. La liste est longue. Où commencer ? Tiens en tennis.

En janvier, Gabriela Dabrowski a été couronnée championne des Internationaux d’Australie en double mixte. Deux mois plus tard, elle a grimpé au huitième rang mondial du double de la WTA, devenant seulement la quatrième Canadienne à percer le top-10 après Eugenie Bouchard, Carling Bassett-Seguso et Jill Hetherington.

En ski alpin, Alexis Guimond remporte le bronze au slalom géant debout des Jeux paralympiques en mars en Corée du Sud. Il avait terminé quatrième lors de ses deux courses précédentes en super-G et en descente. Quelques semaines auparavant, Valérie Grenier et Dustin Cook surprenaient aux Jeux olympiques en prenant respectivement les sixième et neuvième rangs au combiné et au super-G.

Le boxeur gatinois Harley-David O’Reilly a ramené une médaille de bronze des Jeux du Commonwealth chez les 81 kg qui avait lieu au printemps à Gold Coast, en Australie.

Sur le bois franc, le joueur de basketball originaire d’Aylmer, Olivier Hanlan, a aidé les Spurs d’Austin à remporter le championnat de la G-League en avril, le circuit de développement de la NBA. Le garde a inscrit 14 points en plus de récupérer sept rebonds lors du match final dans l’uniforme du club-école des Spurs de San Antonio.

Au golf, deux noms ont retenu l’attention.

Marc-Étienne Bussières est devenu le premier Gatinois à participer à un tournoi de la PGA en juillet, prenant le départ de l’Omnium RBC du Canada à Glen Abbey. Il n’a pu éviter toutefois le couperet après la deuxième ronde.

Puis en août, Brooke Henderson, de Smith Falls, devient la première Canadienne à remporter l’Omnium féminin canadien de la LPGA depuis Jocelyne Bourassa en 1973.

À tous ses noms, on pourrait ajouter ceux de Maxime Crépeau, Lewis Ward et Trevor Harris. Des athlètes qui ne sont pas originaires d’Ottawa, mais qui ont réussi des exploits au sein d’une équipe professionnelle de la région.

Le gardien Crépeau a signé 15 jeux blancs dans l’uniforme du Fury pour établir un nouveau record de la United Soccer League (USL). Quant à Ward, le botteur du Rouge et Noir a réalisé 48 placements de suite pour battre la marque de 44 du football professionnel nord-américain qui était détenue par Adam Vinateri, des Colts d’Indianapolis.

Harris, lui, a lancé six passes de touché en finale de l’Est contre Hamilton, un nouveau record dans une partie éliminatoire de la LCF. Sa performance a mené le Rouge et Noir au match de la coupe Grey pour une troisième fois en quatre ans.