Vincent Alarie-Tardif (photo) s'est dit très frustré de terminer sa carrière universitaire sur une note négative.

Coupe Vanier: une défaite doublement crève-coeur

HAMILTON — La défaite du Rouge et Or en finale de la Coupe Vanier, samedi, a doublement fait mal à six hommes. Les six qui, contrairement à leurs coéquipiers, n’auront pas la chance de se reprendre l’an prochain.

Vincent Alarie-Tardif, Edward Godin, Antony Dufour, Louis-Gabriel Beaudet, Marc-Antoine Claveau et Daniel Tshiamala ont épuisé leur temps dans le football universitaire. Ils ont vécu samedi la fin de cette aventure avec une défaite de 39-17 contre les Mustangs de Western. Dans l’amertume.

Ceux rencontrés au Stade Tim Hortons quelques minutes après le match constataient à quel point leur aventure sportive à l’Université Laval s’est déroulée en un clin d’oeil.

«Ç’a passé vite. Si je peux donner un conseil aux jeunes, c’est d’en profiter. C’est pas parce que t’es un première année que t’as énormément de temps devant toi», a affirmé le centre Beaudet. Il a tenu à remercier ses coéquipiers et les entraîneurs de l’organisation, en particulier le responsable de la ligne offensive, Carl Brennan, «qui m’a sculpté à sa main et avec qui j’ai adoré travailler».

Godin inconsolable

Après la rencontre, Edward Godin était inconsolable. D’abord à cause de la défaite, mais aussi parce qu’il vivait ses derniers moments avec sa deuxième famille. «Je pense à tous ces gens qui m’ont supporté — les fans, ma famille, les joueurs, les coachs —, qui m’ont influencé à devenir un meilleur joueur, une meilleure personne. J’échangerais mon expérience à Laval pour rien au monde», a dit le plaqueur.

Samedi, il peinait à ressentir la fierté méritée. La faute au résultat de la rencontre ultime. «Il y a beaucoup de personnes qui m’ont dit d’être fier, de garder la tête haute. Mais ça reste une perte dans mon cœur, et ça fait mal. Il faut que j’apprenne de ça et que je passe à la prochaine étape», a-t-il ajouté.

Cette prochaine étape pourrait bien être la Ligue canadienne. Godin a été sélectionné par les Lions de la Colombie-Britannique (42e) lors du dernier encan de la LCF. Il devrait obtenir une autre chance de percer l’alignement l’an prochain.

Grandis et transformés

Tous semblent s’entendre sur autre chose : ils ressortent du Rouge et Or grandis et transformés. Le porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif a appris l’humilité pendant ses cinq saisons sous les ordres de Glen Constantin. «Laval, ce n’est pas juste une question de victoires et de défaites. T’apprends à être une bonne personne. […] T’arrives, tu sors du cégep et t’es le meilleur au monde, comme tous ceux qui jouent ici. Et il faut que t’attendes ton tour, il faut que tu piles sur ton orgueil.»

Le football lui a aussi permis de parfaire son éducation. Il complétera bientôt un baccalauréat en sciences de la consommation, ce qu’il n’aurait pas cru possible il y a quelques années : «Je n’étais pas supposé rentrer à l’université.»

De son côté, Antony Dufour termine un parcours fertile en émotions, au cours duquel il a vécu les joies d’un championnat canadien, mais aussi les peines d’une blessure majeure, une déchirure du ligament croisé antérieur en 2015 qui l’a forcé à une réhabilitation de plusieurs mois. 

Le spécialiste des retours de bottés ignore pour l’instant ce qui l’attend dans les prochains mois, à l’exception de la fin de ses études en enseignement au primaire. «Je vais prendre ça relaxe cette semaine et la semaine prochaine, et je vais voir après. Je n’ai pas eu de pourparlers encore. Je ne ferme pas la porte» à continuer dans le football.

Tous semblent y rêver, d’ailleurs. Même s’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. «Je donnerais tout pour rembarquer sur un terrain l’an prochain», a lancé Beaudet, dont l’avenir en ce sens est incertain. Ce qui est aussi vrai pour ses frères d’arme...